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27/11/2020

Madagascar est en train de se morceler en plusieurs petites îles

Millimètres par millimètres, Madagascar est en train de se diviser pour devenir plusieurs îles indépendants dans quelques millions d'années.

Madagascar, Géologie, rift, Lwandle

Relevés GPS de surface  à Madagascar.

© Rina Andrianasolo

Le continent africain se sépare lentement en plusieurs grands et petits blocs tectoniques le long du système du rift est-africain qui a des répercussions jusqu'à Madagascar qui elle-même se divisera également en îles plus petites.

Le sud et le centre de l'île de Madagascar se déplacent dans deux directions différentes

Une nouvelle étude de la complexe répartition et évolution des plaques tectoniques africaines menée par Sarah Stamps du Département de Géoscience de Virginia Tech et publiée dans la revue "Geology" a conduit à cette conclusion. Pour y arriver, les géologues ont effectué des relevés GPS de surface en Afrique de l'Est, à Madagascar et sur plusieurs autres îles de l'océan Indien. Et ils ont constaté que l'île de Madagascar était en train de se morceler : le sud porté par la plaque Lwandle se détache du reste de l'île tandis que le centre porté par la plaque Somalienne se déplace dans une autre direction.

Une séparation à un rythme de quelques millimètres par an

Le reste de l'île est également sujet à un complexe processus de division qui s'étend jusqu'aux Comores, situées dans l'océan Indien entre l'Afrique de l'Est et Madagascar, et qui s'achèvera par la formation d'archipels. Ce n'est toutefois pas pour les prochaines années... La séparation se fait à un rythme très lent, quelques millimètres par an. Les grands bouleversements prévus n'auront pas lieu avant quelques millions d'années quand l'écartement des terres donnera naissance à de nouveaux océans. En attendant, ce travail permettra de mieux appréhender l'activité sismique et volcanique récente et en cours dans les Comores.

Joël Ignasse in "Sciences & Avenir" du 27 novembre 2020.

29/09/2020

Les personnes narcissiques seraient plus susceptibles de s'impliquer dans la vie politique

“Les individus qui croient en eux-mêmes, et qui se pensent meilleurs que les autres, s'engagent davantage dans le processus politique”, détaille Peter Hatemi, professeur de sciences politiques à la Penn State University.

Tous les hommes politiques sont-ils narcissiques ? Peut-être bien. Selon une récente étude, publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology et Daily Mail, les narcissiques sont davantage susceptibles de s’impliquer dans les activités politiques du pays. Cette nouvelle enquête compile des observations issues de trois analyses différentes. Deux ont été réalisées sur 2 280 et 2 450 participants aux États-Unis et la troisième a été menée au Danemark auprès de 500 volontaires. Dans les trois études, les participants ont été interrogés sur leurs antécédents de vote et leur implication politique : participation à des manifestations ou à des meeting, proximité avec des politiciens ou des médias, dons financiers, etc.

Grâce à ces observations, les chercheurs ont découvert que ceux qui affichaient des traits narcissiques classiques (comme l'égoïsme et le besoin d'admiration) étaient plus susceptibles de signer des pétitions, de contacter des élus et de voter aux élections de mi-mandat que les autres. Les personnes autosuffisantes étaient elles moins susceptibles de s'engager politiquement. Peter Hatemi, professeur de sciences politiques à la Penn State University, estime que ces constatations pourraient expliquer “l'état actuel de notre démocratie”. Et de poursuivre : “Si les personnes qui sont plus intéressées par leur propre gain et leur statut personnel prennent une plus grande part aux élections, alors nous pouvons nous attendre à ce que des candidats qui émergent reflètent leurs désirs”.

Politique, narcissique, démocratie

© Emile Ralambo

Des opinions partagées sur les réseaux sociaux

Pour parvenir à ces analyses, les chercheurs ont mesuré le narcissisme chez les participants grâce à un questionnaire. Le narcissisme se caractérise par la grandeur, la fierté, l'égoïsme et un manque d'empathie, précise l’étude. Les participants devaient choisir l’énoncé le plus proche de leur personnalité entre, par exemple, “J'insiste pour obtenir le respect qui m'est dû” ou “J'obtiens généralement le respect que je mérite”. Ainsi, ceux qui ont obtenu un score élevé en matière de narcissisme avaient tendance à participer tôt au processus politique en partageant leurs opinions sur les réseaux sociaux. Dans le même temps, les personnes plus autonomes sont également moins susceptibles de prendre part au processus politique.

Les individus qui croient en eux-mêmes, et qui se pensent meilleurs que les autres, s'engagent davantage dans le processus politique. Cela signifie que les politiques et les résultats électoraux pourraient être de plus en plus guidés par ceux qui veulent à la fois plus et moins donner”, conclut Peter Hatemi, professeur de sciences politiques à l'université de Penn State (États-Unis) et co-auteur de l'étude.

Johanna Amselem in Yahoo Actualités du 29 septembre 2020

 

11/02/2020

Assassinat de Ratsimandrava : une affaire à la JFK !

Ratsimandrava intéresse toujours le public !, titrais-je en 2000 à l'occasion d'une exposition sur le personnage qui a drainé plus de 4000 personnes dont 1110 lors de l’inauguration. 45 ans après son assassinat, le 11 février 1975, c'est toujours le même engouement, en raison du mystère qui entoure sa disparition. 

Devenu héros national du jour au lendemain de son assassinat, le 11 février 1975, le colonel Richard Ratsimandrava était une de ces personnalités qui ont réussis a coup de persévérance personnelle. D’où certainement aussi l’attrait du personnage.

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Renouveau du fokonolona

Comparaison n’est jamais raison. Malgré tout, il est difficile de ne pas faire un parallèle avec le président américain J. F. Kennedy, mort également ans des circonstances non encore élucidées jusqu’à présent. Comme John Kennedy, chantre d’une « nouvelle frontière ». Ratsimandrava, était venu à la barre suprême de l’Etat avec un programme dont les grands points étaient déjà connus du peuple du renouveau du « Fokonolona ». D’autre part, si Kennedy était le premier, et jusqu'à présent unique, président américain non-Wasp (White anglo-saxon protestant), les Kennedy sont catholique, Ratsimandrava était le premier et jusqu'à présent unique, du moins jusqu’à preuve du contraire, chef d’Etat malgache descendant d’ « andevo » (Il parait que le mot « esclave » n’est pas idoine).

L’a-t-on  assassiné parce qu’une bande rivale de politicards voulait s’approprier le pouvoir au nom d’un autre programme ? Ou bien là t on éliminé de par son origine sociale ? Certainement les deux à la fois. Mais notre propos n’est pas de révéler ici quelques éléments secrets entourant sa mort. L’histoire s’en chargera bien un jour. Il s’agit juste d’une brève biographie (non autorisée) du personnage, un de ceux que les cours des choses ont transformé en mythes populaires malgré eux.

Citoyens français

Aussi loin que l’on remonte dans sa généalogie, on retrouve une arrière arrière grand-mère dénommé Rampy, morte en 1857. Un de ses petits fils, Maralahy, a laissé un précieux manuscrit ou il relate ses efforts pour sortir de la condition servile à coup de livres. C’est la nièce de Maralahy, Ravelonjanahary, qui donna la naissance à la mère du colonel Richard Ratsimandrava, Rasoanindrina. L’époux de celle-ci, autrement dit le père du colonel, était une personnalité qui à brillé par sa culture. Professeur assistant à l’école Le Myre de Vilers , c’était un féru des livres et d’information. « il possédait une vieille radio branché sur radio Londres ou il écoutait les nouvelles de la Grande guerre. Comme il parlait l’anglais, ils traduisait les nouvelles a ses amis », se souvient la veuve du colonel, Thérèse Razafindramoizana.

Contrairement a son ancêtre Maralahy, qui a espéré mais en vain de se libéré de son statut d’« andevo » par la bible et l’enseignement, Ratsimandrava père a demandé et obtint, la nationalité française. Ce qui lui a permis d’amélioré considérablement sa situation sociale. Ceci explique pourquoi Ratsimandrava ait pu fréquenter le Lycée Gallieni. Passeport indispensable pour des études en France avec, pour lui, direction l’école militaire de St Cyr en 1952.

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Conscience communautaire

Séduit par le concept de « déshérités » le père grossi le rang du Padesm. Il fit du journalisme en compagnie des Zafimahova. Richard Ratsimandrava, lui, acquit sa conscience nationaliste, teinté de populisme, lors de ses expériences militaires au sein de l’armée Française. On l’a envoyé pour soumettre les militants anticolonialistes au Maroc (1956) et en Algérie (1958) ou il devient membre du comité de Salut public.

«  À l’époque il commandait un détachement de militaires vazaha. Mais en fait, son principal souci était de protéger la population contre les rebelles qui pillaient les villages pour s’approvisionner, un peu comme au temps des Menalamba. C’est là qu’il apprit à connaître le dynamisme des communautés », raconte sa veuve, Thérèse Razafondramoizana, qui poursuivit, « ceci explique pourquoi il a proposé sa médiation lors de la révolte de 1971 dans le sud. Il ne comprend pas pourquoi on s’entre tue entre Malgaches, comme il n’a jamais accepté l’envoi d’une légion étrangère pour mater la révolte. Contrairement a ce qu’on dit, il n’a pas tué des gens dans le Sud.Il a plutôt contribué a sa pacification».

Dans la soirée du 11 février 1975, le cortège qui devait l’escorter après un conseil du gouvernement, à Anosy, s’est arrêté devant sa maison a Anjohy, puis est repartit. « J’ai compris tout de suite. Il y avait surement une embuscade quelque part », à déclaré Thérèse Razafindramoizana. « les jours d’avant, on nous a toujours dit de faire attention », se souvient de son coté une de ses filles, Danielle Ratsimandrava. Ce soir là, l’Histoire accueillit une nouvelle figure de légende, une de plus dans sa collection.

Randy D. in "L'Express de Madagascar" du mercredi 09 février 2000, pp. 10

A voir :11 Fevrier 1975, assassinat de Ratsimandrava. Version complète ici.

A lire : « L’introduction au cahier de Maralahy » par Juliette Ratsimandrava et Fred Ramiandrasoa in « L’esclavage à Madagascar », Actes Colloque international sur l’esclavage, Tananarive, 1996.

 

25/02/2018

Tsilavina Ralaindimby est passé, mais ses empreintes restent

Un ami journaliste m'a demandé si je ne porte par une boucle d'oreille en référence à Tsilavina Ralaindimby. Je lui ait dit non. Maintenant, je ne sais pas si, quelque part, il a raison.

J'avais peut-être 12 ans. La TVM a annoncé la diffusion en direct d'un match d'Ajax Amsterdam avant de l'annuler. J'ai alors pris ma belle plume pour écrire une lettre demandant sa diffusion même en différé. Je l'ai pas posté. J'ai apporte en mains propres la lettre au 10è étage d'Antaninarenina. Il y avait encore un ascenseur à l'époque. Et c'était Tsilavina Ralaindimby lui-même qui l'a reçu.

Plus tard, devenu journaliste, j'ai eu l'occasion de le côtoyer. Mais je ne lui ai jamais parlé de cet anecdote. Je n'aurais plus jamais l'occasion de lui en parler. Tsilavina Ralaindimby vient de disparaître il y a environ une heure.

Il était plus qu'un confrère. C'était un modèle, presque un icône.

Madagascar, Randy Donny, Tsilavina Ralaindimby, TVM

Tsilavina Ralaindimby à ses débuts lors d'un reportage sur des manœuvres militaires.

Journaliste compétent et inspirant, une espèce qui a disparue depuis des lustres du paysage médiatique malgache. Ministre populaire sans jamais être populiste, celui que l'on regrette le plus à la tête de département de la Culture et de la Communication. Politicien visionnaire et innovateur, le coup de "Maha olona", le mouvement qui a porté Dama (Mahaleo) à l'Assemblée,  c'est lui... Tsilavina aura marqué Madagascar de ses empreintes. D'autant plus que c'était un touche à tout. Et il faisait tout avec art.

Tsilavina était un artiste. Pour ceux qui peuvent l'ignorer, il est l'auteur des paroles des tubes de Hazo midoroboka ("Ampitampitao"/"Isika"), de "Ramano Be Galona" de Lolo sy ny tariny et de "Bakoly", un titre mythique  interprété par une légende maudite du blues-rock, Ra-Donné Stills.

J'ai toujours dans la tête cette émission qu'il a tourné dans les gradins du stade de Mahamasina et qui a révélé Lefona "Kankana". Cette autre émission spéciale consacrée à la renaissance du rock malgache dans les années '80 avec Doc Holliday, Tselatra et Best Star, entre autres. Un coup de pouce qu'il appuiera plus tard d'un article dans "Midi Madagasikara" intitulé "Le micro-climat heavy"...

"Sais-tu que j'ai fait le premier reportage sur Mahaleo en 1972 à Antsirabe ?", m'as-t-il dit pendant que j'écrivais la biographie non autorisée du groupe, en 2007. J'ai alors cherché à mettre la main sur ce document historique auprès de la TVM. Mais la préposée aux archives à laquelle je me suis adressée n'as pas bien compris ma démarche. Tout partira en fumée deux ans plus tard, pendant la crise politique de 2009..

"Si tu dois choisir entre toutes les activités que tu as fait, laquelle tu retiendra", lui demandais-je en l'accueillant dans mon talk show "Face à Face", en décembre 2016. Il a simplement répondu : la photo. Des images me reviennent en mémoire et se bousculent dans ma tête. L'émission intégrale ici.

Pendant mes années estudiantines, j'ai lu un article sur sa sortie de promotion après ses études en France, en 1969, dans les archives du "Courrier de Madagascar". Lors de ma période critique rock, il m'a aidé à doter les Stone Press awards d'un trophée spéciale roots que l'on attribuera à Iraimbilanja. Dernièrement, pas plus tard qu'il y a quelques semaines, je lui ai parlé de célébrer avec faste les 60 ans de la République malgache, histoire de rectifier les erreurs de passation de relais qui provoque actuellement faux débats et erreurs d'appréciations. Il a trouvé l'idée "super géniale" ! On n'aura pas le temps de la développer.

"On est des passeurs", me disait-il encore. Il est passé de l'autre côté du miroir. Madagascar est orphelin de l'un de ses plus grands penseurs.

Randy

06/12/2017

On a tous quelque chose en nous de Johnny, surtout moi

C'est une expression qui sera utilisée, usée, galvaudée pendant des mois en ce jour de disparition de Johnny Hallyday. Comme Macron, je n'ai pas cherché à être original, préférant communier avec les autres fans à travers ce titre. D'ailleurs, l'album hommage, "On a tous quelque chose de Johnny", tombe juste à un moment où le king du rock francophone disparaît. C'était l'idole des jeunes, c'est l'idole de toutes les générations. A dieu l'artiste !   

En rentrant, on se surprend à chatonner une chanson de l’ancien voyou de quartier, Johnny Hallyday :

« C’est un noël pour les enfants perdus,

Pour tous ceux qui n’y ont jamais cru.

C’est un noël pour les chiens sans collier.

Pour l’enfant de la rue que j’étais… »

Telle était la  chute d'un reportage de nuit  sur noël que j'ai écrit pour "L'Express de Madagascar" le  vendredi 26 décembre 1997. Comme tout patrimoine du rock, vivant ou pas, Johnny Hallyday m'accompagnait dans mon quotidien. Cela fait un  peu bizarre qu'il disparaît la veille de noël. "Noël Interdit" est ma chanson de noël préférée. Mais je l'écoute tellement en décembre qu'il reste en tête de ma playlist toute l'année.

Je me souviens des couvertures de "Salut les copains" et les posters, notamment avec Sylvie Vartan, que j'accrochais sur les murs de ma chambre. Je me souviens d'un spectacle de Papa James spécial Johnny Hallyday au gymnase couvert de Mahamasina qui a divisé les fans dans les années 80. Je me souviens également de ses projets de concerts à Madagascar dont le dernier, en  2009, a été annulé parce que son producteur de l'époque, Jean-Claude Camus, qui s'est déplacé lui-même à Tana, a estimé que le contexte sécuritaire n'est pas favorable pour un tel événement...                   

Les puristes du rock anglo-saxon se moquait doucement de lui. Injustement. Johnny Hallyday est un authentique rocker, le premier à avoir parfaitement compris le rock'n roll attitude. Il avait la tête dans les étoiles du star spangled banner. Mais il avait néanmoins les pieds sur terre. Voilà pourquoi il a refusé une proposition d'incarner James Dean à l'écran.

Johnny Hallyday, Madagascar, rock, Randy Donny

Je suis un fan de Johnny Hallyday au cas où on ne l'aurait pas encore compris. Et il me le rendait bien. "J'ai 16 ans et j'ai mal dans ma peau", chantait-il dans "Génération Banlieue". A l'époque, il n'avait plus 16 ans. Mais moi, oui ! Dès lors, comment ne pas faire corps avec ce phénomène que je  prenais plaisirs à imiter. Sa voix. Pas le personnage qui est unique, inimitable.

L'idole est parti. Mes tendres années ne reviendront plus. Mais Johnny Hallyday restera à jamais gravé dans le Panthéon que forme les cœurs de ses fans.

Randy