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03/12/2008

Recul de Madagascar dans le classement mondial sur la démocratie

Après le classement sur la liberté de la presse par Reporters sans frontières, Madagascar y a brillé parMouton.jpg sa médiocrité, voici le classement mondial sur la démocratie. Là encore, Madagascar peut meeuh faire, comme disait la vache qui regarde passer le train. « The Economist », magazine respecté et respectable, je connais au moins quelqu’un à Madagascar qui le vénère, est à l'origine de ce classement dont j'ai connaissance que maintenant. Après avoir été classé 85è sur 167 pays en 2007, Madagascar rétrograde à la 90è place dans le classement fraîchement sorti en novembre 2008, derrière le Liban et devant Bangladesh. Madagascar y est classé parmi les pays dont la démocratie est considérée comme "hybride". Sadasada manan-tsoratra. Ca, c'est très malgache.

Voici le commentaire de MFI.

Ce 10 décembre marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’occasion de s’interroger sur les avancées de la démocratie dans le monde. Pour l’heure, 116 pays sur 167 de plus de 500 000 habitants respectent à des degrés divers les normes démocratiques. Pourtant, cette démocratisation marque le pas et 35 % de la population mondiale vivent toujours sous un régime autoritaire. La démocratie n’est jamais un acquis définitif : elle est régulièrement confrontée à des défis, comme l’actuelle crise économique et financière.

La démocratie progresse-t-elle dans le monde ?

Le 8 octobre dernier, Mohamed Anni Nashed – un ancien prisonnier politique – remportait contre toute attente l’élection présidentielle aux Maldives, mettant fin aux trente années de règne sans partage de Maumoon Abdul Gayoom, le plus ancien dirigeant en Asie. Quelques semaines auparavant, Fernando Lugo, surnommé « l’évêque des pauvres », était investi à la tête du Paraguay, sonnant le glas de soixante-et-un ans d’hégémonie du parti conservateur Colorado.

Ces deux exemples donnent à penser que la démocratie progresse dans le monde, et c’est effectivement le cas. Selon l’enquête réalisée chaque année par le magazine britannique The Economist, on compte aujourd’hui 116 pays (sur 167 étudiés) qui respectent globalement les normes démocratiques, soit 69,5 % de l’ensemble. Au milieu des années 1980, ce n’était le cas que de 46 % des pays concernés. Comme l’explique Laza Kekic, la responsable de l’enquête : « La fin des dictatures en Amérique latine et la chute du mur de Berlin ont permis de voir le nombre de démocraties progresser rapidement au cours des années 1990. Aujourd’hui, cette progression marque le pas. Le point positif est qu’on n’assiste pas à de graves retours en arrière. »

A partir d’un ensemble de critères tels que le mode de désignation du chef de l’Etat, les droits de l’opposition, les libertés publiques, la transparence des scrutins, la liberté de la presse, la participation électorale, la culture démocratique…, l’enquête de The Economist classe les pays en quatre catégories : démocratie réelle, démocratie perfectible, semi-démocratie (ou pays hybride) et régime autoritaire. Un type de classement toujours contestable, même si les critères retenus par The Economist se veulent aussi objectifs que possible. Ainsi, la Jordanie appréciera sans doute peu d’être considérée comme un régime autoritaire au même titre que la Birmanie, et on peut s’étonner de voir se côtoyer dans le même panier les mérites des démocraties danoise et américaine. Enfin, le Maroc (régime autoritaire) est-il vraiment moins démocratique que le Cambodge (pays hybride) ?

Selon cette enquête, on compte seulement trente démocraties réelles, représentant 14,4 % de la population mondiale. En tête du classement : la Suède, la Norvège et l’Islande. Dans cette catégorie, on compte vingt-et-un pays européens, les deux Etats nord-américains, deux latino-américains (l’Uruguay et le Costa Rica), deux asiatiques (le Japon et la Corée du Sud), un seul africain (l’Ile Maurice), ainsi que l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Cinquante pays sont considérés comme des démocraties perfectibles : quinze européens (la Pologne, la Roumanie, l’Estonie…), dix-huit latino-américains (le Brésil, le Pérou, le Salvador…), dix asiatiques (l’Inde, la Malaisie, les Philippines…), un Etat du Moyen-Orient (Israël) et six africains (le Cap-Vert, la Namibie, le Bénin…). Trente-six pays appartiennent à la catégorie des semi-démocraties. C’est le cas de l’Albanie, de la Russie et de l’Arménie (parmi sept européens) ; de l’Equateur, du Venezuela et d’Haïti (pour l’Amérique latine) ; de Singapour, du Bangladesh et du Népal (parmi huit asiatiques) ; de la Palestine, du Liban et de l’Irak (pour le Moyen-Orient) ; du Sénégal, du Ghana et du Burundi (parmi quinze pays africains).

Enfin, The Economist considère que cinquante-et-un pays sont des régimes autoritaires. Ils représentent 34,9% de la population mondiale. Les trois plus redoutables seraient la Corée-du-Nord, le Tchad et le Turkménistan. Avec vingt-six nations concernées, c’est l’Afrique qui domine cette catégorie. On peut citer : le Niger, le Gabon ou le Soudan, suivie de onze pays du Moyen-Orient (dont le Yémen, l’Arabie Saoudite, la Syrie…), dix pays asiatiques (la Birmanie, le Vietnam, le Laos…), ainsi que la Biélorussie et Cuba.

Atlas democratie.jpg

Quelles ont été les évolutions récentes dans ce domaine ?

Au chapitre des bonnes nouvelles, les progrès enregistrés dans trois pays d’Asie du sud : les Maldives, le Népal et le Bouthan. Aux Maldives, un opposant politique a mis fin au règne sans partage du chef de l’Etat en place depuis 1978. L’élection présidentielle a été transparente et le perdant n’a pas contesté le résultat.

Au Népal, la guérilla maoïste a déposé les armes après dix années de lutte, un accord de paix lui a permis de réintégrer le jeu politique et des élections législatives ont été organisées. L’ancien chef de la guérilla, Pushpa Karnal Dahal, a été nommé Premier ministre et la royauté abolie. En dépit des troubles politiques, le Népal connaissait de toute façon depuis longtemps une presse libre et le multipartisme, et on y trouvait des organisations non gouvernementales actives.

Enfin, le petit royaume himalayen du Bhoutan, qui se vante d’être le dernier shangri-la (« le dernier paradis sur Terre ») pour la préservation de son environnement, a organisé ses premières élections législatives en décembre 2007. Pour autant, le roi conserve son pouvoir, qui n’est pas synonyme d’atteintes aux droits de l’homme.

A noter enfin que la situation politique s’améliore au Pakistan, même si le pays est miné par la violence du fait de sa proximité avec l’Afghanistan. Le général Pervez Musharraf, qui s’était emparé du pouvoir par un coup d’Etat en octobre 1999, a démissionné et des élections législatives se sont tenues en février dernier.

Loin de l’Asie, le Paraguay a connu en 2008 sa première alternance politique en soixante-et-un ans. L’hebdomadaire de la gauche américaine, The Nation, espère que « Barack Obama corrigera les atteintes aux libertés publiques dont George Bush s’est rendu responsable, notamment au nom de la lutte contre le terrorisme. Qu’il s’agisse des écoutes téléphoniques sans autorisation, des personnes emprisonnées à Guantanamo sans inculpation, du poids croissant dans la vie publique des évangélistes intégristes ou de la dévalorisation du travail au profit du grand capital ». Il serait toutefois excessif de prétendre que les Etats-Unis d’Amérique ont cessé d’être une démocratie sous George Bush.

En Afrique, l’étude de The Economist accorde l’évolution la plus positive à la Sierra Leone, passée d’un régime autoritaire à une semi-démocratie grâce à l’élection en septembre 2007 de l’opposant Ernest Bai Koroma. « Une élection honnête et exempte de violences », note l’hebdomadaire britannique. La mise en place du Tribunal spécial international chargé de juger les responsables de la guerre civile qui a ravagé le pays de 1991 à 2002 contribue aussi à renforcer les institutions.

La démocratie a-t-elle connu de graves revers récemment ?

Les optimistes souligneront qu’aucune démocratie n’a sombré dans la dictature ces dernières années. Pour autant, le nombre de pays réellement démocratiques ne progresse pas : il est toujours de trente depuis 2005, représentant une petite minorité de la population mondiale. The Economist a par ailleurs rétrogradé quatre états du statut de démocraties perfectibles à celui de semi-démocraties. C’est le cas du Bangladesh, dirigé par un gouvernement « provisoire » qui a imposé l’état d’urgence depuis janvier 2007, alors que ce pays s’est longtemps vanté d’être un parangon de démocratie dans un contexte de grande pauvreté… De son côté, Hong-Kong subit une pression croissante de Pékin : la presse y est moins libre, le Parlement moins représentatif, les institutions davantage contrôlées… Les violences entre le Fatah et le Hamas dans la bande de Gaza, qui contraignent l’Autorité palestinienne à se réfugier en Cisjordanie, valent aussi à la Palestine de perdre des points… Enfin, le Mali est moins bien noté du fait des atteintes à la liberté de la presse et de l’insécurité croissante liée à l’insurrection dans le nord du pays.

Le Nicaragua pourrait suivre le même chemin. Réélu en novembre 2006, le président Daniel Ortega affirmait avoir « rompu avec le marxisme-léninisme » mais on assiste ces derniers mois à une concentration extrême du pouvoir et à une pression croissante sur les médias. La violence des gangs menace aussi la stabilité des institutions.

Ailleurs, du Zimbabwe à la Tunisie, en passant par l’Iran, le Tadjikistan ou le Congo, si les pays ne sont pas plus dictatoriaux, ils ne sont pas non plus davantage démocratiques. Comme le confiait au magazine Newsweek Vidar Helgesen, le secrétaire général de l’Institut international pour la démocratie et le droit électoral, basé à Oslo : « La situation politique au Moyen-Orient ne s’améliore pas. L’espoir suscité par les révolutions de couleurs dans plusieurs ex-pays soviétiques est en train d’être déçu, et les tendances autoritaires s’aggravent en Russie. En Amérique latine, les progrès ont été extraordinaires tout au long des années 1990 mais on assiste aujourd’hui à un retour du populisme, des atteintes à la liberté de la presse et aux droits des associations. L’ampleur des inégalités sociales pose aussi problème. Cela prouve que la démocratie n’est jamais un acquis définitif. » Un avis partagé par Laza Kekic, la responsable de l’enquête de The Economist : « Les discours contre les immigrés en Europe, notamment en Autriche, au Danemark et aux Pays-Bas, représente potentiellement une menace contre les normes démocratiques. De même, en Europe de l’Est, après l’enthousiasme de la chute du communisme et de l’adhésion à l’Union européenne, on assiste aujourd’hui à une radicalisation des idées et à une vague populiste, qui démontrent la faiblesse de la culture démocratique dans cette région

Planisphère democratie.jpg

La démocratie reste-t-elle un modèle dans le monde ?

Selon une enquête menée en 2006 par le Programme des nations unies pour le développement (Pnud), les habitants de la majorité des pays se disent partisans de la démocratie, souvent associée à un meilleur accès aux soins, à l’éducation, à une moindre corruption, à de la promotion sociale. « C’est pourquoi on ne peut plus imaginer un régime démocratique sombrer dans la dictature, ou alors pas longtemps. Le sens de l’Histoire conduit inéluctablement vers la démocratie », assure Vidar Helgesen. Sociologue au Centre de recherche politique de Delhi, Ashish Nandy estime pour sa part que « l’Inde est présentée abusivement comme la plus grande démocratie du monde. C’est au mieux la plus peuplée, et notre régime politique reste imparfait. Cela dit, si un pays aussi divers et inégalitaire que l’Inde n’a jamais été une dictature, c’est parce que les plus pauvres ont toujours eu l’espoir d’améliorer leur sort grâce à leur bulletin de vote, qu’ils n’hésitent pas à renvoyer un député qui ne travaille pas pour sa circonscription. La démocratie permet de se projeter dans l’avenir, d’où la stabilité du pays. » De son côté, le politologue américain Francis Fukuyama, cité par Le Monde, souligne que « les gouvernements autoritaires d’aujourd’hui ont peu de points communs entre eux. A la différence du passé, aucun ne possède la combinaison de force, de cohésion et d’idées requise pour dominer le monde. Aucun ne rêve d’abattre l’économie mondialisée. Le modèle n’est pas de leur côté ».

Et pourtant… Vladimir Poutine atteint des records de popularité dans une Russie où l’opposition n’a plus droit de cité, où les médias sont aux ordres, où les gouverneurs ne sont plus élus mais nommés, où l’armée commet les pires exactions en Tchétchénie. Vladimir Poutine apparaît comme un homme fort, qui restaure l’honneur de la Russie et qui favorise la croissance économique. « Le culte de l’homme providentiel, qui restaure l’ordre et la prospérité, même au prix d’entorses à la démocratie, n’a pas disparu. On le voit en Russie, et en Colombie avec Alvaro Uribe. Le besoin de débats d’idées, de respect de la liberté à tout prix est une notion occidentale. Même les Américains, au nom de la lutte contre le terrorisme, ont accepté que les libertés publiques soient rognées », souligne Pascal Pétillon, chercheur en relations internationales au CNRS. Pour Zaki Laïdi, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, cité par Le Monde : « Avoir mené la guerre en Irak en affirmant vouloir y implanter la démocratie a porté un coup très dur au modèle démocratique occidental. Il suffit de se rappeler le scandale de la prison d’Abou Ghraib. La démocratie ne s’exporte pas. Même les citoyens d’un régime autoritaire défendront leur souveraineté face à la tentative d’imposer un autre modèle de l’extérieur. En outre, le “deux poids deux mesures” qui fait qu’un dictateur en Irak est un ennemi mais un autre en Arabie Saoudite un ami, décrédibilise la prétention des Etats-Unis d’imposer leur modèle. »

Dans un autre registre, The Jakarta Post s’interrogeait récemment : « Dix ans après la fin de la dictature de Suharto, la démocratie progresse en Indonésie… mais l’intégrisme islamique aussi. La corruption reste forte et l’économie se dégrade, au point que beaucoup d’Indonésiens se demandent si la démocratie n’est finalement pas plus un mal qu’un bien. »

Jean Piel

 

 

18/11/2008

Triches et manipulations

L’histoire de toute société jusqu'à nos jours est une histoire de manipulations. Si certains essaient d’égarer l’opinion en posant des faux problèmes comme la primauté entre la poule et l’œuf (que l’on soit créationniste ou évolutionniste, bien sûr que c’est la poule), d’autres font carrément dans l’invention pour induire les gens en erreur pour des raisons que souvent l’histoire elle-même oublie. Quelques exemples qui nous sont proches.

Récupération : Andrianampoinimerina n’est pas Andrianampoinimerina

Andrianampoinimerina (1745-1828), c’est ce roi qui a su habilement unir le pays merina, à l’époque un réservoir d’esclaves vers les côtes, afin de contrebalancer la domination sakalava dont les princes squattaient aux portes d’Iarivo (Ambohidratrimo, Antsahadinta…) pendant des siècles. Tout le monde a déjà vu le portrait d’Andrianampoinimerina drapé dans un lamba blanc devant sa case en falafa (pardon, en bois), arborant une touffe rasta sur la nuque, un « felana » sur le front et la sagaie au vent. Et bien, ce portrait est un faux. Non, je déconne, le portrait n’est pas faux. C’est le fait qu’on dise que c’est le portrait d’Andrianamponimerina qui est faux. Tous les historiens le savent. Curieusement, on continue d’enseigner dans les écoles que c’est le portrait d’Andrianampoinimerina, lequel continue également d’être exposé dans les musées. Dans quel dessein ?

« Le Nampoina de notre enfance, drapé de lamba et brandissant une sagaie, tel qu'il est représenté sur un tableau heureusement sauvé de l'incendie du "rova", n'est pas Nampoina. En tout cas, il ne correspond pas à la description du roi laissée par Hugon, le seul témoin qui ait laissé des écrits de ses voyages en Imerina, en 1808. Selon des recherches, le tableau représente, en fait, un brave guerrier de la baie de St-Augustin. Surnommé Tom Brava par les Anglais qui fréquentaient alors l'endroit, il a été pris par erreur pour Andrianampoinimerina. Depuis, le tableau est entré dans l'histoire » ai-je écrit dans « L’Express de Madagascar » le 04 décembre 2002.

Manip pour manip, voici le dessin d’un leader de l'opposition dont le come back politique se fait en toute discrétion : Lahiniriko dans la peau du faux Nampoina. Après tout, le portrait est celui d’un gars du Sud, non ?

Andrianampoinimerina.jpg

Photoshop : Radama non plus…

L’histoire de Madagascar est une succession de lutte sanglante pour la prise de pouvoirs. Après quelques meurtres, par étouffements ou noyades, et des exils politiques, le fils de Nampoina, Radama I, lui succède sur le trône. Lui aussi, tout le monde connaît son portrait. Et bien, c’est également un faux. Ou plutôt à moitié. Car seul le visage y est authentique. Et encore : Radama I lui-même trouve que ce n’est pas ressemblant.

« J’ai commencé le portrait de Radama qui vient poser le matin lorsque les plaisirs de la nuit ne le retiennent pas trop au lit», écrivait celui qui est à l’origine du portrait, le Français Coppalle, en 1825. Pour montrer aux yeux des étrangers qu’il est « civilisé », Radama I s’est fait couper ses longs cheveux et s’est fait enlever les boucles d’oreilles qu’il portait comme tout « LavRadama_1er.gifasofina » qui se respecte. Fan de Napoléon, il a ordonné à Coppalle de lui faire porter l’uniforme d’un officier de l’Empire sur le portrait. Du photoshop artisanal. Lorsque l’artiste eut fini, le roi le congédia. Il estime que le dessin ne lui ressemble pas. Voici donc, ci-contre à droite, un Radama plus ressemblant, en costume traditionnel.

 

Démagogie : un Z qui cache un zéro

Ambohimalaza, situé à quelques kilomètres de Tana, est un village réputé par l’endogamie de ses habitants. Parmi ses ressortissants stars figurent mon ancien patron, l’homme d’affaires Edgard Razafindravahy, qui a racheté « L’Express de Madagascar » en 2003. Fuyant le régime Ravalomanana, il est actuellement installé à Maurice. Sur un site web parlant d’Ambohimalaza, j’étais assez surpris par ses connaissances en histoires. Il y parle d’Andriantompokoindrindra dont la lignée forme une noblesse jalouse de ses racines. J’aurais pu m’arrêter là si le concepteur du site ne s’est pas aventuré à une manipulation pure et simple, à laquelle s’ajoute une démagogie de bas étage.

Sur une pierre, la lettre Z de « tanindrazana » (pays des ancêtres) a été effacé pour on ne sambohimalaza-tsarovy-ny-tanindrana.jpgait quelle raison. Patine des temps ou volonté délibérée d’un Paoiste ? Toujours est-il que par cette magie, l’inscription « tsarovy ny tanindrazana » devint « tsarovy ny tanindrana », comme on peut très bien le voir sur la photo en haut à droite. Quoi qu’il en soit, ceci est à l’origine de cette inspiration parfaitement débile du concepteur du site : « l'ouvrier qui a confectionné ce couvercle de béton et gravé  "Tsarovy ny tanindrana"  n'oubliez pas les côtiers ne manquait pas d'humour quand on sait que la colline est un haut lieu historique pour les nobles de l'imerina et que la rivalité hauts plateaux et côtiers est encore trop souvent présente ».

Soit il est aveugle et n‘a pas vu l’effacement délibéré du Z, soit c’est lui-même qui l’a fait par un moyen ou un autre. Et dernière erreur : les géographes ne disent plus hauts plateaux, mais hautes terres, pour parler de l’Imerina, un pays de moutonnement de collines. Le plateau le plus proche se trouve dans le Tamponketsa. Sinon, il faut aller dans l’Ihorombe. Les braves guerriers, et accessoirement voleurs de zébus, bara sont les vrais « hauts plateaux ».

Fake: achtung ! ceci est un faux

Nous avons réservé le meilleur pour la faim, celle qui justifie les moyens. Fake signifie truquer. Avec les nouvelles technologies, c'est de plus en plus aisé. En voici un exemple, à titre purement illustratif, de la part d'un Paoiste anonyme. En 2002, au plus fort de la lutte finale entre Ravalomanana et l'ancien président Didier Ratsiraka (un duel à K.O. Corral dont Mugabe et Tsivangirai vont faire un remake), Ratsiraka a traité Ravalomanana, Arte en possède le documentaire que j'ai vu, de "nazi, un fasciste" (sic). Et foilà le trafail !

Marc Ravalomanana.jpg

Je viens de découvrir un intéressant site de fake, par ici

Ambohidrabiby : monstrueux

Enfin, dernière découverte, la photo ci-dessous prise par des étudiants en voyage d'études au "musée" d'Ambohidrabiby. Il représente des figures de rois et princes prédécesseurs d'Andrianampoinimerina. Si pour ce dernier, personne ne peut affirmer avec certitude comment il était, il est evidahoazy mazavamment que c'est impossible pour ceux qui ont vécu avant lui. Ceci est donc une pure invention de l'esprit. Une monstrueuse manipulation historique par excellence, propre à égarer les esprits. On ne peut nullement accepter de montrer ça au public.

Ambohidrabiby.JPG

Psst !

Dans les commentaires qui suivent, je répond à Pakysse qui m'a tagué sur "Pourquoi bloguer sur l'Afrique". Ma réponse est cité sur Rue89. Merci à Joan de l'avoir signalé.

06/11/2008

Et Michelle créa Obama

Absorbé par les soutenances de mémoires à l’université catholique Essva d'Antsirabe où je travaille, 21 séances en une semaine, je n’ai pu Michelle Obama.jpgréagir à temps à la victoire de Barack Obama. Je ne vais plus répéter ce que l’on a déjà dit à satiété. Bien sûr que c’est une victoire historique. Changera-t-elle pour autant la face du monde ? Elle changera d’abord la couleur des locataires de la Maison-Blanche. Ce qui est déjà un bon début.

A présent qu’il est élu, le monde entier verra enfin qui est véritablement Barack Obama, hors du relooking et du photoshop de la campagne. Après tout, W lui aussi était un nullard avant d’être celui dont l’Histoire retiendra les actions. Sharon Stone aurait dit au philosophe français Bernard-Henri Levy que W, raté et ivrogne, ne voulait pas entrer en politique. Que c’était sa femme qui l’y a poussé. On ne sait si Obama détestait la politique. Ce que l’on sait est que c’est sa femme, Michelle, qui rime avec très belle, qui l’a introduit dans le milieu politique. On dit que derrière chaque grand homme se trouve une femme. Michelle gagnait le double d’Obama mais a accepté de réduire ses activités professionnelles pour le besoin de la campagne électorale. Et si elle plaisante souvent à propos de son mari, de ses grosses oreilles et de ses pieds puants, ce qu’elle l’aime avant tout comme un homme et ne le considère pas comme un Superman qui aurait une potion magique pour faire redécoller l’économie américaine. Ce portrait que le magazine « Elle » a fait d’elle pendant la campagne apporte un nouvel éclairage sur le personnage du désormais 44è président des Etats-Unis. Dans le Manakara de mon enfance, quand on jouait au loto, le chiffre 44 est appelé « tômôbily rebaky ». Une voiture cabossée. Gageons que la biplace Obama arrivera à bon port au bout des quatre ans du premier mandat.

Il y a un an, Michelle Obama, 44 ans, n’avait pas spécialement envie d’inscrire son nom dans les livres d’histoire. Sa vie lui plaisait, raconte-t-elle. Barack, 46 ans, sénateur de l’Illinois, passait la semaine à Washington et rentrait retrouver Malia, 9 ans, et Sasha, 6 ans, le week-end à Chicago, sa ville à elle. Elle jonglait entre les activités des petites (danse, piano, foot) et son emploi du temps de vice-présidente des hôpitaux de l’université de Chicago. Elle gagnait très bien sa vie – 325 000 dollars par an –, le double de lui. Elle se levait à 4 heures et demie pour pouvoir courir et faisait tourner la maisonnée à coups de programmes accrochés sur le frigo. Mais tout ça, c’est fini. « Rien ne bouleverse plus la vie qu’une campagne », dit-elle avec une pointe d’ironie.

Et s'il se faisait assassiner ?

Elle le savait et y a mûrement réfléchi avant de donner son feu vert à Barack Obama. Elle avait peur de l’impact sur leurs filles, peur qu’elle n’ait à faire passer sa carrière derrière la sienne, peur que la politique ne les broie, lui et son bel idéalisme. Leurs amis s’inquiétaient des risques, comme nombre de supporters qui, à la fin des réunions, lui font part de leur pire cauchemar : et s’il se faisait assassiner ? « C’est toujours dans un coin de la tête de tout le monde, reconnaît le frère de Michelle, Craig Robinson. Mais vous ne pouvez pas passer votre vie à vous inquiéter. » Michelle Obama refuse d’y penser. Les services secrets les protègent, un garde du corps musclé à oreillette se trouve toujours à moins de cinq mètres d’eux. Les gamines les ont surnommés les « secret people », « les gens secrets ».

Iowa, New Hampshire, Caroline du Sud...

« Mais la raison pour laquelle j’ai dit oui, a-t-elle expliqué cet été lors d’un meeting, c’est que je n’en peux plus de cette peur. Je suis fatiguée de vivre dans un pays où toutes les décisions que nous avons prises ces dix dernières années sont motivées par la peur. Peur de ceux qui ont l’air différents, peur de ceux qui pensent et croient autrement, peur les uns des autres. Je ne veux pas que mes filles grandissent dans un pays et un monde qui a peur. » Elle a posé une condition : qu’il arrête de fumer. Puis elle a réduit son temps de travail à 20 % et s’est mise à faire campagne, seule, doublant l’impact de leur force de conviction. Autant qu’elle le peut, elle fait des voyages éclairs d’une journée dans les Etats clés pour l’élection. En Iowa, dans le New Hampshire, en Caroline du Sud... Elle fait lever les filles, file à l’aéroport et rentre à temps pour les coucher. La difficulté d’être mère sans renoncer à sa carrière. Au début, elle faisait même entrer les gens dans leur chambre à coucher. Elle racontait que Barack ne fait pas le lit et laisse traîner ses chaussettes. Ou que les filles ne veulent pas l’embrasser le matin parce qu’il ne sent pas bon. L’éditorialiste du « New York Times », Maureen Dowd, lui a reproché d’« émasculer » le candidat. Elle en parle un peu moins, mais s’amuse toujours de son drôle de nom et de ses grandes oreilles.

Des pointes d'humour caustique

Personne n’imagine Laura Bush ou Nancy Reagan raconter que leurs maris puent des pieds... Mais ce ne sont pas des gaffes. Michelle Obama est une oratrice presque aussi douée que son charismatique mari, tenant les salles en haleine et brisant la tension avec des pointes d’humour caustique. Ce qu’elle veut faire comprendre aux Américains, c’est que les Obama sont comme eux, les pieds sur terre, ancrés dans la réalité. Que les discours de Barack sur l’espoir qui déplace des montagnes et peut changer l’Amérique ne sortent pas des livres, mais d’un vécu. Qu’ils sont peut-être des idéalistes, mais pas des illuminés. « C’est un homme de talent, dit-elle. Mais, au final, juste un homme. » Elle ne veut pas que Barack prenne la grosse tête et elle rappelle aux électeurs qu’il n’est pas « le messie qui va régler tous les problèmes de l’Amérique ».

Des origines modestes

Michelle Obama est née dans une famille modeste de South Side, un quartier noir de Chicago. Son père, atteint d’une sclérose en plaques, travaillait pour le service des eaux, sa mère pour une banque. Quand Craig, son frère aîné, est entré à Princeton, la jeune Michelle s’est dit : « Pourquoi pas moi ? Je suis plus intelligente. » « Elle a horreur de perdre », s’amuse son frère. Elle est aussi brillante. Après Princeton, elle a fait son droit à la prestigieuse université de Harvard, où elle ne s’est jamais vraiment sentie intégrée en tant qu’étudiante noire. Elle a ensuite rejoint un cabinet d’avocats d’affaires. C’est là que, un été, son chef lui a demandé de superviser un jeune prometteur, Barack Obama. « Je l’ai trouvé charmant, drôle, plein d’humour et mignon, sérieux sans trop se prendre la tête », racontet- elle en meeting. Quatre ans plus tard, ils se mariaient. Après la mort de son père, elle a décidé que la vie était trop courte. La jeune avocate a laissé tomber son gros salaire et contacté le cabinet du maire de Chicago, qui lui a proposé un boulot dès son premier entretien. C’est la chef de cabinet, devenue leur meilleure amie et alliée, qui a introduit Barack dans le milieu politique de l’Illinois. Grâce à elle, il a tissé le réseau qui lui a permis d’être élu au congrès de l’Etat et au Sénat à Washington. Puis Michelle a aidé ce fils d’un père kényan et d’une mère blanche du Kansas, trimballé jusqu’en Indonésie par sa mère puis élevé par ses grands-parents à Hawaï, à planter ses racines dans la communauté noire de Chicago et il a découvert la stabilité qu’il veut assurer à ses propres enfants.

Un atout et un handicap

Michelle est son ancre. « Veuillez accueillir l’amour de ma vie et le socle de la famille Obama », dit-il en la présentant au public. Belle et élégante, avec dans son style des réminiscences de Jackie Kennedy (les robes ajustées, les colliers de perles), elle est un atout pour le sénateur de l’Illinois. Mais aussi un handicap : si les électeurs blancs peuvent oublier qu’il est noir, quand elle monte sur scène avec ses deux filles, le doute n’est plus permis. Avec son profil et sa franchise, Michelle Obama ne ferait pas une First Lady ordinaire. Mais, contrairement à Bill Clint on qui avait fait campagne en 1992 en promettant qu’en l’élisant les Américains en auraient « deux pour le prix d’un », elle ne se voit pas jouer un rôle prééminent à la Maison-Blanche. « Nous parlons de tout, a-t-elle expliqué au magazine ”Time”. Mais je ne suis pas son conseiller politique. Je suis sa femme. » Un petit coup de griffe à Hillary qui s’est mêlée des affaires politiques de la Maison-Blanche. Mais qui a aussi ouvert la porte à des Premières Dames modernes et indépendantes comme pourrait l’être Michelle Obama.

Isabelle Duriez

La version complète est ici.

22/10/2008

Madagascar fait du yo-yo avec la liberté de la presse

Madagascar figure à la 94è place ex aequo avec le Burundi (!!) sur le classement annuel de la liberté de la presse établi par Liberté de la presse.pngReporters sans frontières (RSF). Il s'agit de la deuxième plus mauvaise performance de Madagascar en la matière depuis l'établissement de ce classement en 2002. Cette année là, la Grande île était classée 65è sur 139 pays, puis 46è sur 166 pays entre le Japon et le Cap Vert en 2003, chute libre à la 72è place sur 167 pays, entre le Niger et le Burundi en 2004, regression confirmée en 2005 à la 97è place entre la Jordanie et la Turquie, avant de se ressaisir en 2006, 66è entre Centrafrique et le Togo, puis 62è ex aequo avec le Hong-Kong en 2007.

La progression de Madagascar, en 2007, a suscité l'ire des défenseurs locaux de la liberté de la presse pour qui Madagascar ne mérite pas cette place après une série d'expulsions de journalistes étrangers, de fermeture de stations de radio et des censures déguisées, pour ne pas dire menaces, sur des journalistes un peu trop entreprenant. Le commentaire de RSF, ci-dessous, a été quelque peu "chamboulé" par mes soins, mais sans que j'y ai changé une virgule.

 

Ce n'est pas la prospérité économique, mais la paix qui garantit la liberté de la presse. Tel est l'enseignement principal du classement mondial de la liberté de la presse, établi comme chaque année par Reporters sans frontières, et dont l'édition 2008 est rendue publique le 22 octobre. L'autre conclusion tirée de cette liste, où l'on trouve une nouvelle fois en dernière place le "trio infernal" Turkménistan (171e), Corée du Nord (172e), Erythrée (173e), est que le comportement de la communauté internationale envers des régimes autoritaires comme Cuba (169e) ou la Chine (167e) n'est pas assez efficace pour donner des résultats.

L'autre maladie qui ronge les démocraties et leur fait perdre du terrain dans ce classement est la corruption. Le mauvais exemple de la Bulgarie (59e), toujours lanterne rouge de l'Europe, rappelle que le suffrage universel, le pluralisme des médias et quelques garanties constitutionnelles ne sont pas des critères suffisants pour parler valablement de liberté de la presse. Encore faut-il que le climat soit favorable à la circulation de l'information et à l'expression des opinions. Les tensions sociales et politiques au Pérou (108e) ou au Kenya (97e), la politisation des médias, comme à Madagascar (94e) ou en Bolivie (115e), ou encore les violences dont sont victimes les journalistes d'investigation au Brésil (82e), sont l'illustration de ce poison qui gangrène les démocraties émergentes. Et le fait que ceux qui , dans une totale impunité, enfreignent la loi pour s'enrichir, et punissent les journalistes "trop curieux", est un fléau qui maintient plusieurs "grands pays" à des positions honteuses (le Nigeria est 131e, le Mexique, 140e, l'Inde 118e).

La liste établie pour la période allant du 1er septembre 2007 au 1er septembre 2008 met non seulement en évidence la place prééminente occupée par les pays européens (les 20 premières places sont tenues par les pays de l'espace européen, à l'exception de la Nouvelle-Zélande et du Canada), mais également la position très honorable de certains pays d'Amérique centrale et des Caraïbes(…) Les petits pays caribéens se classent même bien mieux que la France (35e), qui recule encore cette année en perdant quatre places, ou que l'Espagne (36e) et l'Italie (44e), deux pays toujours plombés par la violence mafieuse ou politique. Selon les critères retenus pour ce classement, il ne manque qu'un point à la Namibie (23e), un grand pays pacifié d'Afrique australe, qui se classe cette année en tête des pays africains devant le Ghana (31e), pour entrer dans le peloton des vingt pays les mieux classés.

Le point commun des pays du peloton de tête, aux disparités économiques immenses (le ratio entre le PIB par habitant de l'Islande et celui de la Jamaïque est de 1 à 10), est d'être gouvernés par un système démocratique parlementaire. Et, surtout, de n'être pas engagés dans une guerre.

Or, tel n'est pas le cas pour les Etats-Unis (36e sur le territoire américain, 119e hors territoire américain), Israël (46e sur le territoire israélien, 149e hors territoire israélien), où, pour la première fois depuis 2003, un journaliste palestinien a été tué par des tirs de l'armée.

La répression de l'Internet est également l'un des révélateurs de ces tabous tenaces. En Egypte (146e), des manifestations initiées sur Internet ont agité la capitale et inquiété le gouvernement, qui considère aujourd'hui chaque internaute comme un danger potentiel pour le pays. L'usage du filtrage est chaque année plus important et les Etats les plus répressifs n'hésitent pas à emprisonner les blogueurs. Si la Chine reste première au palmarès des "trous noirs du Web", déployant des moyens techniques considérables pour contrôler les internautes, la Syrie (159e) est devenue championne régionale de la cyber-répression. La surveillance y est tellement poussée qu'après la moindre publication critique, l'arrestation n'est qu'une question de temps.

18/10/2008

Obama, principal bénéficiaire de la crise ?

 

Cela fait des mois que je voulais envoyer ce post. Mais comme j’avais encore une petite affaire à traiter avec l’ambassade des Etats-Unis, je me suis retenu pour éviter qu’il y ait interférence. Maintenant que le 4 novembre avance à grand pas, je me suis décidé finalement à le publier pour éviter d’être taxé d’opportuniste. Voici donc mon point de vue sur Barack Hussein Obama.

En tant que black, je ne peux souhaiter qu’il soit élu. Mais je fais déjà une connerie là car en démocratie, on ne doit pas voter suivant des considérations de couleurs de peau ni d’origine. De toute façon, je ne peux voter car je ne suis pas Américain. Obama si. Dans sa tête, il est Américain avant tout. Les Africains éclairés ne s’en font pas d’illusions. De toute façon, Obama lui-même évite autant que possible de parler de son côté africain.

Les ancêtres kenyans d’Obama sont des rois et des nobles guerriers. Et non des esclaves comme la plupart des noirs transportés aux Etats-Unis. Malgré tout, Obama n’est pas tranquille. Sa famille paternelle est musulmane. Et dans un Amérique traumatisé par le 11 septembre, l’Islam renvoie une image de grosses fumées noires où certains croient avoir vu le visage du diable. Voilà pourquoi, pour le besoin de la campagne électorale, Obama ne mentionne jamais son deuxième prénom et essaie de cacher le fait qu’il était musulman dans son enfance en Indonésie, là où viennent les ancêtres des Malgaches. Le petit Hussein a fréquenté une école coranique et est capable de réciter des versets du Coran avec les mélodies et sans accents. A l’école catholique où il était inscrit, sa fiche mentionnait « musulman ». C’est ici.

Cette attitude de Barack Hussein Obama est à double tranchant. Pour lui. Aux yeux des électeurs, ce mensonge n’est pas digne de quelqu’un à qui l’Amérique doit avoir confiance. Aux yeux des musulmans, ce déni fait de lui un apostat qui ne fera qu’amplifier encore la haine des extrémistes à l’égard de la Maison-Blanche dont le locataire, si Obama est élu, est quelqu’un qui a renié l’Islam.

Avec son faramineux budget de campagne, le staff de Barack Hussein Obama préfère mettre en avant les origines européennes de sa mère, irlandaise et germano-alsacienne, dont l’arbre généalogique fait de Barack Hussein Obama un cousin au 9è degré de Brad Pitt, sans omettre des parentés lointaines avec six présidents des Etats-Unis (… dont les Bush) et des aïeux ayant combattus pour l’Indépendance des Etats-Unis, mais également des militaires sudistes, voire des propriétaires d’esclaves. L’explication tient en quatre lettres : WASP. En plus de deux cent ans d’indépendance, les Américains ont toujours voté pour un white, anglo-saxon et protestant. A l’exception de Kennedy, white, Anglo-saxon mais catholique.

Barack Hussein O’bama, mi-white mi-raisin avec un soupçon d’Anglo-saxon et protestant déclaré, sera-t-il le deuxième de la liste ? Sa victoire est conditionnée par deux facteurs importants : la crise financière qui retournerait la masse populaire américaine contre les Républicains, à l’origine du « capitalisme fou », à laquelle s’ajoute une solidarité retrouvée des Démocrates dont les sympathisants d’Hillary Clinton décideraient finalement de rallier Obama. Kennedy a marqué un tournant dans la civilisation américaine avec le concept de « New frontier ». Obama bénéficiera-t-il du nouveau tournant amorcé par la crise ?

A l’aube du 2ème mandat de W, le monde sensé s’est ligué contre l’invasion de l’Irak et Michaël Moore s’est écrié : « on peut faire la révolution ! » pour exhorter les gens à voter en faveur de John Kerry. Mais l’immense succès de «Fahrenheit 9/11» n’a pas débouché sur une révolution. Il existe des « racines culturelles » au vote américain, comme je l’ai écrit alors dans un article publié en 2004, ci-dessous, que j’ai déterré dans mes archives.

"Les racines culturelles du vote américain"

« Les Américains ne votent jamais pour quelqu’un. Généralement, ils votent contre quelqu’un ». Les propos, tenus avant le jour J de l’élection américaine, sont du chanteur du groupe de rock Placebo, Brian Molko, un monstre d’ambiguïté aussi bien sur le plan sexuel qu’identitaire avec une double nationalité, anglaise et américaine. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un choix unique en matière électoral. Le sulfureux rocker est partisan du changement. « Il fut un moment où je voulais détruire mon passeport américain, mais j’ai finalement décidé de le garder afin de pouvoir continuer à émettre des opinions », a-t-il confié. Les Nouvelles.jpg

L’opinion des Américains est fait : ils ont voté contre John Kerry. Les « busheries » vont donc continuer. Ce scandale, pour la partie du monde sensée, s’inscrit pourtant dans la logique d’une continuité de l’histoire américaine qui tire ses raciens culturelles majeures de quatre lettres : WASP. « White, Anglo-Saxon, Protestant ». Depuis la fondation des Etats-Unis, il y a plus de deux siècles, tous les présidents qui se sont succédé étaient WASP, à l’exception de John Kennedy, lequel ne satisfaisait pas à la dernière lettre puisqu’il était catholique. On sait ce qu’il lui est arrivé. John Kerry est également catholique (…) De pus, John Kerry a ce désavantage de ne pas être Anglo-Saxon ».

Randy Donny in « Les Nouvelles » du jeudi 4 novembre 2004, p. 8

Voici les liens qui unissent quelques célébrités autour de W. Faites un copier-coller pour le voir en entier. Sinon, c'est dans le "New York Post"

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