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27/08/2011

Un chien mieux payé qu'un travailleur humain

Acheté 5 millions d'ariary, il gagne jusqu'à 600.000 ariary par mois

Madagascar, chien, animaux, nature, environnement, presse, L'observateur

Pour importer un chien de race à Madagascar, il faut débourser plus de cinq millions d’ariary. Ces chiens peuvent en effet travailler et gagner beaucoup plus que ce que nombre de personnes font rentrer en un mois.  Bien que le chien de race se vende à un prix exorbitant, en retour, en posséder un procure des avantages conséquents.

"Quand on aime vraiment les chiens, on ne compte pas, il en vaut tout simplement le coût », déclare Solo, un cynophile. « Si le chien est bien dressé, il peut travailler en tant que gardien et toucher un salaire mensuel de 200.000 à 600.000 ariary, selon sa performance. Beaucoup de personnes optent pour les chiens comme gardiens. Ils n’ont peur de rien, ils n’ont qu’une chose en tête : empêcher un intrus d’entrer là où il ne le faut pas à une heure limitée », explique-t-il.

Mais pour y arriver, le chemin est long. Pour ce qui est du repas, il faut choisir entre croquettes et méthode Barf  (mélange de légumes, de riz et de viande) qui sont tout deux vraiment coûteux. Pour la croquette, le prix du sac de 20 kg qui est fait pour durer trois semaines varie de 70.000 à 200.000 ariary, en fonction de la qualité.

« Comme régime alimentaire, j’ai choisi pour mon chien la méthode Barf, seulement je remplace la viande par des croquettes. Au début, il faut un budget spécial pour tous ses besoins. Mais l’animal vaut de l’or une fois qu’il trouve une famille; à ce moment, plus besoin d’investissement, il peut être indépendant financièrement. Il peut aussi travailler comme gardien pour obtenir plus de profits. Les clebs sont alors déposés tous les soirs et repris le matin. Certains participent aussi à des concours de dressage ou de beauté et gagnent des prix», poursuit-il.

Mais les dépenses vont au delà des besoins alimentaires. C’est en fait comme prendre soin d’un bébé. Il lui faut un environnement propre, ne pas le laisser fréquenter des chiens malades, le vacciner une fois tous les ans - le coût du vaccin est de 28.000 ariary -, le dresser à raison de plus de 100.000 ariary par mois…

« Tous les chiens sont autorisés à Madagascar, ce qui fait que nous avons encore des opportunités à exploiter dans le domaine. Certains, entre autres les pitbulls et les molosses de race, considérés comme dangereux, sont interdits en Europe. Pourtant, faire du chien un animal méchant ou non dépend du dressage », conclut Solo. 

Lova R

 Publié dans "L'Observateur", n° 251 du lundi 10 août 2011. 

31/07/2009

Culture intensive du jatropha ? Rien ne vaut de courir …

La mode n'est pas qu'aux vêtements. Il y en aussi en économie. Parce que les carburants fossiles sont condamnés à dispraître, eldorado vers les biocarburants. Mais est-ce vraiment la solution ? Les jatropha et autres plantes à agrocarburant risquent, en effet,  de n'être que des cultures de rente de plus pour les pays en développement, les plus chauds à entrer dans la course. Comme le café, le sucre et vous en connaissez des tonnes en leurs temps, les agrocarburants seront intéressants dans un premier temps avant que les cours de la Bourse internationale ne viendra dicter sa loi. Les agriculteurs des pays en développement auront alors sur les bras des millions d'hectares de plantes à agrocarburants qui ne seront plus rentables. Sans parlers des conséquences sur l'environnement et  la concurrence avec les cultures vivirières. Moralité : rien ne vaut l'électrique. Solaire, éolienne ou, à la limite, hydroélectrique... Il faut développer les recherches dans ce sens en matière de voitures et autres instruments fonctionnant jusqu'ici en carburant fossile. Il suffit  alors de vulgariser des  stations services où l'on pourra faire le plein d'énergie électrique. Utopie ? EX-Nissan_LEAF.jpgLa sortie de la Leaf par  Nissan (ci-contre à d.) est un début de réponse. L'article de MFI, ci-dessous, apporte des matières à réflexion. Tout en jettant un coup d'oeil sur le champ de jatropha en bas, photographié à Madagascar ! Jatropha.jpg

 

(MFI) Le jatropha ne sent pas bon et ses fleurs sont peu attractives, mais il dispose d’un atout qui séduit les pays en développement : ses graines accumulent de l’huile (environ 35 % de la masse) permettant de fabriquer de l’agrocarburant. Plusieurs pays misent sur ce nouvel « or vert », qui pousse sans apport d’eau, d’engrais ou de pesticides. Halte-là ! « L’examen attentif des résultats des projets déjà avancés permet de relativiser nombre de promesses vantées par ses inconditionnels », soulignent des chercheurs de l’IRD dans une étude parue au début du mois de juillet 2009.

L’arbuste peut atteindre jusqu’à 10 mètres de hauteur et résister aux stress hydriques comme aux fortes pluviométries. Originaire d’Amérique centrale ou du Sud, et classée parmi les «plantes à latex», le jatropha n’est pas une plante destinée à être consommée ; elle a cependant été rapidement exploitée sur tous les continents dès le 19è siècle, que ce soit pour élever des haies vives protégeant les champs de l’invasion du bétail, ou comme tuteur – par exemple pour la vanille, à Madagascar – ou bien encore pour ses diverses vertus médicinales.

Le succès actuel croissant du jatropha – qui se développe facilement sur des terres déshéritées – est lié à la découverte de l’extrême richesse de sa graine – parfois appelée noix des Barbades – qui se révèle être un très bon agrocarburant. « Des projets de mise en culture de grande envergure ont fleuri récemment dans la bande intertropicale sur trois continents (Afrique, Asie, Amérique) », soulignent les chercheurs de l’IRD, qui précisent que « les Philippines, le Ghana et Madagascar envisagent d’ensemencer 15 à 20% de leurs terres cultivables en Jatropha curcas ».

Claudine Campa (IRD) émet des réserves : le manque de variabilité génétique des variétés mises en culture rend la plante vulnérable et les projets de culture intensive téméraires. Pour la chercheuse, il serait préférable d’approfondir des études préliminaires à la fois sur l’utilité de la plante et sur les risques associés à sa culture intensive tels que les risques d’appauvrissement des sols, d’impact néfaste sur la biodiversité, de déséquilibre des biotopes, sans parler du risque de privation des populations indigènes des cultures vivrières nécessaires à leur survie. Craignant des dérives, la chercheuse souligne l’intérêt qu’il y aurait à privilégier, par exemple, des programmes génétiques visant à étudier la diversité naturelle et les caractères adaptatifs de l’espèce et à en tirer profit avant de lancer des productions intensives dans des pays pauvres aux économies déjà fragiles et instables.

 

Dominique Raizon

29/01/2007

Silence, on tue !

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11 septembre 2001, les tours jumeaux du Wold Trade Center de New York disparaissent après une attaque terroriste d’Al Qaïda, faisant environ 3000 morts.
Dans quelques années, Tuvalu, un petit Etat de 26km2 situé dans le Pacifique, disparaîtra avec ses 4500 habitants à cause du réchauffement climatique général, dû au rejet dans l’atmosphère de gaz à effet de serre.
On va construire quelque chose sur Ground Zero. Là où Tuvalu aura disparu, on ne pourra rien. Il faudra se munir de lunettes de plongée pour apprécier cette bientôt ancienne merveille de la nature.
A plusieurs reprises déjà, les Tuvaluans ont dû évacuer momentanément leurs pays en raison de fortes montées des eaux. Il existe bien un traité international, le protocole de Kyoto, qui propose une réduction globale de 5,2 % des émissions de dioxyde de carbone d'ici 2012 par rapport aux émissions de 1990. Mais ce calendrier risque de ne pas être respecté à cause du refus des Etats-Unis de ratifier le traité. En 1997, le sénat américain a refusé de ratifier le traité à 95 voix contre 0. Or, les États-Unis sont le plus gros émetteur avec environ 23 % des gaz à effet de serre de la planète avec même une augmentation de 1% par an depuis 1990. En 2002, le premier ministre de Tuvalu, Koloa Talake, a annoncé son intention d’amener les États-Unis et l’Australie, qui n’a pas également ratifié le Protocole de Kyoto, devant la Cour internationale de justice de La Haye du fait de leurs émissions disproportionnées de dioxyde de carbone. Il n’en sera rien car Talake ne sera plus réélu. Jusqu’à présent, l’administration de George W. Bush refuse ratifier le Protocole parce qu’elle considère que cela freinerait l’économie américaine.
Lundi, sur I-Télé, l’économiste Joseph Stiglitz a attiré l’attention sur un autre génocide : chaque année, le gouvernement américain accorde 3 à 4 milliards de dollars par an à 25 000 producteurs de coton américains. Ceci provoque une chute du prix du coton qui font des millions de victimes dans les pays sous-développés.  
Al Qaïda a tort de terroriser le monde. On n’en concède pas. Ses actions, qui tuent surtout des civils innocents, ne font que provoquer une solidarité internationale en sa défaveur. Les Etats-Unis font mieux. Ils tuent des civils innocents à petit feu, sans s’attirer le courroux de la communauté internationale. C’est toute la différence entre l’axe du mal et la civilisation.

Randy Donny

J'ai écrit ce éditorial dans "Les Nouvelles" du 12 septembre 2006. En réaction, l'ambassade des Etats-Unis a envoyé le droit de réponse ci-dessus que j'ai, bien évidemment, publié sans problème. 

Antananarivo, 13 septembre 2006

OBJET : Droit de Réponse

C’était avec tristesse et déception que nous avons lu l’éditorial de M. Randy Donny dans l’édition de Les Nouvelles en date du 13 septembre 2006.  Le fait d’établir une équivalence morale entre les Etats-Unis et Al-Qaida est tout à fait erroné et insultant, d’autant plus que cela survient au cours de la semaine où nous commémorons dans le deuil le cinquième anniversaire du 11 septembre.  Un discours public responsable requiert des arguments prudents si l’on veut faire une remarque sur les faiblesses et les failles d’une politique, dont celle des Etats-Unis.  Cet éditorial absurde, au contraire, ne fait qu’apporter la honte au journal Les Nouvelles.  Pour rafraîchir la mémoire de M. Donny, ce jour là, des avions entièrement pleins de kérosène étaient délibérément dirigés vers des bâtiments pleins d’innocents, de 90 nationalités différentes, avec l’intention manifeste de causer autant de décès, de douleur, de chagrin et – évidemment – de terreur que possible.  Si l’on considère que cela équivaut au fait de ne pas ratifier le Protocole de Kyoto, la question suivante s’impose: M. Donny, savez-vous que la fumée qui émane de votre véhicule contribue aussi au réchauffement de la planète ?  Est-ce que cela fait de vous un meurtrier?  

L’Ambassadeur des Etats-Unis, le Premier Conseiller et les membres du Staff de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique.