20.10.2009
Liberté de la presse : Madagascar perd 40 places !
De la 94è place en 2008, Madagascar chute à la 134è place dans le classement 2009 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. La période qui a fait l'objet du classement s'étale de 2008 à 2009.
AFRIQUE
Entre crises politiques et violences, les journalistes africains à la merci de l'instabilité du continent
La Corne s'enfonce, Madagascar et le Gabon chutent, le Zimbabwe progresse
Cette année encore, la Corne de l'Afrique a été la région du continent la plus touchée par les atteintes à la liberté de la presse. L'Erythrée (175e), où aucun média indépendant n'est toléré et où trente journalistes sont emprisonnés, soit autant qu'en Chine ou en Iran, malgré une population infiniment moins nombreuse, se maintient au dernier rang mondial, pour la troisième année de suite. Quant à la Somalie (164e), qui se vide progressivement de ses journalistes, elle est le pays le plus meurtrier du monde pour la presse, avec six professionnels des médias tués entre le 1er janvier et le 4 juillet.
L'année 2009 a confirmé que, dans certains pays africains, la démocratie repose sur des bases solides et que le respect des libertés y est garanti. Dans d'autres pays, en revanche, les crises politiques et l'instabilité ont porté des coups très durs au travail des journalistes et des médias.
A Madagascar (134e) par exemple, qui perd cette année quarante places, les médias ont été pris au piège de l'affrontement entre le président déchu Marc Ravalomanana et le président de la Haute Autorité de transition, Andry Rajoelina. Censures, saccages et désinformation ont été à l'origine de la dégringolade de l'île, où un jeune journaliste a été tué alors qu'il couvrait une manifestation populaire. Au Gabon (129e), le black-out médiatique instauré par les autorités sur l'état de santé d'Omar Bongo avant sa mort et le climat délétère entourant l'élection présidentielle du mois d'août ont sapé le travail de la presse. Le Congo (116e) enregistre un recul de vingt-quatre places, principalement en raison de la mort encore mystérieuse du journaliste d'opposition Bruno Jacquet Ossébi et du harcèlement subi par plusieurs correspondants de la presse étrangère lors du scrutin présidentiel du 12 juillet. Enfin, si en Guinée (100e) la situation a pu sembler relativement calme au cours de l'année, les événements tragiques du 28 septembre et les menaces explicites adressées actuellement aux journalistes par les militaires nourrissent de vives préoccupations.
Certaines transitions ont été moins préjudiciables à la liberté de la presse. L'élection du général Mohamed Ould Abdel Aziz en Mauritanie (100e) s'est déroulée sans incident majeur pour la presse, même si l'incarcération d'un directeur de site Internet entache l'image du pays. En Guinée-Bissau (92e), les assassinats du chef d'état-major des forces armées puis du président Joao Bernardo Vieira ont certes entraîné la coupure temporaire de quelques médias et provoqué la fuite de plusieurs journalistes inquiétés, mais le recul reste mesuré.
Les Etats où la violence fait rage stagnent dans le dernier tiers du classement. Le Nigeria (135e) et la République démocratique du Congo (146e) vivent au rythme des agressions et des arrestations arbitraires. A Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, deux journalistes de radio ont été assassinés.
En raison d'un renforcement du contrôle de l'information à l'approche des élections de 2010 - suspension temporaire de médias locaux et internationaux, condamnation de journalistes à des peines de prison -, le Rwanda (157e) n'en finit pas de sombrer. Il vient talonner le "Koweit de l'Afrique", la Guinée équatoriale (158e), où le seul correspondant de la presse étrangère a passé près de quatre mois en prison pour "diffamation".
En Afrique de l'Ouest, Mamadou Tandja et Yahya Jammeh, les chefs d'Etat nigérien et gambien, se sont disputé la plus mauvaise place. Celle-ci revient finalement au Niger (139e), qui perd neuf places, alors que la Gambie (137e) paye, une fois de plus, l'intolérance de son Président, lequel n'a pas hésité à envoyer en prison les six journalistes les plus réputés du pays avant de multiplier les insultes et les provocations publiques à leur égard.
Au Zimbabwe (136e) semble enfin se desserrer l'étau qui pesait sur la presse. L'enlèvement puis l'incarcération scandaleuse, pendant de longues semaines, de l'ancienne journaliste Jestina Mukoko, ternit le tableau, mais l'annonce par le gouvernement d'union nationale, cet été, du retour de la BBC, de CNN et du quotidien indépendant The Daily News est évidemment porteur d'espoir.
Enfin, le peloton de tête reste le même qu'en 2008, avec le Ghana (27e), le Mali (30e), l'Afrique du Sud (33e), la Namibie (35e) ou encore le Cap-Vert (44e) parmi les cinquante premiers pays les plus respectueux de la liberté de la presse. Fort d'une alternance démocratique réussie avec l'élection, en janvier 2009, de John Atta-Mills, successeur de John Kufuor, le Ghana a ravi la première position africaine à la Namibie, où une journaliste sud-africaine a dû passer une nuit en garde à vue avant d'être relâchée contre le paiement de deux cautions.
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
06.10.2009
Crise : Les erreurs de la communauté internationale
L’Histoire jugera, a-t-on l’habitude de dire. Avec le recul, les passions s’apaisent et les discussions peuvent reprendre avec moins de partis pris. Le 17 mars 2009, en donnant les pleins pouvoirs à un directoire militaire, Marc Ravalomanana n’a-t-il pas foulé au pied la Constitution ? Ainsi, il est donc le premier à s’écarter de la légalité. Et puis, qui a eu cette idée folle un jour de ressusciter Didier Ratsiraka et Albert Zafy dont les « lolo vokatra », les
anges damnés et autres gnomes voleurs de slips ont contribué à l’enlisement de la crise ? Au moment où les négociations reprennent ave la médiation de la communauté internationale, Eric Ranjalahy propose des pistes de réflexions dans « L’Hebdo de Madagascar » n° 0242, du vendredi 02 au jeudi 08 octobre 2009, pp.4
La communauté internationale a sa part de responsabilité dans la crise politique malgache qui s’enlise. Des faits et des prises de positions partisanes attestent cette constatation.
Des approches approximatives de la communauté internationale ont compliqué davantage la crise politique malgache. Au moins trois événements soutiennent cette hypothèse.
D’abord le 17 mars , Dramé Tiébilé , l’émissaire des Nations unies, et Niels Marquardt, ambassadeur des Etats-Unis, ont pris l’initiative de lire l’ordonnance 2009/01, signée Marc Ravalomanana transférant les pleins pouvoirs au Directoire militaire. Une déclaration faite à l’épiscopat d’Antanimena en sachant qu’il s’agissait d’une solution anticonstitutionnelle. Ce qui a provoqué la colère des militaires du Capsat qui ont amené manu militari le pasteur Lala Rasendrahasina et les membres du directoire dans leur camp. Pour la communauté internationale, c’a été la vraie prise de pouvoir par la force. Dramé Tiébilé et Niels Marquardt auraient pu saisir la Haute cour constitutionnelle pour trancher sur la validité ou non de la décision prise par Marc Ravalomanana.
Dans la foulée, Ban Kin-Moon, secrétaire général des Nations unies, « avait pris acte de la démission de Marc Ravalomanana ». Puis, lors des arrestations des parlementaires TIM, pris en flagrant délit de distribution d’argent pour fomenter des troubles, des diplomates ont immédiatement décidé de leur rendre visite à la prison, d’Antanimora. Ils étaient pourtant silencieux quand le maire de Toamasina, Roland Ratsiraka, élu démocratiquement, a été jeté en prison sans ménagement sur la base d’accusations montées de toutes pièces. Six mois après, il a été blanchi.
Jean Marc Chataignier, ambassadeur de France sans accréditation, n’a-t-il pas mentionné dans son discours du 14 juillet « que l’inertie de l’Union européenne était une des causes de cette crise politique malgache » ? Les diplomates en poste à Antananarivo ont toujours apprécié les dérives totalitaires de Marc Ravalomanana autant au plan politique qua dans la vie économique. Enfin, la décision du Groupe international de contact d’associer Albert Zafy et Didier Ratsiraka aux négociations au Carlton et à Maputo. Les deux personnages ont perdu du terrain sur l’échiquier politique national. La récente crise au sein de l’Arema témoigne de la contestation de la mise à l’écart de Pierrot Rajaonarivelo aux discussions menées par la communauté internationale. Dans ces conditions, il est difficile de croise en l’impartialité des médiateurs internationaux. Un vent de fronde commence à se lever contre eux.
Eric Ranjalahy
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30.09.2009
Chefs de mouvances : le bilan
Un post que j’ai piqué sur Madagoravox qui l’a piqué sur un forum de
« Tribune de Madagascar » du 17 septembre 2009. Cette bafouille est signée Tia Tanindrazana (Patriote). Je ne suis pas d’accord sur tous les points positifs accordés à Ravalomanana à l’actif de qui il faudra ajouter : « politique en trompe l’œil » dans les points faibles. Mais l’article est publié ici, sans aucun changement ni correction, car il a ce mérite de chercher à rester neutre. C’est aussi d’actualité en ce moment où l’on considère que l’obstacle majeur à l’application de l’accord de Maputo est le Premier ministre Monja Roindefo. « Qui peut garantir qu’il y aura une paix après mon départ ? », a-t-il raison de dire. N’empêche, un geste de lui peut le transformer en un héros national ou un zéro à vie. Avec les pro-Ravalo qui veulent rééditer faire appel aux "Magodro" comme en '42 et les pro-Roindefo qui font planer l'ombre d'une dissension ethnique si le fils de Monja quitte Mahazoarivo, Madagascar n'est pas sorti de l'auberge.
Voici mes critiques vis-à vis de Andry TGV, de Ra8, de Ratsiraka et de Zafy. Je donne mes points de vue concernant leurs erreurs majeures puis leurs points positifs. Vous pouvez les corriger ou les compléter selon vos opinions et tendances respectives. Je le fais car à mon avis, ce sont ces 4 qui seront les favoris lors de l’élection présidentielle qui devrait avoir lieu dans 1 an au plus tard. Peut-être des changements de noms du côté de Zafy avec Tabera ? Et du côté Ratsiraka avec peut-être Pierrot ou Roland ou les deux ? Il faut bien voter car c’est l’avenir du pays qui se dessinera. De plus le risque de fraude est très élevé. Pour TGV, il fera tout pour se présenter même s’il n’a pas encore 40 ans. Le pouvoir de transition devrait être consensuel et inclusif avant cette élection (ce qui n’est pas le cas actuellement avec TGV-Roindefo) et espérons qu’il n’y aura pas de nombreux morts et blessés avant cette échéance. Enfin, espérons que cette élection ne sera pas une nouvelle source de violent conflit ou de guerre par la suite.
LES ERREURS MAJEURES DE ANDRY TGV
- Transformer un mouvement de revendication de droits (démocratie, justice sociale, libre concurrence) en prise de pouvoir soutenue par des militaires mutins (Coup d’Etat)
- S’entêter et s’accrocher au pouvoir faisant fi des accords de MAPUTO II car il est soutenu par les mutins et par la France
- Incapacité de redresser la situation économique et sociale du pays tout en accentuant sa destruction
- Refaire les mêmes erreurs de diktats, de brutalité, de non respect de la démocratie dans la conduite des simples affaires courantes de la nation et dans les fondamentaux de la vie publique : arrestation arbitraire, emprisonnement, violences physiques et tortures, vols et extorsion de fonds, intimidations, interdiction de manifestation d’opposants politiques, interdiction d’accès aux médias publics, tuerie, etc.
LES ERREURS MAJEURES DE RA8
- Diriger un pays comme une entreprise : absence de dialogue, autoritarisme et attitude vexatoire vis-à-vis de ses subordonnés et citoyens.
- Arrogance, méconnaissance de la règle de la démocratie en emprisonnant des personnes sans ménagement après la crise de 2002 et parfois durant ses 7 années de règne, fermeture des stations de radio et de télé (radio don bosco, télé VIVA, radios toamasina, sambava, etc.), absence d’explication, de conférence de presse, de débat contradictoire aux médias publics et au parlement à destination de la population concernant des affaires importantes telles DAEWOO, achat de Air Force II, refus d’adopter une réconciliation nationale après la crise de 2002.
- Mépris de la notion de partage de richesse, de la justice sociale en monopolisant des nombreux secteurs d’activité économique face à une population en grande partie pauvre et nécessiteuse.
- La tuerie à Ambohitsirohitra le 07 février 2009.
LES ERREURS MAJEURES DE ZAFY
- Incompétence économique en cherchant de financement autre que les voies légales et classiques issues du FMI, BM et les bailleurs bilatéraux.
- Attiser la haine anti-m.érina, créer de clivage profond entre m.érina et t.anindrana.
- Incapacité de redresser la situation socio économique du pays.
LES ERREURS MAJEURES DE RATSIRAKA
- Adoption de la voie Marxiste, le socialisme malagasy durant 14 ans (1975-1989) mettant à genoux le pays.
- Destruction de l’environnement économique, social et culturel de Madagascar en sacrifiant toute une génération durant cette période.
- Totalitarisme, mépris de la démocratie, utilisation de méthodes brutales, arbitraires et répressives en tuant des personnalités politiques (Joël Rakotomalala, Sibon Guy, etc.), civiles (Kung Fu, la tuerie du 10 Aout 1991), en emprisonnant des opposants politiques (Monja Jaona, Manandafy, Jaozandry, etc.), en créant une psychose de suspicion dans toute la société.
- Utilisation de l’ethnisme pour mieux s’accrocher au pouvoir et diviser les malagasy entre m.érina et t. anindrana alors que lui même est un métis m.érina.
- Incapacité à redresser la situation socio-économique tout en accaparant les richesses nationales : apparition des 4mi, descente de Madagascar au rang des 10 pays les plus pauvres au monde.
- Retournement de veste sans scrupule faisant perdre sa crédibilité : 1989 en devenant ultra-libéral et en 1996 avec sa république humaniste et écologique
POINT POSITIF DE ANDRY RAJOELINA
- Remise en question d’une gouvernance autoritaire mélangeant affaires publiques et privées.
POINTS POSITIFS DE RA8
- Prémisses d’un développement économique pour Madagascar
- Émergence d’un esprit d’entreprise et d’initiative auprès de la population
- Rejet de la domination et de la tutelle économique et culturelle de la France
POINT POSITIF DE ZAFY
- Naissance d’une démocratie : liberté d’expression et multipartisme
POINT POSITIF DE RATSIRAKA
- Mini résistance face à la tutelle de la France durant ses 7 premières années de pouvoir ???
Est ce que les erreurs vont se répéter ? Y aura-t-il les remises en question ?? A voir !!!!!
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20.05.2009
L’Afrique noire est (encore) mal partie
Je me souviens de ce livre qui trônait sur la bibliothèque familiale. Signé René Dumont, « L'Afrique noire est mal partie » a fait l'effet d'un séisme à sa sortie, en 1962. René Dumont est un agronome qui, entre 1956 à 1960, a parcouru l'essentiel de ce qu'on appelait alors le Tiers-Monde. Un nomadisme qui l'a amené à passer par Madagascar. René Dumont a laissé différentes publications sur les relations entre l'agriculture et le développement à Madagascar.
Plus de quarante ans après la décolonisation, l'Afrique noire est encore mal partie. Il n'y a pas que l'agriculture. Il y a aussi la politique. Au temps de la Guerre froide, les choses étaient simples : quand un dictateur se fait renverser au nom de la Révolution, l'URSS s'empresse de le reconnaître et le tour est joué. Ou quand un président rouge se fait assassiner par un gars à a solde de l'Occident, pour reprendre une expression d'époque, il suffit que les Etats-Unis avalisent l'opération pour que le bloc ouest suit.
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Autre temps, autres mœurs. L'idéal socialiste s'est effondré avec le mur de Berlin. Même Manandafy Rakotonirina, qui a enseigné, prôné et déifié la dictature du prolétariat pendant plusieurs décennies s'est converti à la démocratie libérale. Et c'est là le hic. Pas Manandafy Rakotonirina. Non. C'est parce que la démocratie à l'occidentale rime avec Constitution, élection, alternance, dialogue et tout le tsouin tsouin qui fait que le système politique américain soit sculpté sur le mont Rushmore. Or, en Afrique, les dictateurs et autres assassins, qu'ils soient les enfants de Marx ou de Coca-Cola, n'ont pas disparu du paysage après 1989. Il y en a même qui baisent leurs peuples depuis l'année érotique 1969.
L'époque soviétique est révolue. Sauf en Erythrée où le président Issaias Aferworki continue un totalitarisme sans faille, allant jusqu'à suspendre les libertés depuis 2001. Si, par pur hasard, le peuple érythréen, trop longtemps privé de démocratie, arrive à changer les cours des choses dans cette prison à ciel ouvert, va-t-on crier au coup d'Etat et demander la restauration d'un régime qui ne fait que le plonger dans l'abîme de la misère au quotidien ?
Une alternance démocratique par les urnes est-elle possible avec des gens comme Yahya Jammeh, sergent devenu président de la Gambie à 29 ans après un putsch et dont on connaît la grande agressivité à l'endroit de ceux qui remettent en cause sa manière de gouverner ? Ce petit pays anglophone enclavé dans le Sénégal a beau abriter le siège de la Commission africaine des Droits de l'Homme et des peuples, Yahya Jammeh clame haut et fort : « Si j'ai envie de fermer un journal, je le ferai ».
Téodoro Obiang Nguema va encore plus fort : «Il peut décider de tuer sans que personne lui demande des comtes et sans aller en enfer », disait de lui la radio publique. D'ailleurs, la presse privée ni l'Opposition n'existent dans ce « Koweït de l'Afrique » en raison de la « pauvreté ». Mais n'allez surtout pas rêver de renverser le « Dieu de la Guinée Equatoriale ». Ce serait faire preuve d'atteinte à la démocratie et aux Droits de l'Homme. Même s'il est de notoriété publique que Téodoro Obiang, arrivé au pouvoir en renversant son propre oncle, fait pire que les autorités coloniales dans l'exploitation à son profit personnel des richesses de son propre pays. Et il n'est pas le seul.
Le 18 juin 2007, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire à l'encontre de Téodoro Obiang, Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Blaise Compaoré - l'assassin du « Ché d'Afrique », Thomas Sankara - et José Eduardo dos Santos et leur entourage, accusés par trois associations françaises (Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora) de "recel de détournement de fonds publics". Le 2 décembre 2008, pour demander la restitution de leurs biens mal acquis supposés, Transparency International France, l'association Sherpa et un citoyen gabonais ont déposé une nouvelle plainte assortie d'une constitution de partie civile visant Téodoro Obiang, Omar Bongo et Denis Sassou
Nguesso ainsi que leurs entourages pour « recel de détournement de fonds publics ». Le 5 mai 2009, la juge Françoise Desset, du pôle financier de Paris, juge recevable cette plainte. Et dire que Téodoro Obiang a été reçu par Condoleeza Rice (Photo ci-contre)
En décembre 2008, l'Union européenne et Bretton Woods décident de suspendre les crédits pour Madagascar en raison de la mauvaise gouvernance de Marc Ravalomanana qui confond sa poche avec la caisse de l'Etat. Passons sur le hold-up permanent sur le pouvoir, notamment en période électorale. Saraléa Bernard, un officier de la Gendarmerie, a écrit dans « La Gazette de la Grande » du samedi 18 avril 2009.
« Pour s'assurer de la victoire dans tous les scrutins qui se sont succédé dans la Grande Ile durant son mandat et demi, Marc Ravalomanana a chargé la Digit.com de chiffrer et déchiffrer les résultats de chaque élection. Alors que cette société privée de traitement informatique appartenait à l'épouse du ministre Haja Nirina Razafinjatovo, son directeur de campagne lors de la présidentielle de décembre 2006 ! National Democratic Institute (Ndi), une Ong américaine spécialisée dans l'observation des élections, avait déballé l'arsenal des fraudes utilisé par le pouvoir Ravalomanana pour lui faire gagner l'élection présidentielle devant le corps diplomatique, la société civile et la presse nationale et internationale en début de l'année 2007, à l'hôtel Hilton d'alors.
Ainsi, la communauté internationale ne pouvait ignorer qu'il était simplement impossible de battre Marc Ravaomanana et son parti dans des élections. Le peuple avait-il alors d'autres solutions que la rue pour se débarrasser d'un pouvoir qui a perdu sa confiance ? ».
Et pourtant. Et pourtant. En se réveillant le mercredi 18 mars 2009, enfin débarrassé d'un Marc Ravalomanana qui s'est enfui la veille, le peuple malgache aura vite fait d'attraper la gueule de bois en entendant que des pays étrangers condamnent l'instauration de la Transition vers une 4ème République après des mois de soulèvement populaire. Les Anti-Hat eux-mêmes le reconnaissent. Un communiqué en anglais de l'Alliance libérale démocrate qualifie le soulèvement anti-Ravalo comme d'un « popular rallies organized by the lumpenproletariat from the lower neighborhoods of Antananarivo » avant d'affirmer que les anti-Ravalomanana sont également composés de « local bourgeoisie coming from the Merina oligarchy and the rich roturiers, who had taken a lot of advantages from feudality and from the slave trade and are currently very dynamic within civil society organizations ». Mais alors, si le soulèvement contre Ravalomanana était le fait de la masse populaire + la bourgeoisie féodale et roturière, qu'est-ce qui reste pour le soutenir ? Pas la population des provinces en tout cas. Sinon, ce serait une démagogie de trop. Les pro-Ravalo sont passés maîtres dans ce genre de maladresses. Voilà pourquoi il est tombé.
La nature a horreur du vide. Marc Ravalomanana a démissionné et Andry Rajoelina a pris le pouvoir. L'amba
ssadeur des Etats-Unis, Niels Marquadt, et celui d'Afrique du sud en sont témoins. Ils ont vu la lettre donnant le pouvoir à un Directoire militaire signé par Marc Ravalomanana, sans qu'un pistolet ne lui ait été mis sur la tempe. « La remise de pouvoir aux militaires est une façon diplomatique de démissionner", soufflera Niels Marquadt à Lala Rasendrahasina, président de l'église FJKM dont Marc Ravalomanana est le vice-président. La révélation est dans le numéro 509 du journal « Objectif Malaza » d'avril 2009. Diplomates et journalistes témoins des événements n'ont vu l'ombre d'un militaire rebelle. D'ailleurs, s'il y avait vraiment menace direct sur la personne de Marc Ravalomanana par des militaires rebelles, comme il le répète souvent dans son exil, ces derniers ne l'auront pas permis de donner le pouvoir à un Directoire militaire, sous peine d'être obligé de le prendre des mains du Directoire (épisode Episcopat) pour le donner ensuite à Andry Rajoelina ! Dans tous les cas, la bénédiction de la Haute Cour Constitutionnelle ne peut souffrir d'aucune contestation. Elle est souveraine et est la seule habilitée à reconnaître la constitutionnalité ou non d'un acte, sans que personne, encore moins une chancellerie étrangère en trouve à redire. La République a ses principes. Cela en fait partie.
Ces quelques points méritent, à mon avis, d'être éclaircis en ce moment où le problème de la reconnaissance internationale du régime de Transition à la malgache est sur la bonne voie. Un opposant ivoirien a osé évoquer l'exemple malgache. Depuis, il croupit en prison. Les dictateurs africains applaudissent des deux mains lorsque les occidentaux parlent de constitutionalité et d'alternance démocratique. Cela leur permet de rester indéfiniment au pouvoir. Il est interdit à un peuple, fut-il opprimé, de se soulever. Ah, l'Afrique ! Auparavant colonisé en raison d'idées économiques bâtardes. Maintenant de nouveau colonisé par des idées politiques que l'on a pervertit.
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11.04.2009
Sex & drugs & Ravalomanana
"Durant les sept années de règne de Marc Ravalomanana, des confidences plutôt déroutantes se sont déferlées dans divers milieux pour
révéler que ce dernier aurait manifesté des intérêts particuliers pour la drogue. Plus grave encore, de mauvaises langues l’ont donné comme un consommateur avéré de ces stupéfiants sans que, toutefois, personne n’en ait pu donner la moindre preuve. Néanmoins, les investigations que nous avons menées, avec l’aimable collaboration de nos confrères et consoeurs du Club de la presse privée, nous ont permis de mettre la main sur un dossier compromettant qui révèle que non seulement Marc Ravalomanana est intéressé par la culture de marijuana à Madagascar mais encore et surtout il a voulu participer à l’ « Irius marijuana cup world championship » ou, tout simplement, à un… « championnat mondial de la culture de marijuana ». Scandale !"
C'est ainsi que le quotidien "La Vérité" débute un article sur un nouveau dossier à mettre à l'actif de l'ancien président Marc Ravalomanana. On a déjà parlé de sexe. Maintenant donc, c'est un nouvel iceberg qui commence petit à petit à immerger : la drogue.
"En voulant participer à ce hampionnat mondial, Marc Ravalomanana a révélé qu'il a déjà sa plantation de cannabis à Madagascar et que sa visite officielle en Colombie, antre de la culture et de la consommation de la drogue, n'est guère innocente", conclut l'auteur, R.H. L.
On peut, bien évidemment, répliquer que l'invitation de Enrique Fornes Angeles est destinée à tout le monde. Donc cela ne prouve rien. Par contre, j'ajoute au dossier que j'en ai déjà touché mot en 2002 dans une publication confidentielle. J'y ai alors posé bien de questions sur les relations étroites entre Ravalomanana et l'ancien maire de Baltimore, Kurt Schmoke, réputé aux Etats-Unis pour être le défenseur de la libéralisation de la drogue.
Effectivement, l'une des mesures diplomatiques du régime Ravalomanana était d'étendre vers la Colombie la juridiction de l'ambassade malgache aux Etats-Unis. On se demande bien dans quel intérêt.
Enfin, Ravalomanana a motivé l'achat de la nouvelle "Air Force One" de la discorde par le fait qu'il a besoin d'un long-courrier pour éviter les fastidieux escales. A l'époque justement, je viens de lire le témoignage de Fausto Cattaneo, un flic suisse qui a infiltré les cartels, qui disait que les trafiquants de drogues colombiens possédaient également des long-courriers pour la même raison.
Sex & drugs, Ravalomanana serait-il aussi rock'n roll. Vraisemblablement pas. Sinon, il serait resté au pouvoir.
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09.04.2009
Ma signature dans la future Constitution
Andry TGV Rajoelina l'a annoncé à l'improviste dans son discours fondateurs, lors de son investiture le 21 mars 2009 à Mahamasina. Dernièrement, il l'a confirmé pendant sa tournée dans le Nord et à Majunga lors du premier week-end d'avril. Il s'agit de la nécessité d'une intervalle entre deux mandats pour un président de la République. C'est du moins ce que rapporte "Midi Madagascar".
Et bien, c'est exactement ce que j'ai proposé ici même, dès février, à l'annonce des "Etats généraux de la Démocratie", apparemment morts-nés, qu'une frange de la Société civile voulait organiser. Je serai donc ravi si cette disposition sera inscrite dans la Constitution de la IV République.
On cite souvent mes écrits sans que l'on en mentionne l'auteur. Ainsi, j'envisage sérieusement de d'ester en justice un guide touristique bien connu en moment opportun. Sinon, je ne vais, naturellement, demander un droit d'auteur pour l'idée ci-dessus. Le seul royaltie auquel j'aspire est le bonheur que disposition apporterait au peuple malgache.
Pas à la même vitesse
Je profite de l'occasion pour renouveller un voeux : que chacun apporte sa part de brique pour la réussite de la Transition. Je vois que la réticence de la majorité des anti relève du fait que c'est Andry TGV Rajoelina qui dirige la Transition. Dis-moi si je me trompe mais la Transition n'est qu'une parenthèse dans l'histoire de Madagascar. Une parenthèse au cours de laquelle on aura à réécrire les régles du jeu démocratique afin de faire table rase du passé, notamment les crises cycliques que l'Indépendance nous habitue depuis bientôt 50 ans ! Et ce n'est pas à Andry TGV Rajoelina et à ses partisans de le faire, mais à nous tous ! Au moment où certains pensent déjà à l'après-Transition, d'autres en sont encore à rêver d'un statu quo ante. A l'heure où certains cogitent déjà sur un projet de société pour la IVè République, d'autres en sont encore à cogiter sur la gestion de l'après 17 mars 2009, après la fuite en catimini de Ravalomanana. Il est vrai que, développement rapide ou TGV, tout le monde ne fonctionne pas à la même vitesse. Question de connexions.
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02.04.2009
Le mensonge international de Ravalomanana
Poisson d'avril. Internet est un monde merveilleux, mais qui mérite bien aussi son nom : une toile où les mouches non prudentes se font vulgairement attraper. Depuis deux jours, c'est un peu le cas de tout le monde, exceptées ma pomme et quelques personnes averties. L'ancien président Ravalomanana fait circuler sur le net un discours "fantôme" qu'il aurait déclamé au sommet de la Sadc lundi 30 mars 2009. Même l'AFP, généralement reputé pour sa vigilance, s'est laissé berné ici. Non, Ravalomanana n'a pas assisté au sommet de la Sadc. Ce discours est, en fait, celui qu'il aurait aimé dire devant la bande de lascars de la Sadc. Faute de quoi, il l'a distribué comme un vulgaire tract. Sadaikatra... Le communiqué officiel de la Sadc ne mentionne pas sa présence au sommet.
Ce mensonge fera date dans les annales de la diplomatie internationale. Non seulement, Ravalomanana a menti sur la forme, mais il a également menti sur le fond. L'article de l'AFP a ouvert la série des démentis autour des déclarations de Ravalomanana dans ce discours fantôme. Je n'y reviendrai pas. Sauf pour ajouter que jusqu'ici, "améliorer l'atmosphère des affaires" signifie pour Ravalomanana éliminer tous les concurrents potentiels. D'autre part, un président de la République qui se respecte, fut-il ancien, ne souhaiterai jamais, mais alors jamais, que son pays soit envahi par les militaires de pays étrangers. A fortiori par les sadiques de la Sadc.
Andry Rajoelina a décidé le retrait de Madagascar de la Sadc. Passons sur le débat quant à l'utilité de l'adhésion de Madagascar à ce marché régional. Ce qui saute aux yeux, au vu du communiqué officiel, est que la Sadc n'est juste qu'une association de malfaiteurs qui se sont donné le mot de se défendre les uns et les autres en cas de mauvaise passe. Sinon, comment expliquer le fait que malgré tout le mal que Mugabe a fait au Zimbabwe, et nonobstant les sanctions de la communauté internationale, la Sadc continue de le soutenir contre vents et marrées et s'engage même de mener "une campagne diplomatique délibérée visant la levée des sanctions contre le Zimbabwe".
Mugabe est le champion des détenteurs de diplômes honoris causa, toutes catégories confondues. Ravalomanana en raffole. Comme quoi, on est entre des gens qui se comprennent.
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24.03.2009
Ravalomanana est au Swaziland !
Déconnecté du net depuis 24 h, j'ouvre facebook et devinez ce que je découvre ? Que Marc Ravalomanana se trouve au Sawaziland ! L'info est d'un journal swazi, "Swazi Observer", qui le tient du ministère des affaires étrangères local.
Marc Ravalomanana serait dans ce miniscule royaume depuis mardi dans le but de discuter "paix, démocratie et légalité" avec le roi Mwsati III. Quand on sait ue Ravalomanana s'est déjà fait faire un costume d'empereur qu'il compter étrenner après le sommet de l'Union africaine. Un sommet qui risque de nous filer sur la barbe au profit de l'Afrique du sud. Ceci explique pourquoi le pays de Mandela pris la tête de ceux qui mettent à l'index la Transition.
Après s'être enfui d'Iavoloha, mardi 17 mars 2009, à bord d'un Golf type V, Marc Ravalomanana a passé quelques jours à Andranomanelatra (Antsirabe), dans sa résidence située près de l'usine Tiko. Il n'aurait jamais voulu quitter le pouvoir, mais les éléments de la garde présidentielle ont tous regagné leurs camps. Sauf quatre. Ainsi, dans la matinée du 17 mars, il a fait appel à quelques chancelleries étrangères pour l'aider à s'enfuir. Devant le refus de celles-ci, il s'est mis dans une colère noire, proche du transe, maudissant tout le monde et réclamant sa maîtresse. Le tout devant une Lalao déjà habituée aux dépressions du personnage. Après une séance avec son tradipsychothérapeute, il tombe en léthargie. A son réveil, on lui propose gentimment, mais fermement, de quitter le palais. Le reste est connu.
Le roi du Swaziland est connu par ses dépenses luxueuses, alors que 70% de ses sujets vivent au-dessous du seuil de la pauverté, et une tradition particulière : régulièrement, il choisit une nouvelle épouse - il en a 14 - parmi les filles (encore) vierge de son pays où 40% des femmes sont séropositives. Il serait très copain avec Ravalomanana. Dis-moi qui tu fréquentes...
DEPOSED Madagascan President Marc Ravalomanana is currently in the country for an undisclosed mission.
The president arrived at the airport yesterday afternoon.
This was confirmed by Principal Secretary in the Ministry of Foreign Affairs, Clifford Mamba.
He stated that the overthrown president was here to see Chairman of the organ Troika His Majesty King Mswati III.
"There can only be one issue that would be discussed and that is bringing peace in Madagascar."
Mamba stated that he was not sure how long Ravalomanana would be in the country. This follows a troika meeting held at the Royal Villas last Thursday.
At that summit, new President Andry Rajoelina was denounced by SADC.
Southern African leaders are expected to finalise a regional economic aid package for Zimbabwe and discuss possible sanctions against Madagascar in South Africa next week, SA Department of Foreign Affairs spokesperson Ronnie Mamoepa said.
The African Union suspended Madagascar last week and the United Nations have criticised Rajoelina's power grab
By Nelsiwe Ndlangamandla

Un échantillon du harem de Mswati III. De quoi donner des idées à Ravalomanana.
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24.02.2009
Le cache-sexe des Légalistes
Il y a des moments où on aimerait bien remonter le temps pour que certains ratages ne le soient pas. Certains ont changé un destin personnel et, chemin faisant, celui d'une Nation. Parfois dans le mauvais sens. Par exemple, si Hitler aurait été reçu à l'Académie des Beaux-Arts, il serait resté un aquarelliste qui aurait juste caricaturé les Juifs dans ses tableaux au lieu de les gazer. Si Marc Ravalomanana aurait réussi son Bepc, il aurait pu continuer ses études et faire une carrière pépère dans l'administration avec un diplôme non honoris causa au lieu de se venger sur un système qui lui a opposé un obstacle. Hitler a fait de la prison, où il a mûri sa philosophie politique, avant de prendre le pouvoir d'une manière tout à fait légale avec l'approbation de la majorité de l'intelligentsia allemande de son époque malgré le caractère horrible de son projet de société. Marc Ravalomanana a également fait de la prison (et plutôt deux fois qu'une), où sa conviction du pouvoir de l'argent s'est trouvé renforcé, avant de prendre le pouvoir d'une manière tout à fait légale avec l'approbation de l'intelligentsia malgache, qui s'est murée depuis dans un silence complice, malgré l'extrême pauvreté, pour ne pas dire l'absence, d'un projet de société.
Ceux qui n'étaient pas d'accord avec Hitler ont été forcé de s'exiler. Ceux que Marc Ravalomanana n'a pas aimé ont été expulsé. Ils apportaient un éclairage non conforme à la pensée unique nécessaire pour la conquête d'un lebensraum (espace vital) aux frontières élastiques. Le père Sylvain Urfer étaient de ceux là. Il a tiré la sonnette d'alarme dès 2002. Il faisait alors partie de ceux qui ont osé affirmer le mensonge démocratique du "1er tour dé vita" qui a permis à Ravalomanana de faire un hold-up sur le pouvoir avec l'appui de la plèbe de la place du Treize-mai que ses partisans renient actuellement. Sylvain Urfer l'explique noir sur blanc dans son livre "Le doux et l'amer", publié en 2003 aux éditions Foi et Justice.
Ce prêtre jésuite lauréat de l'Institut des études politiques de Paris enfonce encore le clou dans un article-bilan de "L'an I de Ravalomanana", paru dans la revue allemande "Der überblick", en 2003.
"Marc Ravalomanana n'a pas été élu sur un programme (qu'il n'avait pas), mais parce qu'une majorité de citoyens ne voulait plus de Didier Ratsiraka et qu'il passait pour l'homme capable d'apporter au pays le changement attendu, à savoir la démocratie et la prospérité (...) Au terme d'une première année de pouvoir, Marc Ravalomanana n'a pas dissipé les ambiguîtés sur ses intentions réelles. Le sursaut éspéré ne s'est pas produit, les anciennes habitudes ont repris, et le rédémarragede l'économie sefait attendre. Certes, le discours est toujours moralisateur et pleines de bonnes intentions. Mais la pratique s'en écarte deplus en plus, au profit d'un autoritarisme qui ne tolère pas les divergences, et des décisions qui ne s'encombrent pas des contraintes du droit".
On connaît la suite, le père Urfer sera expulsé de Madagascar manu militari le samedi 12 mai 2007. Rémy Ralibera est également prêtre et jésuite. Heureusement, qu'il n'est pas vazaha. Et pour cause ! Sinon, on l'aurait sûrement déjà aussi expulsé au nom du "Fahamarinana & Fahamasinana" (vérité et sacralité) pour avoir osé fustiger le régime Ravalomanana et les hommes d'Eglise qui ont vendu leur âme au diable dans son autobiographie, "Souvenirs et témoignages malgaches", paru en 2007 toujours aux éditions Foi et Justice.
En 2002, écrit-il, "les chefs d'église du FFKM se rangèrent du côté des partisans de Ravalomanana qui refusèrent le second tour, sous le prétexte officiel de la lutte pour le respect de la voix des urnes. Cette attitude des chefs d'Eglise divisa déjà les membres du Bureau et des Commissions permanentes. N'ayant pas les données du problème entre les mains, le FFKM n'avait pas à adhérer à un camp ou à l'autre (...) cette inféodation pratique des chefs d'Eglise du FFKM au Président Ravalomanana... n'était pas partagée par toutes les instances du FFKM (les Faritany, les membres du Bureau ainsi que beaucoup de membres des diverses commissions du FFKM, dont en particulier le SEFIP, Sehatrasa ekiomnenika momba ny fiainam-pirenena, Commissionsur la vie nationale). Ce qui a aggravé la situation, c'était cette méthode du président-monarque Raalomanana qui consistait à classer le monde en deux camps : ses amis, donc les bons, et ses adversaires, donc les méchants opposants; il n'y a pas de milieu (...) selon le principe de la présidence tournante, le président du FFKM de décembre 2005 à décembre 2006 fut le pasteur FJKM Lala Rasendrahasina, conseiller technique de Ravalomanana (qui est lui-même vice-président de l'église FJKM). La situation ne s'en est pas trouvé améliorée".
De 2002 à 2009, beaucoup d'eaux sont passés sous le pont de Fatihita dont on demeure encore dubitatif sur les responsables de son dynamitage. Ce qui est sûr est que Marc Ravalomanana a failli sur son projet de société : "minoa fotsiny ihany" (croyez simplement).
On le croyait bâtisseur. Il na construit que des routes dont les financements était bouclés par le gouvernement de Tantely Andrianarivo. Boulevard de l'Europe ne saurait mentir.
On le croyait bon gestionnaire, la suspension des aides par Bretton Woods, l'Union européenne et tout le reste depuis décembre 2008, c'est-à-dire bien avant le cyclone Andry TGV, est une preuve irréfutable qu'il est tout, sauf un adepte de la bonne gouvernance.
On le croyait démocrate. La nouvelle loi sur les partis qui interdit la candidature des indépendants et qui soumet l'existence des partis politiques à son bon vouloir est une manière de dire qu'il s'apprête à mourir au pouvoir.
Et Jean Passe.
Tout ceci explique la nécessité d'une Transition. Pour remettre le compteur à zéro et réécrire les règles du jeu politique. Pour qu'à l'avenir, le peuple ne sera plus obligé de descendre dans la rue pour réclamer un changement. Car il y a des cas, comme dans la situation actuelle, où les lois sont écrites de sorte que ceux au pouvoir y sont boulonnés pendant un bon bout de temps avec l'aide de certains militaires dont les bruits de bottes résonnent d'espèces sonnantes et trébuchantes. Il y a des situations où les voix doivent sortir de l'urne pour se faire entendre.
L'Electoralisme est le cache-sexe des Légaliste. J'espère l'avoir mis a nu ci-dessus. Mais cachez plutôt ce sexe que l'on ne saurait voir. Il n'a servi qu'à baiser la Nation.
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19.02.2009
Ma proposition pour les Etats généraux
Un événement, ça trompe énormement. En tout cas, la situation à Madagascar a dû troubler sérieusement iTélé et Canal+ au point que leurs rédactions ont illustré un reportage sur la grève en Guadeloupe par des images de la place du Treize-mai. Ceci dit, au moment où les partisans de TGV investissent les ministères sans coups férir, que le FFKM est en train de se disperser aux quatre vents,
et même si le clan Ravalomanana continue à faire la politique de l'autruche, voilà que l'on annonce "Les Etats généraux pour la défense des valeurs républicaines et la consolidation de la démocratie à Madagascar".
Les valeurs républicaines. Il est effectivement temps de s'y pencher dans un pays où les institutions ont encore des effluves monarchiques. Un président est élu par le peuple et non désigné par la main de Dieu. J'ose espérer que les nouveaux règles du jeu qui seront réécrits pendant la Transition seront empreints d'un esprit universel et intemporel. Jusqu'ici, la mère des lois, la Constitution, a été toujours écrit pour servir la cause d'une personne. D'où les coups d'Etat à répétition par la rue. Limiter le nombre des partis politiques et interdire les candidatures indépendantes sont fondamentalement anti-démocratiques. Limiter le mandat présidentiel à deux ans est bien. Mais j'irais encore plus loin, et c'est ma principale proposition pour les Etats généraux : il faut qu'il y ait une intervalle entre les deux mandats d'un même président pour qu'il n'en profite pas pour faire son nid. Un "kandidam-panjakana" aura toujours la tentation d'utiliser sa position pour se faire réélire.
Ci-dessous, le communiqué "argumenté" des "Etats généraux" qui se tiendront du 26 au 28 mars 2009. Tout le mal que l'on souhaite est que ces Etats généraux n'accouchent pas d'une souris.
I - Résumé exécutif
L’instabilité politique, économique et sociale chronique à Madagascar trouve son origine dans l’absence de consensus sur les fondamentaux de la République et dans le manque d’adhésion à une vision commune. Les crises de pouvoir frappent le pays de manière cyclique. Il en résulte des incertitudes dans l’évaluation des perspectives économiques et des à-coups dans la croissance, des perturbations notables dans la vie sociale et, au total, une marche chaotique, voire à rebours, vers le progrès et le développement.
Un régime présidentiel fort qui s’appuie sur un parti présidentiel dominant toutes les institutions de l’État entraîne des excès et des abus de pouvoir, ainsi que des actes de corruption de toutes sortes. La gouvernance est caractérisée par des délits d’initié et des conflits entre les intérêts publics et les intérêts privés, jusqu’à la plus haute sphère de l’État.
On assiste à une régression de la décentralisation, tant au niveau des collectivités territoriales qu’au niveau des établissements publics. Par exemple, la désignation des organes des structures décentralisées par le pouvoir central amoindrit l’autonomie administrative, postulat de la décentralisation.
Le moment est venu de faire face au passé en toute maturité, en discuter sereinement et en faire le bilan tant politique qu’économique sans acrimonie afin de conjurer les malentendus et désamorcer les rancunes tenaces. Le moment est venu d’agir et de nous tourner résolument vers l’avenir et en toute confiance. Le moment est venu de mettre en place les structures capables d’absorber les chocs politiques et sociaux. Ces structures devraient être aptes à générer un progrès économique et social équilibré et dynamique de toutes les couches de la population et de toutes les régions de l’île. Le moment est venu d’asseoir la véritable base d’un État de droit par le biais duquel le citoyen assume ses droits et ses devoirs pour traduire l’effectivité de l’égalité de tous devant la loi. La garantie constitutionnelle et institutionnelle d'une alternance démocratique respectueuse du choix des citoyens doit être le fondement essentiel de la République, de l'État de droit et de la stabilité politique. L’urgence s’impose de partager une vision commune et un engagement fort de tous les citoyens responsables sur le futur de la Nation.
L’Unité et la solidarité nationales, conditions du développement, ne doivent pas être fragilisées à chaque soubresaut politique. Aussi, est-il impérieux de réconcilier la classe politique, pouvoir comme opposition, avec tout le peuple sans distinction en raccommodant les déchirures catégorielles et régionales tant politiques qu’économiques et financières.
II- LES OBJECTIFS ASSIGNÉS AUX ÉTATS GÉNÉRAUX
A l’issue des États Généraux de la démocratie et des valeurs républicaines, il sera publié une « CONVENTION RÉPUBLICAINE » qui va proposer les nouvelles orientations du pays, y compris, le cas échéant, la période transitoire en consacrant une véritable culture démocratique dont les fondements sont :
1) un véritable État de droit garantissant l’alternance démocratique du pouvoir et traduisant entre autre l’effectivité d’une authentique décentralisation des droits et des obligations,
2) une pratique intangible de la démocratie qui, outre les normes universellement acceptées, doit aussi poser comme postulat « la libéralisation des opportunités et des initiatives » dans les domaines économique, social, politique et culturel en tenant en compte la spécificité de la société malgache,
3) une bonne gouvernance qualifiable et contrôlable,
4) une économie libérale à visage humain respectueuse de l’homme malgache et de son environnement. Le développement économique sera fondé sur la liberté d’entreprendre, dont le principe est l’égalité de tous devant la loi qui consacre les règles d’une saine concurrence et la mise en place de toutes les conditions propices pour l’égalité de chances de tous les acteurs du développement.
Ces nouvelles orientations seront traduites par l’élaboration non limitative des textes fondamentaux et de leurs textes d’application ci-après pour faire face au passé en toute maturité et partager une vision commune et forte sur le futur de la Nation à l’issue des États Généraux :
- Institutions :
. projet de loi sur la commission vérité et réconciliation 
. révision et/ou projet de Constitution
. projet de loi sur le fonctionnement de la Justice
- Démocratie :
. projet de loi sur les partis politiques
. projet de code électoral
. projet de code de la communication
. charte sur l’Éthique et la Démocratie
- Décentralisation :
. projet de loi sur la décentralisation particulièrement l’aspect budgétaire et le niveau de transfert de compétences du pouvoir central vers les collectivités territoriales décentralisées
- Concurrence économique :
. projet de loi sur la concurrence économique
. projet de loi sur la protection des consommateurs
. projet de loi sur le Conseil Économique et social : avant projet de code des investissements et des affaires, avant projet de code minier, avant projet de code des douanes, avant projet de code général des impôts, avant projet de loi sur les opérations d’importation et d’exportation, etc.,
III- L’ENVIRONNEMENT GÉNÉRAL
Le régime actuel tend vers l’institution d’un régime présidentialiste, la centralisation du pouvoir, le verrouillage des libertés publiques et l’exclusion d’une partie des nationaux.
III.1- L’environnement politique
La démocratie est bafouée et la liberté d’expression est réduite à sa plus simple expression contrairement aux dispositions constitutionnelles. Du fait de massive fraude aux différentes élections, la légitimité des élus à tous les niveaux est contestable. La puissance publique est détournée de sa mission originelle d'être au service de l'intérêt général et est mise au service d’intérêts particuliers pour neutraliser les concurrents économiques et les adversaires politiques. La Justice et les organes de contrôle sont instrumentalisés à des fins partisanes. En dépit de l’aide internationale, la paupérisation persiste : officiellement 66,6% de la population sont touchés par l’insécurité alimentaire chronique et plus de 80% de la population vivent avec 0,6 $Us par jour. L’État de droit n'existe que sur les documents officiels de la République et n'a été utilisé que pour apaiser la mauvaise conscience des partenaires bilatéraux et multilatéraux du gouvernement. L’État de droit est substitué à l’État du bon vouloir.
Le régime actuel tend vers l’institution d’un régime personnel, la confusion des pouvoirs du législatif et de l’exécutif, l’exclusion d’une partie des nationaux, la centralisation du pouvoir et le verrouillage des libertés publiques.
1) Le régime présidentialiste s’appuie sur un parti présidentiel dominant :
Cette situation est caractérisée par :
- la domination du parti présidentiel au niveau du Gouvernement,
- la domination du parti présidentiel au niveau du Législatif (Assemblée Nationale et Sénat),
- le renforcement de la domination du parti présidentiel : la nouvelle loi sur les partis politiques adoptée en janvier 2009 aboutira à terme à éliminer du paysage politique les autres partis politiques sauf s’ils intègrent la mouvance présidentielle (style Front National pour la Défense de la Révolution FNDR de la Deuxième République),
- la domination du parti présidentiel au niveau de la Haute Cour Constitutionnelle : trois des membres sont nommés par le Président de la République, deux sont élus par l'Assemblée Nationale dont la majorité des membres est issue du parti présidentiel, deux par le Sénat -dont les membres élus sont issus du parti présidentiel ou nommés directement par le Président, deux sont élus par le Conseil supérieur de la Magistrature qui est présidé par le Président et par délégation par le Ministre de la Justice,
- Le mode subjectif et péremptoire de désignation et d’abrogation aux hauts emplois de l’État.
2) La confusion des pouvoirs du législatif et de l’exécutif :
L'Assemblée Nationale et le Sénat sont devenus des Chambres d'enregistrement des projets de lois émanant du gouvernement.
La Constitution prévoit divers cas de situations permettant au pouvoir exécutif d'exercer des prérogatives dévolues au pouvoir législatif :
Article 60 - Lorsque les Institutions de la République, l'indépendance de la Nation, son unité ou l'intégrité de son territoire sont menacées et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics se trouve compromis, le Président de la République peut proclamer, sur tout ou partie du territoire national, la situation d'exception, à savoir la situation d'urgence, l'état de nécessité ou la loi martiale. La décision est prise par le Président de la République en Conseil des Ministres, après avis des Présidents de l'Assemblée Nationale, du Sénat et de la Haute Cour Constitutionnelle.
La situation d'exception peut être prolongée au-delà de quinze jours dans les mêmes formes.
La proclamation de la situation d'exception confère au Président de la République des pouvoirs spéciaux dont l'étendue et la durée sont fixées par une loi organique.
Dès la proclamation de l'une des situations d'exception précitées, le Président de la République peut légiférer par voie d'ordonnance pour des matières qui relèvent du domaine de la loi.
· Dans cette hypothèse, la décision présidentielle de recourir à cet article ne rencontrera aucune opposition, les avis des trois institutions dans leur composition actuelle (Assemblée nationale, Sénat, et HCC) sont à coup sûr acquis.
· Les situations d’exception ont surtout comme conséquences de limiter les libertés publiques, individuelles et collectives (cf. Article 85).
· Il appartient à une loi organique de délimiter les pouvoirs spéciaux accordés au Président : vu la composition du législatif actuelle, tout projet de loi organique y afférent sera adopté.
Article 99 - Le Parlement, par un vote à la majorité absolue des membres composant chaque Assemblée, peut déléguer son pouvoir de légiférer au Président de la République pendant un temps limité et pour un objet déterminé.
La délégation de pouvoir autorise le Président de la République à prendre, par ordonnance en Conseil des Ministres, des mesures de portée générale sur des matières relevant du domaine de la loi.
Toute délégation de pouvoir demandée dans ce cadre sera acquise.
Article 100 - En cas d'urgence ou de catastrophes, le Président de la République peut prendre par ordonnance des mesures relevant du domaine de la loi.
La notion d’urgence et de catastrophes peut s’appliquer à toute situation selon l’appréciation discrétionnaire du Président : aucune balise de la part des autres institutions et sans nul doute aucune possibilité de contrôle par le juge administratif en cas d’arbitraire.
Article 156 - Le Président de la République est habilité à légiférer par voie d'ordonnance en Conseil des Ministres, pour prendre les mesures d'ordre législatif nécessaires à la mise en place des Institutions ou Collectivités territoriales décentralisées prévues par la présente Constitution révisée.
· Cette disposition a été déjà mise en œuvre pour régir les élections régionales : Ordonnance n° 2008-001 relative aux élections des membres du Conseil régional.
· Elle est également susceptible d’être utilisé pour l’institution de la Haute Cour de Justice : cette juridiction spéciale est appelée à statuer sur la mise en jeu de la responsabilité des chefs d’institutions dont le Président de la République.
Article 85 - Outre les questions qui lui sont renvoyées par d'autres articles de la Constitution, relèvent d'une loi organique … l'organisation, le fonctionnement, les attributions, la saisine et la procédure à suivre devant la Haute Cour de Justice ;
Si tant est que le Président de la République soit disposé à instituer cette juridiction, il aura tout pouvoir pour l’organiser à sa convenance.
3) L’exclusion constitutionnelle d’une partie des nationaux :
Article 46 - Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malagasy d'origine par le père et la mère, jouir de ses droits civils et politiques, avoir au moins quarante ans à la date de clôture du dépôt des candidatures, et résider sur le territoire de la République de Madagascar au moins six mois avant le jour du dépôt de candidature.
Une telle disposition constitutionnelle basée sur l’origine du père et de la mère est inique et raciste car elle exclut une partie des citoyens malgaches. Cela suppose l’existence d’une citoyenneté à plusieurs vitesses. Pourquoi pas aussi l’obligation d’un test ADN pour voir la pureté de la race sachant que le malgache est un peuple métissé ?
4) La centralisation du pouvoir :
On assiste à un reflux de la décentralisation au niveau des collectivités territoriales et de l'autonomie administrative ainsi qu'au niveau des établissements publics bénéficiant traditionnellement de telle spécificité. Des exemples :
On assiste à un reflux de la décentralisation, tant au niveau des collectivités territoriales qu’au niveau des établissements publics. Des exemples :
· La négation des moyens financiers aux collectivités décentralisées et aux services publics déconcentrés
· La nomination par le pouvoir central des Chefs de région.
· Le recours à l’institution de délégations spéciales au niveau des communes : communes de Nosy Be, Tolagnaro, Sainte Marie, Ivato ( suite à la fusion des 2 communes Ivato -Firaisana et Ivato - Aéroport)
· Le recours aux administrateurs délégués au niveau des entreprises publiques
· La récente institution d’un Comité ad hoc à la place du Président de l’Université d’Antananarivo.
La désignation des organes des structures décentralisées par le pouvoir central amoindrit l’autonomie administrative et financière des collectivités décentralisées, une condition incontournable de la décentralisation.
· le conflit qui oppose le pouvoir central à la CUA illustre l’intolérance du pouvoir quant à toute velléité d’autonomie affichée par une collectivité décentralisée, surtout si elle est dirigée par un indépendant ne relevant pas du sérail présidentiel.
► contrôle de tutelle dépassant le sens et le contenu dudit contrôle : gel des fonds au niveau du Trésor, ingérence dans les attributions de la commune (ramassage des ordures ménagères, gestion du transport urbain : affaire de la gare routière) sans constat de carence. Ainsi en est-il de l’intervention anormale du Ministère de l’Education dans la gestion de l’examen du baccalauréat 2008 à l’Université d’Antananarivo.
D’une manière générale, toute anomalie, défaillance ou dysfonctionnement constaté au niveau d’une structure décentralisée appelle l’intervention du pouvoir central qui se substitue à l’organe décentralisé.
5) Verrouillage des libertés publiques
· interdiction des manifestations publiques et de grève
· fermeture de radios ou de télévisions privées exprimant des opinions différentes des tenants du pouvoir
· exclusion de toute opinion dissidente au niveau des médias publics
L’absence de contre-pouvoirs institutionnalisés et de cadre clair d’expression, comme il a été proposé dans le projet de loi sur les partis proposé par les « deux Serge », conduit aux dérives des tena nts du pouvoir qui limitent aux portions congrues la liberté d’opinion et refusent à la population la légitimité d’organiser des manifestations publiques pacifiques pour exprimer leurs desideratas.
III.2- Environnement économique
Les investisseurs et entrepreneurs nationaux sont lésés à tous les niveaux par rapport à leurs homologues étrangers car ces derniers sont protégés par des accords bilatéraux ayant force de loi supranationale, alors que les opérateurs économiques locaux travaillent principalement sur fonds propres, ne bénéficiant d'aucune structure d’appui et de structures d'accompagnement de la part de l'État pour affronter la concurrence étrangère. En général, les richesses naturelles nationales et les forces de travail malgaches sont bradées au plus offrant. Les nationaux malgaches ne seront bientôt plus que des étrangers dans son propre pays « tanindrazana » alors qu’aujourd’hui au niveau international les États des grands pays volent au secours de leurs entreprises.
En outre, le manque de transparence dans la gestion des finances publiques et la conduite des projets d’investissements sont érigés en mode de gouvernance du régime actuel. Des exemples sont vérifiables dans tous les secteurs d'activités économiques :
1)certains contrats miniers conclus ou en projets avec des investisseurs étrangers,
2)projet cession de terres à la firme coréenne « Daewoo »,
3)accaparement de terres pour des projets au bénéfice d’intérêts particuliers liés au pouvoir (exemple remblaiement d’une surface importante sur la route digue),
4)monopolisation par une entreprise appartenant à une famille au sein du régime de marchés de fourniture de bureau ou de voitures… de l’administration publique civile et militaire de gré-à-gré,
5)achat d’un nouvel aéronef présidentiel d’un montant total de 76 millions $US (60 millions $Us acquisition et 16 millions $Us équipement) sans transparence pour moitié sur les fonds publics et l’autre moitié sur les fonds personnels du Président (cf. Ministre des Finances) ayant servi à son acquisition et sur les sources financières réelles d’un tel investissement.
6)élimination de tout concurrent réel et potentiel,
7)privatisation des entreprises à vil prix, sans appel d'offre en faveur des tenants du régime,
8)exportations illicites par les tenants du riche et leurs proches (bois précieux, pierres précieuses, etc.)
9)utilisation des finances de l'État pour favoriser les entreprises de haut dignitaire : Exemples : l’importation des vaches à lait, des moutons et la construction des « valabe », l'aide en faveur des petits fonctionnaires, détournement des primes pour les hauts fonctionnaires (PREA), etc.
10)confusion de la caisse de l'Etat avec les poches des hauts responsables,
11)détaxe en faveur des entreprises du Président …
III.3- Environnement social
1)Insécurité croissante :
· actes de banditisme contre les personnes et les biens dans la majorité des villes et des villages de Madagascar
· actes d’intimidation contre des particuliers ou des bâtiments publics
· évasions de prisonniers : Tsiafahy, Ambalatavoahangy, Betroka, Antsohy…insécurité routière et maritime ayant abouti à des pertes en vies humaines et des biens.► insuffisance de contrôle ??
· insécurité alimentaire d'une large partie de la population
· recrudescences des bandits de grands chemins (dahalo)
2)dégradation générale des mœurs et recrudescence des comportements "mamoa fady" dans la société malgache
3)Insalubrité de l’environnement immédiat des malgaches : Problèmes récurrents relatifs au ramassage des déchets ménagers et des déversements illicites de déchets industriels
(grandes villes : insuffisance de moyens)
4)Environnement du travail :
· Conditions de travail au niveau des zones franches, maintes fois dénoncées et sans mesures concrètes.
· Baisse d’activités de certaines entreprises conduisant à des chômages techniques (secteur pêche, etc..), incendie de certaines infrastructures ( ex : Pilatex).
· Dévalorisation des compétences nationales en préférant des compétences étrangères pas toujours justifiées
IV- DES FONDAMENTAUX CLAIRS
Sans préjuger de la légitimité des soubresauts ayant pour essence la défense de la démocratie et de la liberté d’expression qui scandent la vie nationale et sans se prononcer sur le bien-fondé des actes politiques et sociaux remettant en cause à intervalles presque réguliers la vie politique du pays, il est nécessaire de mettre en place des procédures constitutionnelles et institutionnelles permettant de les canaliser.
Pour lancer le débat de fond sur des fondamentaux clairs et des propositions à discuter, les organisations de la société civile signataires ont de commun accord défini un minimum de vision et de principes, tout en étant ouvertes au dialogue sans exclusif :
1) L’État républicain :
Le fondement de l’État républicain est la démocratie, la justice sociale, l’égalité de chance et la laïcité. Communauté de citoyen, la nation républicaine ne se fonde sur aucun pouvoir hérité par lignage, aucune référence religieuse, aucun particularisme culturel, aucune conception obligée de la vie privée.
Il faut conforter l'autorité de l'État en tant que régulateur et arbitre du respect des règles applicables à tous les acteurs aussi bien politiques, sociaux et culturels qu'économiques, selon le principe de l’équité : (i) en offrant à tous les citoyens la possibilité de s'épanouir selon leurs capacités et (ii) en créant l'infrastructure adéquate favorisant un environnement propice au développement dans le souci d'une meilleure redistribution des richesses.
Il s’agit de faire en sorte que les mécanismes constitutionnels et institutionnels soient suffisamment efficaces pour que les transferts de pouvoirs se passent en respectant les choix démocratiques des citoyens, pour que leurs aspirations profondes puissent s’exprimer dans le respect de la liberté d’expression et être prises en compte sans falsification des normes de démocratie, pour que les conflits soient arbitrés pacifiquement et pour que les débats ne se délitent pas en occasion d’intolérance et de méfiance.
2) La laïcité de l’État :
La laïcité de l’État a le souci de ce qui est commun à tous dans le respect de la différence et de la diversité des convictions, religieuses ou non : c’est à ce titre qu’elle peut constituer le ciment social et facteur de paix. La pluralité et les différences de culture ou de religion ou autres ne sont pas niées, mais vécues de telle façon que demeure possible un espace régi par le seul bien commun respectueux des droits de l’homme et des particularismes des uns et des autres sans exclusion. Ainsi la laïcité, comprise comme valeur garantissant les libertés de conscience, d’opinion, de conviction et de religion, fonde la neutralité de l’État à l’égard de toutes les confessions et des affaires à caractère religieux.
L’État laïc accueille tous les individus en les plaçant sur un pied d’égalité, quelle que soit leur option ou opinion personnelle. De plus, la laïcité place les lois de l’État au-dessus de toutes les autres règles à caractère racial, ethnique, sectaire, religieux et place l’État, lui-même, au-dessus de tout particularisme et de toute option partisane.
La loi fondamentale dispose ainsi en son article 8 que « Tous les individus sont égaux en droit et jouissent des mêmes libertés fondamentales protégées par la loi sans discrimination fondée sur le sexe, le degré d’instruction, la fortune, l’origine, la race, la croyance religieuse ou l’opinion ».
3) Les institutions :
Le pouvoir Exécutif, dirigé par un Président de la République élu au suffrage universel direct, sera sous le contrôle des pouvoirs législatif et juridictionnel. Le Chef de Gouvernement sera nommé par le Président de la République sur proposition de la majorité à l’Assemblée Nationale.
Le Parlement de type bicaméral composé de l’Assemblée Nationale et du Sénat a le pouvoir de contrôle et de sanctions sur l’Exécutif de toutes les décisions relevant de ses attributions, particulièrement les nominations aux hautes fonction de l’État, le budget national et les lois de finances dont tout financement liant l’État ou ses démembrements ainsi que les accords et les conventions internationaux. Le renforcement des capacités du Parlement nécessite de mettre à sa disposition des organes compétents publics ou privés pour la pleine réalisation de ses missions (contrôle des finances publiques, contrôle des marchés, etc.).
Les nominations aux hauts emplois de l'Etat sont en grande partie basées sur des préférences identitaires et des considérations personnelles, faisant fi des compétences et expériences professionnelles des candidats potentiels. Les nominations et les abrogations du Gouvernement et des fonctions de responsabilités de l’État (membres du gouvernement, hauts fonctionnaires, techniciens de rang élevé, etc.) doivent être avalisées par le Sénat pour éviter l’arbitraire et le fait du prince.
L’article 7 de la Constitution dispose que « La loi est l’expression de la volonté générale. Elle est la même pour tous, qu’elle protège, qu’elle oblige ou qu’elle punisse ». Selon une procédure simplifiée dont les portées et les limites sont à déterminer par une loi, les membres de l’Exécutif et du Législatif seront justiciables. La Justice doit montrer que seul le droit est la règle applicable à tous les justiciables et que toutes les décisions sont prises en toute indépendance et sans contrainte aucune.
Pour assurer l’indépendance de la Cour des comptes, la nomination de son Président se ferait sur proposition conforme exclusive des parlementaires issus de l’opposition politique.
4) Une décentralisation effective :
La décentralisation prônée par les gouvernements successifs depuis l’Indépendance n’a pas encore réussi à corriger les inégalités, faute de réelle volonté politique, notamment faute de décentralisation financière et budgétaire devant accompagner une telle mesure. L’Unité nationale ne doit pas être fragilisée à chaque soubresaut politique. Aussi, doivent être trouvés les termes d’une décentralisation effective et d’un nouveau contrat social liant les forces vives de la Nation.
Pour être effective, la décentralisation nécessite de transférer 62% du budget national (contre moins de 4% aujourd’hui) aux collectivités territoriales décentralisées soit 24% du budget aux régions et 38% du budget aux communes et de donner aux collectivités décentralisées les initiatives nécessaires pour fixer la politique fiscale correspondant à leurs stratégies de développement. Le programme d’investissement public (PIP) est aussi à décentraliser. La décentralisation nécessite de déterminer le transfert de compétences du pouvoir central aux collectivités territoriales décentralisées (CTD).
Les chefs de l’Exécutif régional et communal ainsi que les membres des conseils législatifs régionaux et communaux doivent être des élus. Cela nécessite le renforcement des capacités des élus et de l’administration déconcentrée au niveau des CTD et, la définition exacte et claire des compétences des pouvoirs déconcentrés et des pouvoirs décentralisés, ainsi que des sanctions y afférentes en cas de violation des règles établies.
5) Un État de droit démocratique :
La garantie constitutionnelle et institutionnelle d'une alternance démocratique est l'essence de l'État de droit et de la stabilité politique et socio-économique.
La liberté d’expression et le pluralisme des idées sont les gages de la démocratie. Une loi devra garantir l’équité d’accès aux médias publics et privés à toutes les tendances politiques y compris celles représentant l’opposition. Pour ce faire, le président exécutif de l’autorité régulant la communication et le président exécutif des médias audiovisuels publics sont à désigner par les parlementaires issus de l’opposition politique.
La démocratie nécessite de définir par voie législative le financement et les statuts institutionnels des partis politiques de la majorité et de l’opposition. La transparence des élections nécessite (i) un nouveau code électoral garantissant la vérité et l’équité des scrutins et la transparence du processus électoral tout en définissant la liberté d’expression, les règles démocratiques et le financement électoral et (ii) un Comité National Electoral Indépendant du pouvoir politique ayant tous les pouvoirs d’organiser les élections d’amont en aval.
6) Sécuriser et ancrer la légitimité internationale
Près de cinquante ans après son retour à la souveraineté, Madagascar - dont la parenthèse coloniale n’a pas annihilé les ressorts humains, culturels et politiques – doit pouvoir rayonner dans le monde. Disposant de la capacité de transformer son potentiel en réalités palpables et en bien-être pour son peuple, la Grande Ile est à même d’être un partenaire majeur et crédible sur le plan international, apportant une valeur ajoutée tout en utilisant à son profit les leviers rendus accessibles par la mondialisation. La légitimité auprès du concert des États et la considération de la communauté internationale ne pourraient qu’être renforcées par la manière adulte et responsable dans la gestion des problèmes institutionnels et politiques internes.
CONCLUSION
D’une manière générale, la notion de redevabilité sociale ou «social accountability» qui est une démarche vers la bonne gouvernance basée sur le principe de la participation des citoyens, de la société civile et de la société politique pour assurer la bonne gouvernance et la prestation de services publics, reste au stade des bonnes intentions.
La marche vers la démocratie ne saurait se réaliser sans une culture politique correspondante que n’ont ni les gouvernants ni les gouvernés.
Pour que le pays ne soit plus l’otage de la dérive dictatoriale et despotique de ses gouvernants obligeant la population à défendre la démocratie et la liberté d’expression par la rue, l’objectif recherché est que :
- désormais la Constitution et les institutions de la République puissent réguler et baliser l’alternance démocratique du pouvoir
- l’État de droit défendant l’intérêt général et la décentralisation soit effectif.
Ainsi, les organisations de la société civile signataires invitent les forces vives de la Nation à participer aux « ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA DÉMOCRATIE ET DES VALEURS RÉPUBLICAINES » les 26, 27 et 28 Mars 2009 à Antananarivo pour la mise en place de structures et l’élaboration de projets de textes concrets et applicables, afin de normaliser le bon fonctionnement de la démocratie, des institutions de la République, de la décentralisation et de la saine concurrence économique. Une réunion préparatoire avec les représentants des différents districts de Madagascar se tiendrait préalablement à Antananarivo.
Les Etats Généraux de la Démocratie et des Valeurs Républicaines devraient servir de cadre au dialogue inclusif permettant de trouver une solution pérenne aux crises politiques récurrentes pour ne citer que 1971, 1972, 1991, 2002 et actuellement et poser les bases d’un renouveau institutionnel de la Nation.
Pour toutes informations ou suggestions contacter le mail : converepl.madag@ymail.com .
Antananarivo, le 21 Janvier 2009
17:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : madagascar, politique, actualité, presse, république, démocratie, tgv, marc ravalomanana |
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