07.01.2008
Délestage à Toamasina : une morte au service PPH de l’Hopitaly Be
La coupure de courant a été particulièrement longue le mercredi 19 décembre 2007. Elle s’est étalée de 9 h et quelques minutes dans la matinée jusqu’à 17h45. Comme le Service de Pneumo-Phtisiologie (PPH) n’est plus branché au groupe de relais installé depuis belle lurette à l’Hopitaly Be (Hôpital de Référence Régionale de Toamasina, les cinq extracteurs d’oxygène qui sont en service au PPH sont tombés en panne pendant environ huit heures. Au grand dam des grands malades du service et notamment des asthmatiques et des tuberculeux. Leur service respiratoire dépend plus ou moins du bon fonctionnement de l’appareil extracteur d’oxygène auquel ils sont connectés.Une mère de famille est morte dans la ville ou ma mère m'a donné naissance. Absorbés par les fêtes de fin d'année, les gens n'ont pas prêté attention à ce scandale humanitaire : une personne a perdu la vie suite au délestage. Jamais, dans l'histoire de
Madagascar, je n'ai le souvenir d'un pareil cas. Bien sûr, on pourra toujours objecter : les problèmes de la Jirama proviennent du temps de Ratsiraka. Ainsi donc sept ans après son départ, on demeure toujours impuissant à réparer les dégâts, malgré les promesses de 2002. Sept ans après lui, c'est toujours le déluge. Gouverner, c'est prévoir. En 2005, Marc Ravalomanana a prévu la fin du délestage pour septembre. Il n'en sera rien. On n'est pas prêt de sortir de l'auberge.
Jeune femme de 32 ansC’est ainsi qu’une jeune femme de 32 ans fut morte par asphyxie. Au dire du personnel soignant, elle est morte environ une demi-heure après la coupure du courant et la panne de l’extracteur. Pour relativiser cependant la part de responsabilités de la panne de courant dans le décès de cette jeune femme, quelques précisions nous ont été données par le personnel soignant. La victime était arrivée, il y a une semaine, à l’hôpital dans un état avancé de sa maladie. Elle habitait une contrée pas trop loin de Toamasina mais très enclavée, dans la basse campagne de Fotsimavo/Andondabe. Et son traitement n’a commencé que lundi 17 décembre dernier, après les analyses et radio préalables. Et pendant tout ce temps, sa survie dépendait complètement de l’apport artificiel en oxygène. La panne due au « délestage » aurait donc accéléré de façon décisive sa mort. L’ensemble du personnel du PPH, lui, est monté au créneau en dénonçant la situation prévalant au sein de ce service : deux médecins seulement, cinq infirmiers de service dirigés par deux infirmiers majors (une pour le service des malades, un responsable du CTV) qui se paient 24 heures de garde à tour de rôle pour surveiller une centaine de malades, deux servants, un secrétaire, et un seul gardien sur un domaine assez grand pratiquement sans clôture.
Et l’un des deux seuls robinets Jirama installés dans la cour, depuis plusieurs années, coule 24 heures sur 24, ce qui profite à la Jirama sous forme de factures correspondant au moins à 3 ou 4 m3 d’eaux perdues par mois : il n’y aurait même pas assez d’argent pour remplacer le joint du robinet. Tout cela n’est encore qu’un petit aperçu de la réalité au sein du PPH.
Gilbert R. in "Tribune de Madagascar" du jeudi 27 décembre 2007.
12:45 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Madagascar, crise, mort
01.08.2007
David a été expulsé
Olivier Peguy, ancien correspondant de RFI à Madagascar, expulsé par le régime Ravalomanana, m'a signalé le cas. Malgré une forte mobilisation, David Ramiandry, étudiant malgache établi à Lyon, a été expulsé par le régime Sarkozy. Mais il garde des chances de revenir. Contrairement à Olivier. Ceci dit, Lyon est une ville que je connais et que j'apprécie pour abriter une de mes copines.
Malgré notre forte mobilisation, malgré le soutien des médias, l'appui de politiques, et surtout les qualités réellement uniques de David, la Préfecture du Rhône a confirmé l'expulsion de David.
le 26/07/07 à 14h, la police des airs et des frontières est venue le chercher. A 16h50, il quittait Lyon, pour Paris et Madagascar. Nous pouvons fortement regrettrer que les citoyens ne soient pas plus écoutés. Que la politique d'immigration mis en place ne soit pas plus intelligente : chaque année plus de 130 000 étrangers s'installent de manière tout à fait régulière en France, il est vraiment dommage que des gens comme David ne fassent pas parti de ces milliers de personnes.
Vous vous rendez compte que David est quelqu'un qui a profité de son séjour au CRA pour faire des intiations Salsa, lire Harry Potter en anglais, travailler son code de la route....
A n'en pas douter, tout ça est très politique, il aurait été difficile d'ouvrir la boîte de pandor de l'immigration en régularisant David, au regard des autres demandes en attente.
La mobilisation continue
La préfecture s'est engagée à ne pas s'opposer à son retour. Lundi matin, il va déposer sa demande de visa étudiant au Consulat de France à Madagascar. Donc d'ici 1 mois, il est de retour parmi nous. Notre 1ère mobilisation a été réellement efficace, car l'ensemble des interlocuteurs rencontrés ont été impressionnés par le soutien dont a bénéficié David, et aujourd'hui la préfecture ne peut pas se permettre de revenir sur ses engagements oraux, si on maitien notre pression. D'ailleurs, nous sommes encore en train de négocier pour qu'un courrier officiel soit fait par la préfecture pour que David ait un soutien dans ses démarches à Madagascar.
Le représentant du service immigration est en congé. On va demander une audience à son retour, soit le mercredi 22 août à 18h30. Notez cette date, car comme notre 1ère audience, il faudra que l'on soit très nombreux devant la préfecture pour montrer qu'on ne lâche pas, et que son comité de soutien attend avec impatience le retour de David.
David, m'a dit de vous remercier tous, pour vos contributions diverses et nombreuses.
Info sur http://aidezdavid.blogspot.com/
09:05 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Madagascar, expulsion, étudiant












Madagascar, je n'ai le souvenir d'un pareil cas. Bien sûr, on pourra toujours objecter : les problèmes de la Jirama proviennent du temps de Ratsiraka. Ainsi donc sept ans après son départ, on demeure toujours impuissant à réparer les dégâts, malgré les promesses de 2002. Sept ans après lui, c'est toujours le déluge. Gouverner, c'est prévoir. En 2005, Marc Ravalomanana a prévu la fin du délestage pour septembre. Il n'en sera rien. On n'est pas prêt de sortir de l'auberge.