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22/08/2015

Zapping Madagascar !

Je l'ai rêvé depuis "B-louuh". UTV m'as permis de la réaliser dans "Istawak". Il s'agit du zapping malgache, une première à Madagascar.

Madagascar, zapping, Randy Donny, Istawak, UTV, zapping malgache

Désormais, vous n'êtes plus obligé de rester collé pendant des heures à parcourir les JT et magazines des télévisions malgaches. Il suffit de jeter un coup d'oeil ici ou là : https://www.youtube.com/watch?v=FynHhxZRhAg&list=PLzbwsDuHW6EvDjdYpGgBO-ZQcPxdeKf2k

 

20/07/2014

Langue langy

Il y a du bon à mettre de l'ordre dans son ordy des fois. Cela m'a permis de tomber sur cette chronique que j'ai écrit pour "L'Observateur" en 2011, et que j'ai prévu de publier ici avant de l'oublier dans un dossier. Plus de trois ans après, mon opinion ne change pas sur le sujet.

Guerre de langues

« Tenin-dreny » vous-mêmes !

Retenez bien ce nom car vous n’allez plus en entendre parler. Ou plutôt, on ne le parlera plus. Arho. Il s’agit d’une langue en voie de disparition. Seule deux (2) personnes, deux sœurs, la parlent actuellement en Nouvelle-Calédonie. Et elles sont déjà assez vieille. Avec elles disparaîtront l’Arho qui fait partie des 19 langues en périls sur les 24 que parlent les canaques.

Ceci mérite qu’on en parle du fait qu’hier était, paraît-il, la 11ème journée de la langue maternelle. Pour ceux pour qui ce « paraît-il » gênent, c’est tout simplement parce que pour l’auteur de ces lignes, la langue maternelle, sa langue maternelle, n’a pas besoin d’une quelconque journée internationale pour exister. Bien sûr, il y a ceux qui affirment craindre pour sa disparition. On ne sait pourquoi. Mais ce ne sont que des oiseaux de mauvais augure comme il en existe depuis le temps de nos ancêtres les vazimba. Le malgache est pratiqué par plus de 20 millions de personnes sur terre. Ce n’est pas demain la veille qu’ils vont disparaître d’un coup, suite à un génocide ou à une météorite géante qui va leur tomber sur la tête, ou qu’ils se mettront ensemble, tels des apôtres visités par le Saint-Esprit, à baragouiner une autre langue que celle qu’ils pratiquent au quotidien. Une langue ne meurs tant qu’elle évolue. Et le malgache est une langue en perpétuelle évolution. Peut-être pas dans le sens voulu par certains puristes. Mais elle évolue. Ceux qui, contrairement au reste de la planète, ne veulent pas utiliser les mots tee-shirts, sandwich ou jogging n’ont qu’à éviter d’en porter, d’en manger ou d’en faire. L’évolution d’une langue dépend de la population. Qui peut contester que « beka » (du français bécane) est beaucoup  mieux que « tongomalady » inventé par des intellectuels soixante-douzards pour dire bicyclette ? L’académie a le choix, en tout cas. Les académicien qui dira, certainement, que « komberaka » est une contraction détournée de « combine ». Et bien non. « Komberaka » vient de « komin’i Beraka ». Au temps béni des royaumes, un roi d’Analamanga n’a pu venir au bout d’un petit village situé en périphérie d’Imerina qu’en sollicitant l’aide d’un traître, le bien-nommé Beraka, qui leur a donc fourni les informations nécessaires pour attaquer le village sans coup férir. D’où le coup ou la conspiration de Beraka. Du malgache pur jus.

Définitivement, la langue appartient au peuple et non à l’élite. En fait, c’est justement cette élite là, de par sa formation « vazahisée », qui porte la langue malgache sur l’échafaud. Par son excentricité, son ignorance, sinon sa méprise de ce qui est populaire, et son intellectualisme à deux balles. Suivez mon double regard. Pour commencer, qui a eu cette idée folle, un jour, de changer le « tenindrazana » (langue des ancêtres) par « tenin-dreny » ? Cette dernière n’est qu’une simple traduction de « langue maternelle ». Une traduction particulièrement traîtresse et dévalorisante car dénuée de l’essence qui fait du « tenindrazana » l’équivalent international de « langue maternelle ». Et puis, « tenin-dreny » sonne comme un juron. Bref, une insulte aux valeurs malgaches. Rien que pour ça, le signataire ne célèbrera jamais ‘ty journée internationale des « tenin-dreny » ‘ty.  

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Sur le même sujet, mon avis dans le magazine "Watsa" de mai 2014, en pp. 25. A voir également ici .

28/05/2013

Lettre ouverte à tous les "méchants parents" !

Un jour, quand mes enfants seront assez vieux, pour comprendre la logique qui motive un parent, je vais leur dire, comme mes parents méchants m'ont dit: Je t'ai aimé assez pour te demander où tu allais, avec qui, et quand tu serais de retour à la maison.

Je t'ai aimé assez pour être patiente jusqu'à ce que tu découvres que ta nouvelle meilleure amie ou ton grand copain, n'était pas fréquentable. Je t'ai aimé assez pour me tenir plantée là dans le cadre de porte pendant deux heures tandis que tu nettoyais ta chambre, une affaire de 15 minutes en principe !

Je t'ai aimé assez pour te laisser voir la colère, la déception et les larmes dans mes yeux. Les enfants doivent apprendre que leurs parents ne sont pas parfaits. Je t'ai aimé assez pour te laisser assumer la responsabilité de tes actions même lorsque les pénalités étaient si dures qu'elles ont presque brisé mon cœur.

Mais surtout, Je t'ai aimé assez pour dire NON même quand je savais que tu me détesterais pour ça. Telles étaient les batailles les plus difficiles de toutes. Je suis heureuse de les avoir gagnées, parce qu'à la fin, tu y as gagné aussi. Et un jour, quand tes enfants seront assez vieux pour comprendre la logique qui motive des parents «méchants», tu leur diras : Vos parents étaient ils méchants?

Les miens l'étaient. J'ai eu les parents les plus méchants du monde entier ! Pendant que d'autres enfants mangeaient des sucreries pour les repas, j'ai dû manger des céréales, des oeufs, et des légumes. Quand d'autres ont eu du Coca et des hamburgers pour le dîner, j'ai dû manger de la viande, du fromage,des crudités et des fruits. Sans oublier toutes ces crêpes et gâteaux que ma maman nous a faits.

Et vous pouvez deviner que ma mère m'a fait des dîners qui étaient différents de celui des autres enfants.Mes parents ont insisté pour savoir où j'étais en tout temps. On aurait pu croire que j'étais enfermée dans une prison. Ils devaient savoir qui mes amis étaient et ce que je faisais avec eux. Ils insistaient si je disais que je serais partie pour une heure, pour que ce soit seulement une heure ou moins.

J'avais honte de l'admettre, mais mes parents ont enfreint la loi sur la protection des enfants concernant le travail en me faisant travailler. J'ai dû faire la vaisselle, mon lit (quelle horreur!), apprendre à faire la cuisine, passer l'aspirateur, faire mon lavage, vider les poubelles et toutes sortes d'autres travaux cruels. Je pense qu'ils se réveillaient la nuit pour imaginer de nouvelles tâches à me faire faire. Ils ont toujours insisté pour que je dise la vérité, juste la vérité et rien que la vérité.

Au moment où je suis devenue adolescente, ils pouvaient lire dans mon esprit et avaient des yeux tout autour de la tête. Puis, la vie est devenue vraiment dure ! Mes parents ne laissaient pas mes amis juste klaxonner quand ils venaient me chercher. Ils devaient venir à la porte pour qu'ils puissent les rencontrer. Pendant que chacun pouvait fréquenter un ou une petit(e) ami(e) quand ils avaient 12 ou 13 ans, j'ai dû attendre d'en avoir 16 À cause de mes parents, j'ai manqué beaucoup de choses que d'autres enfants ont expérimentées.

Je n'ai jamais été prise pour vol à l'étalage, vandalisme, alcoolisme, ni même arrêtée pour tout autre crime. C'était «tout de leur faute». Maintenant que j'ai quitté la maison, je suis instruite et une adulte honnête. Je fais de mon mieux pour être un parent méchant comme mes parents l'étaient. Je pense que c'est ce qui ne va pas avec le monde aujourd'hui. Il n'y a pas assez de parents méchants!
Merci donc à toutes les parents qui ont été assez méchants dans notre jeunesse pour nous apprendre à être de méchantes bonnes personnes...

Stéphanie CHARJOJ-AUCHERE
Neuropsychologue.

14/02/2010

« Parce Qu’on Est Cons », « Mon Pays Va Mal »

Si chacun de nous avait eu le courage et la sagesse de dénoncer ce qui n'allait pas à Madagascar depuis l'indépendance, au moment où cela se passait, au lieu de crier à chaque fois à une menace d'ampamoaka que l'on ne fera jamais, Madagascar ne serait pas dans cette crise dont on a peine à voir le bout.

Si Madagascar est toujours sous-développés, c'est parce que les Malgaches ne sont pas si géniaux et intelligents qu'ils aiment se dire. Il est temps de se dire qu'on est cons. Des gens à la pointe du génie n'avancent plus. Alors qu'accepter ses faiblesses permettent de savoir où l'on va.

Si vous avez du mal à suivre les paroles de Kamini, la version karaoké est en bas.


On se scandalise pour le trafic de bois de rose comme si cela a commencé sous la Transition alors que c'était monnaie courante sous Ravalomanana où le palais d'Ambohitsorohitra et l'usine  Tiko de Sambaina étaient transformés en dépôts de bois de rose dont certains atterrissaient aux Etats-Unis, via l'Allemagne, pour servir à fabriquer les guitares Gibson. A l'époque, aucun organisme s'occupant de l'environnement ne s'est alarmé.

Parce qu'on est cons !

Une occupation étrangère n'est jamais souhaitable, quelle qu'en soit la raison. Et pourtant,  il y en a qui appellent de toutes leurs forces pour que l'armée de la Sadc vienne envahir Madagascar.

Parce qu'on est cons !

Les Malgaches détestent qu'on les qualifie d'Africains, alors qu'ils se mettent à genoux devant des Africains pour régler leurs problèmes.

Parce qu'on est cons !

Robert Mugabe, grand défenseur de la cause black mais bien piètre dirigeant, se permette de donner des leçons de démocratie à Madagascar et il y en a qui applaudissent.

Parce qu'on est cons !

Les sanctions économiques ne vont jamais appauvrir des dirigeants déjà milliardaires, mais vont surtout affecter la masse populaire, comme lors de l'éviction de Madagascar de la liste de l'Agoa. Et pourtant, il y en a qui l'appellent de tous leurs vœux.

Parce qu'on est cons !

L'Union européenne et les institutions de Bretton Woods ont suspendus leurs financements pour Madagascar en décembre 2008 parce que Marc Ravalomanana confondait le trésor public avec ses poches. Et il y en a qui affirment que cette suspension vient d'une autre raison.

Parce qu'on est cons !

Il y en a qui tentent de réécrire l'histoire en affirmant que les tirs qui ont des dizaines de mort le 07 février 2009 ne sont pas les faits des militaires qui se trouvaient à Ambohitsorohitra. Bientôt, y en aura qui diront que les morts du 10 août 1991 étaient provoqués par des mines anti-personnelles que les militants des Forces Vives ont posées eux-mêmes sur leurs propres chemins.  Et y en a qui y croiront.

Parce qu'on est cons !

Il y en a qui salissent l'image de Madagascar à travers le monde, au point que l'île en sera chargé même après la fin de la Transition. Et ils en sont fiers.

Parce qu'on est cons !

Les 2,5 milliards de Fmg  que se disputent les gendarmes du FIGN datent du temps où Marc Ravalomanana arrosait les forces armées pour mater les pro-Rajoelina. Le problème n'a donc rien à voir avec la Transition, même s'il y en qui tentent de le faire croire.

Parce qu'on est cons !

Des militaires aux ordres de Marc Ravalomanana ont tiré à balles réelles, on en a retrouvé les douilles devant ma maison, ont battu des gens jusqu'au sang, les ont fait agenouiller et humilier, au mépris des Droits de l'Homme (j'ai des preuves photos et vidéo). Et pourtant, Amnesty international et certains parlementaires européens insistent sur les événements qui se sont passés après la démission de Marc Ravalomanana.

Parce qu'on est cons !

Trouver un consensus entre deux mouvances est déjà difficile. Et pourtant, il y en a qui ont conseillé d'en ajouter encore deux autres.

Parce qu'on est  cons !

Une Constitution de consensus demeurera contextuel et contient donc une date d'expiration. Autrement dit, elle ne va pas resoudre la crise cyclique à la malgache. Or, tous le résultat de toutes les échographies ont montré que la future Constitution en sera une.

Parce qu'on est cons !

Une Transition est juste une parenthèse que l'on doit s'empresser vite de fermer. Or, y en a qui font tout pour que l'on s'achemine vers une prolongation ivoirienne.

Parce qu'on est cons !


07/01/2008

Délestage à Toamasina : une morte au service PPH de l’Hopitaly Be

Une mère de famille est morte dans la ville ou ma mère m'a donné naissance. Absorbés par les fêtes de fin d'année, les gens n'ont pas prêté attention à ce scandale humanitaire : une personne a perdu la vie suite au délestage. Jamais, dans l'histoire de e4aae8b875d82ce2a1d3f808d8e56b1b.jpgMadagascar, je n'ai le souvenir d'un pareil cas. Bien sûr, on pourra toujours objecter : les problèmes de la Jirama proviennent du temps de Ratsiraka. Ainsi donc sept ans après son départ, on demeure toujours impuissant à réparer les dégâts, malgré les promesses de 2002. Sept ans après lui, c'est toujours le déluge. Gouverner, c'est prévoir. En 2005, Marc Ravalomanana a prévu la fin du délestage pour septembre. Il n'en sera rien. On n'est pas prêt de sortir de l'auberge.

La coupure de courant a été particulièrement longue le mercredi 19 décembre 2007. Elle s’est étalée de 9 h et quelques minutes dans la matinée jusqu’à 17h45. Comme le Service de Pneumo-Phtisiologie (PPH) n’est plus branché au groupe de relais installé depuis belle lurette à l’Hopitaly Be (Hôpital de Référence Régionale de Toamasina, les cinq extracteurs d’oxygène qui sont en service au PPH sont tombés en panne pendant environ huit heures. Au grand dam des grands malades du service et notamment des asthmatiques et des tuberculeux. Leur service respiratoire dépend plus ou moins du bon fonctionnement de l’appareil extracteur d’oxygène auquel ils sont connectés.
Jeune femme de 32 ans
C’est ainsi qu’une jeune femme de 32 ans fut morte par asphyxie. Au dire du personnel soignant, elle est morte environ une demi-heure après la coupure du courant et la panne de l’extracteur. Pour relativiser cependant la part de responsabilités de la panne de courant dans le décès de cette jeune femme, quelques précisions nous ont été données par le personnel soignant. La victime était arrivée, il y a une semaine, à l’hôpital dans un état avancé de sa maladie. Elle habitait une contrée pas trop loin de Toamasina mais très enclavée, dans la basse campagne de Fotsimavo/Andondabe. Et son traitement n’a commencé que lundi 17 décembre dernier, après les analyses et radio préalables. Et pendant tout ce temps, sa survie dépendait complètement de l’apport artificiel en oxygène. La panne due au « délestage » aurait donc accéléré de façon décisive sa mort. L’ensemble du personnel du PPH, lui, est monté au créneau en dénonçant la situation prévalant au sein de ce service : deux médecins seulement, cinq infirmiers de service dirigés par deux infirmiers majors (une pour le service des malades, un responsable du CTV) qui se paient 24 heures de garde à tour de rôle pour surveiller une centaine de malades, deux servants, un secrétaire, et un seul gardien sur un domaine assez grand pratiquement sans clôture.

Et l’un des deux seuls robinets Jirama installés dans la cour, depuis plusieurs années, coule 24 heures sur 24, ce qui profite à la Jirama sous forme de factures correspondant au moins à 3 ou 4 m3 d’eaux perdues par mois : il n’y aurait même pas assez d’argent pour remplacer le joint du robinet. Tout cela n’est encore qu’un petit aperçu de la réalité au sein du PPH.

Gilbert R. in "Tribune de Madagascar" du jeudi 27 décembre 2007.

12:45 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Madagascar, crise, mort |  Facebook