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11/11/2009

Il reste encore des murs à faire tomber

Quand on me parle de mur de Berlin, j'ai surtout en souvenirBerlin.JPG les images que j'ai vu, étant enfant, dans le "Mémorial de Notre Temps" de "Paris-Match" dont j'ai redécouvert les tomes empilés sur un... lit de la maison familiale lors du week-end de Toussaint. Parmi ces images figurent celui de ce soldat est-allemand de 19 ans qui franchissait les barbelées de Bernauer-Strasse pour rejoindre sa fiancée restée à l'Ouest. C'était le mardi 15 août 1961.

Le mur n'est plus. Mais le plus honteux des murs est toujours là. Dans la tête des gens. Comme l'apartheid. Ou la crise à Madagascar

(MFI) Quoi que vous ayez fait, vous n'y avez pas échappé ! La commémoration du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin est une affaire planétaire. Et l'Afrique ferait mieux d'en tirer sa part d'enseignements, plutôt que de se contenter d'admirer le spectacle.

Dès décembre 1989, au Bénin, le général Mathieu Kérékou, à bout de souffle, accepte de mettre fin au parti unique, et donc au marxisme-léninisme qu'il impose alors comme religion d'Etat. La conférence nationale des forces vives, qu'il concède, en février 1990, le dépouille de toutes ses prérogatives. C'est donc au cœur des bouleversements engendrés par la chute du Mur qu'est née la démocratie béninoise, aujourd'hui une des plus crédibles d'Afrique francophone.

Que dire de la fin de l'apartheid ? Certes, le régime ségrégationniste était déjà bien affaibli par les sanctions internationales. Mais il a fallu que surgisse, à Pretoria, un Gorbatchev sud-africain (Frederik De Klerk), pour faire comprendre aux siens que l'horizon était bouché pour tout système politique reposant sur l'oppression des hommes. Dans le sabordage de l'apartheid, le premier acte posé par De Klerk est la libération de Nelson Mandela, en février 1990

Un homme qui n'a cédé sur aucune revendication de son peuple

Voir cet homme sortir libre, après vingt-sept ans, sans avoir cédé sur une seule des revendications de son peuple, galvanise les foules, d'un bout à l'autre du continent. Et c'est dans ce contexte que François Mitterrand tient, le 20 juin 1990, son fameux discours de La Baule, conditionnant le soutien et l'aide de la France à la démocratisation. Les populations africaines se sentent autorisées à défier les dictateurs, et cela fait quelques jolis dégâts.

Les conférences nationales se succèdent alors, avec plus ou moins de bonheur. Mobutu, Bongo, Houphouët-Boigny, Eyadéma, les plus redoutables des dinosaures parviennent à sauver leur peau. Mais au Bénin, en Centrafrique, au Congo Brazzaville, à Madagascar, au Mali et au Niger, les élections se soldent par une alternance. Un record, tout simplement inimaginable, aujourd'hui ! Et vingt ans après, tout cela laisse un amer goût de paradis perdus, avec de douloureuses désillusions.

Ce vingtième anniversaire de la chute du Mur aurait dû être une occasion, pour chaque peuple, d'apprécier ce qu'il a fait de ces vents favorables, qui étaient autant d'opportunités historiques ; de s'interroger sur sa capacité à saisir l'Âme du temps, non pas en singeant les autres, mais en s'inspirant de leurs expériences, pour tirer le meilleur de son génie propre. C'est en cela que le silence de l'Afrique, à ce moment précis, est consternant.

Jean-Baptiste Placca



 

06/10/2009

Crise : Les erreurs de la communauté internationale

L’Histoire jugera, a-t-on l’habitude de dire. Avec le recul, les passions s’apaisent et les discussions peuvent reprendre avec moins de partis pris. Le 17 mars 2009, en donnant les pleins pouvoirs à un directoire militaire, Marc Ravalomanana n’a-t-il pas foulé au pied la Constitution ? Ainsi, il est donc le premier à s’écarter de la légalité. Et puis, qui a eu cette idée folle un jour de ressusciter Didier Ratsiraka et Albert Zafy dont les « lolo vokatra », les L'Hebdo.jpeganges damnés et autres gnomes voleurs de slips ont contribué à l’enlisement de la crise ? Au moment où les négociations reprennent ave la médiation de la communauté internationale, Eric Ranjalahy propose des pistes de réflexions dans « L’Hebdo de Madagascar » n° 0242, du vendredi 02 au jeudi 08 octobre 2009, pp.4

 

La communauté internationale a sa part de responsabilité dans la crise politique malgache qui s’enlise. Des faits et des prises de positions partisanes attestent cette constatation.

Des approches approximatives de la communauté internationale ont compliqué davantage la crise politique malgache. Au moins trois événements soutiennent cette hypothèse.

D’abord le 17 mars , Dramé Tiébilé , l’émissaire des Nations unies, et Niels Marquardt, ambassadeur des Etats-Unis, ont pris l’initiative de lire l’ordonnance 2009/01, signée Marc Ravalomanana transférant les pleins pouvoirs au Directoire militaire. Une déclaration faite à l’épiscopat d’Antanimena en sachant qu’il s’agissait d’une solution anticonstitutionnelle. Ce qui a provoqué la colère des militaires du Capsat qui ont amené manu militari le pasteur Lala Rasendrahasina et les membres du directoire dans leur camp. Pour la communauté internationale, c’a été la vraie prise de pouvoir par la force. Dramé Tiébilé et Niels Marquardt auraient pu saisir la Haute cour constitutionnelle pour trancher sur la validité ou non de la décision prise par Marc Ravalomanana.

Dans la foulée, Ban Kin-Moon, secrétaire général des Nations unies, « avait pris acte de la démission de Marc Ravalomanana ». Puis, lors des arrestations des parlementaires TIM, pris en flagrant délit de distribution d’argent pour fomenter des troubles, des diplomates ont immédiatement décidé de leur rendre visite à la prison, d’Antanimora. Ils étaient pourtant silencieux quand le maire de Toamasina, Roland Ratsiraka, élu démocratiquement, a été jeté en prison sans ménagement sur la base d’accusations montées de toutes pièces. Six mois après, il a été blanchi.

Jean Marc Chataignier, ambassadeur de France sans accréditation, n’a-t-il pas mentionné dans son discours du 14 juillet « que l’inertie de l’Union européenne était une des causes de cette crise politique malgache » ? Les diplomates en poste à Antananarivo ont toujours apprécié les dérives totalitaires de Marc Ravalomanana autant au plan politique qua dans la vie économique. Enfin, la décision du Groupe international de contact d’associer Albert Zafy et Didier Ratsiraka aux négociations au Carlton et à Maputo. Les deux personnages ont perdu du terrain sur l’échiquier politique national. La récente crise au sein de l’Arema témoigne de la contestation de la mise à l’écart de Pierrot Rajaonarivelo aux discussions menées par la communauté internationale. Dans ces conditions, il est difficile de croise en l’impartialité des médiateurs internationaux. Un vent de fronde commence à se lever contre eux.

Eric Ranjalahy

30/09/2009

Chefs de mouvances : le bilan

Un post que j’ai piqué sur Madagoravox qui l’a piqué sur un forum de Roindefo Me.png« Tribune de Madagascar » du 17 septembre 2009. Cette bafouille est signée Tia Tanindrazana (Patriote). Je ne suis pas d’accord sur tous les points positifs accordés à Ravalomanana à l’actif de qui il faudra ajouter : « politique en trompe l’œil » dans les points faibles. Mais l’article est publié ici, sans aucun changement ni correction, car il a ce mérite de chercher à rester neutre. C’est aussi d’actualité en ce moment où l’on  considère que l’obstacle majeur à l’application de l’accord de Maputo est le Premier ministre Monja Roindefo. « Qui peut garantir qu’il y aura une paix après mon départ ? », a-t-il raison de dire. N’empêche, un geste de lui peut le transformer en un héros national ou un zéro à vie. Avec les pro-Ravalo qui veulent rééditer faire appel aux "Magodro" comme en '42 et les pro-Roindefo qui font planer l'ombre d'une dissension ethnique si le fils de Monja quitte Mahazoarivo, Madagascar n'est pas sorti de l'auberge.

Voici mes critiques vis-à vis de Andry TGV, de Ra8, de Ratsiraka et de Zafy. Je donne mes points de vue concernant leurs erreurs majeures puis leurs points positifs. Vous pouvez les corriger ou les compléter selon vos opinions et tendances respectives. Je le fais car à mon avis, ce sont ces 4 qui seront les favoris lors de l’élection présidentielle qui devrait avoir lieu dans 1 an au plus tard. Peut-être des changements de noms du côté de Zafy avec Tabera ? Et du côté Ratsiraka avec peut-être Pierrot ou Roland ou les deux ? Il faut bien voter car c’est l’avenir du pays qui se dessinera. De plus le risque de fraude est très élevé. Pour TGV, il fera tout pour se présenter même s’il n’a pas encore 40 ans. Le pouvoir de transition devrait être consensuel et inclusif avant cette élection (ce qui n’est pas le cas actuellement avec TGV-Roindefo) et espérons qu’il n’y aura pas de nombreux morts et blessés avant cette échéance. Enfin, espérons que cette élection ne sera pas une nouvelle source de violent conflit ou de guerre par la suite.

LES ERREURS MAJEURES DE ANDRY TGV
- Transformer un mouvement de revendication de droits (démocratie, justice sociale, libre concurrence) en prise de pouvoir soutenue par des militaires mutins (Coup d’Etat)
- S’entêter et s’accrocher au pouvoir faisant fi des accords de MAPUTO II car il est soutenu par les mutins et par la France
- Incapacité de redresser la situation économique et sociale du pays tout en accentuant sa destruction
- Refaire les mêmes erreurs de diktats, de brutalité, de non respect de la démocratie dans la conduite des simples affaires courantes de la nation et dans les fondamentaux de la vie publique : arrestation arbitraire, emprisonnement, violences physiques et tortures, vols et extorsion de fonds, intimidations, interdiction de manifestation d’opposants politiques, interdiction d’accès aux médias publics, tuerie, etc.

LES ERREURS MAJEURES DE RA8
- Diriger un pays comme une entreprise : absence de dialogue, autoritarisme et attitude vexatoire vis-à-vis de ses subordonnés et citoyens.
- Arrogance, méconnaissance de la règle de la démocratie en emprisonnant des personnes sans ménagement après la crise de 2002 et parfois durant ses 7 années de règne, fermeture des stations de radio et de télé (radio don bosco, télé VIVA, radios toamasina, sambava, etc.), absence d’explication, de conférence de presse, de débat contradictoire aux médias publics et au parlement à destination de la population concernant des affaires importantes telles DAEWOO, achat de Air Force II, refus d’adopter une réconciliation nationale après la crise de 2002.
- Mépris de la notion de partage de richesse, de la justice sociale en monopolisant des nombreux secteurs d’activité économique face à une population en grande partie pauvre et nécessiteuse.
- La tuerie à Ambohitsirohitra le 07 février 2009.

LES ERREURS MAJEURES DE ZAFY
- Incompétence économique en cherchant de financement autre que les voies légales et classiques issues du FMI, BM et les bailleurs bilatéraux.
- Attiser la haine anti-m.érina, créer de clivage profond entre m.érina et t.anindrana.
- Incapacité de redresser la situation socio économique du pays.

LES ERREURS MAJEURES DE RATSIRAKA
- Adoption de la voie Marxiste, le socialisme malagasy durant 14 ans (1975-1989) mettant à genoux le pays.
- Destruction de l’environnement économique, social et culturel de Madagascar en sacrifiant toute une génération durant cette période.
- Totalitarisme, mépris de la démocratie, utilisation de méthodes brutales, arbitraires et répressives en tuant des personnalités politiques (Joël Rakotomalala, Sibon Guy, etc.), civiles (Kung Fu, la tuerie du 10 Aout 1991), en emprisonnant des opposants politiques (Monja Jaona, Manandafy, Jaozandry, etc.), en créant une psychose de suspicion dans toute la société.
- Utilisation de l’ethnisme pour mieux s’accrocher au pouvoir et diviser les malagasy entre m.érina et t. anindrana alors que lui même est un métis m.érina.
- Incapacité à redresser la situation socio-économique tout en accaparant les richesses nationales : apparition des 4mi, descente de Madagascar au rang des 10 pays les plus pauvres au monde.
- Retournement de veste sans scrupule faisant perdre sa crédibilité : 1989 en devenant ultra-libéral et en 1996 avec sa république humaniste et écologique

POINT POSITIF DE ANDRY RAJOELINA
- Remise en question d’une gouvernance autoritaire mélangeant affaires publiques et privées.

POINTS POSITIFS DE RA8
- Prémisses d’un développement économique pour Madagascar
- Émergence d’un esprit d’entreprise et d’initiative auprès de la population
- Rejet de la domination et de la tutelle économique et culturelle de la France

POINT POSITIF DE ZAFY
- Naissance d’une démocratie : liberté d’expression et multipartisme

POINT POSITIF DE RATSIRAKA
- Mini résistance face à la tutelle de la France durant ses 7 premières années de pouvoir ???

Est ce que les erreurs vont se répéter ? Y aura-t-il les remises en question ?? A voir !!!!!

28/08/2009

Cycle de Maputo : esprit, y es-tu ?

Chronique d’un échec prévisible. Ceux qui sont dans le secret des petits dieux de a politiques malgaches savaient que Maputo II sera un fiasco. Tout est parti d’un petit chuchotement de Didier Ratsiraka dans l’oreille chaste du locataire d’Iavoloha : « Si tu t’abstient d’être à la tête de la Transition, je te soutiendrai aux prochaines élections ». Depuis, malgré ses déclarations qui affirment le contraire, il s’avère incontestable que le vieil Amiral veut renverser la vapeur de l’histoire pour être à la barre de la Transition. Peut-être pas personnellement, mais par personne interposée.
Que nous apprend l’histoire ? Que c’est toujours un Merina qui dirige la Transition, après quoi un Côtier monte au pouvoir. Je déteste parler ainsi. Evoquer les origines et tout. Mais mes propos ne peuvent y échapper quand on avance à Maputo que le Premier ministre doit être originaire du Centre et caetera.
Qu’est-ce qui a manqué à Maputo II ? L’esprit de Maputo I. Une loi, une charte, une convention… c’est que des textes. On peut pinailler sur les mots. L’important, c’est l’esprit. Et l’esprit de Maputo, c’est l’apaisement et la réconciliation. Mettre face à face les deux « Premiers ministres » s’inscrit-elle dans un esprit d’apaisement et de réconciliation ? Ecarter Andry Rajoelina de la présidence de la Transition s’inscrit-il dans un esprit d’apaisement et de réconciliation ? La réaction des Commandants Charles et Lylison à Ivato, les Coutiti et Rahitso de la HAT, est un signe que Peau-Rouge n'a pas enterré la hache de guerre, suivant l'esprit de Maputo. Et il n'est pas le seul...

Finalement, le plus démocrate de tous, c’est celui qui n’a pas crié vengeance ni fait appel à des mercenaires lorsqu’on l’a chassé du pouvoir. Lui que l’on a traité publiquement de con, des années avant Sarkozy. Je suis amer en le constatant, vu que je l’ai toujours moi-même tourné en bourrique.

Le cycle de Maputo est initié par les Nations Unies. Nos chers querelleurs sont donc obligés de trouver un terraind’entente, un jour ou l’autre, sous peine de mettre Madagascar au ban des nations. Même si la tentation du financement parallèle hante toujours la HAT. Sans qu'elle ait jamais encore osé se jeter à l'eau et rompre définitivement les ponts avec les bailleurs de fonds traditionnels. Mais d’ici là, que de sacrifices inutiles, du temps perdus à marchander sur des « chaises » qui, si elles étaient de cactus auraient sûrement trouvé peu de preneurs.

Chaise.jpg


Et je me met à rêver du jour où Madagascar sera débarrassé des considérations ethniques et autres quota régional pour ne privilégier que la méritocratie. Je me met à rêver du jour où les politiciens sacrifieront leurs intérêts personnels au profit du bien collectif de la Nation. Du jour où l’on construira un Jurassik Parc pour tous les dinosaures (vieux et jeunes) de la corruption et autres malversations qualifiées de haute politique…
Ce jour là, j’irai sculpter les bustes de nos dirigeants sur le mont Rushmore de la démocratie malgache.

Rushmore.jpg

 

 

16/06/2009

Mugabe donne une leçon de démocratie aux Malgaches. Résultat : une bombe explose dans un supermarché

Apparemment, on aurait enterré le fihavanana sans que je ne sois au courant. Sinon, comment expliquer l'explosion d'une bombe artisanale L'Express du 16 juin 2009.jpgau supermarché Leader Price de Tanjombato ? Par ce geste, les "moudjahidins" malgaches signent leur acte de naissance. Littéralement, "moudjahidin" signifie "combattant de Dieu". Au nom de quel Dieu terrestre a-t-on le droit de vouloir tuer des innocents ? "Des clous de 40mm, pesant environ 250 grammes, de la latérite, des plaquettes à détonation, un accumulateur composé de huit batteries et d'autres composants ont été découverts sur place", indique "L'Express de Madagascar", qui rapporte l'attentat.

Comment expliquer également cet appel à la violence lancé en plein Paris, lu dans Topmada.com ? "Tout le monde à l’ambassade pour casser du Capsat!!! Apportez batte de base-ball, matraque,bombes lacrycomgène, batte de fer, On va se défouler sur ces capsat qui ont osé mettre le pied à l’ambassade!!! !!! URGENT !!! (...) le GTT appelle tous ses éléments ce jour pour une action !!! merci d’envoyer un e-mail à ailedure@collectifgtt.org". C'est claire, une "aile dure" existe parmi ceux qui souhaitent tout le bonheur du monde à Madagascar. A 10.000 km de Tana, dans le confort parisien, à moins que ce ne soit la condition de damnés de la terre au milieu de la prospérité vazaha, certains évacuent leurs frustrations par des défoulements façon racailles de banlieues.

Non, je ne cautionne pas tout ce que font le "Capsat". Mais on peut dénoncer l'ombre de la Françafrique derrière la crise que Madagascar traverse actuellement sans être obligé de poser une bombe dans une entreprise française. Nos ancêtres du temps des royaumes ont invente une expression, "Vazaha mody miady", étrangers faisant semblant de se guerroyer, pour dire que les causes des dissensions, pour ne pas parler de divisions, qui nous affectent tirent parfois leurs origines de pays étrangers. Chez nous, ils font semblant de ne pas s'entendre et foutent le feu au pays alors que, chez eux, ils s'entendent fort bien. C'est ainsi qu'en échange de Zanzibar, Madagascar a été colonisé par la France en 1895 sans que personne n'ait levé le petit doigt, même pas les Etats-Unis, pourtant premier partenaire commercial du Royaume de Madagascar. En ce moment, les Américains évacuent Madagascar car ils craignent une escalade de violence, pire qu'avant la démission de Ravalomanana. La bombe de Leader Price en est un signe annonciateur. Vingt ans après la chute de Berlin n'effacent pas trente ans de conditionnement en guerilla urbaine. Les vazaha savent pleins de chose mais se défendent de la dire. En 1975, les services de renseignement français savaient qu'on allait assassiner Ratsimandrava.

Les Malgaches n'aiment pas qu'on les qualifie d'Africains. Et pourtant. Madagascar est tombé si bas que même un fou atteint de sénilité tel Robert Mugabe se permet de donner une leçon de démocratie au peuple malgache. C'est lui, en tant que président du marché commun de la Comesa, qui a décidé de l'envoi d'une armée étrangère à Madagascar pour réinstaller Ravalomanana sur son trône. La presse zimbabwéenne l'atteste. "Mugabe orders invasion of Madagascar", titre le "ZimEye". La présence du président somalien Omar El Béchir, recherché par le Tribunal pénal international pour génocide, au sommet de la Comesa, fait planer le doute sur la crédibilité de cette association de malfaiteurs.

Les Africains éclairés ne sont pas dupes. Du moins ceux qui ne se laissent pas aveugler par les flashs d'une cyberguerre à coups de mensonges et autres manipulation de masse. C'est ainsi qu'un Swazi, fier de son pays, trouve honteux que le Swaziland s'acoquine avec les dernières hontes de l'Afrique.

"I consider it to be an insult to the entire Swazi nation that people like Robert Mugabe and Marc Ravalomanana would consider themselves to be friends of Swaziland. These two gentlemen have been so indifferent to the sufferings of their people end in the case of Ravalomanana the people of Madagascar felt they could not take it anymore and push came to shove! He bought himself a private jet worth about E600 million, a luxury that poverty-stricken country could not afford! That should be a warning to all African leaders that they are not God and therefore cannot always do as they please!! Serves you right, sir!!", écrit un certain Sitolotolo dans le "Times of Swaziland".

Avec tous mes irrespects pour le régime des Ayatollahs, il n'y aura pas d'invasion de l'Iran, malgré les soupçons d'armement de destruction massive, pour ne pas répéter les erreurs en Irak. Mais on va profiter de l'élection présidentielle pour le déstabiliser. Il n'y aura pas également envoie d'une armée étrangère pour "casser du Capsat". Des Malgaches peuvent faire le sale boulot à sa place. La bombe de Leader Price était un test. Oui, Madagascar ne peut se différencier de l'Afrique car le Rwanda est à côté.