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20/07/2014

Langue langy

Il y a du bon à mettre de l'ordre dans son ordy des fois. Cela m'a permis de tomber sur cette chronique que j'ai écrit pour "L'Observateur" en 2011, et que j'ai prévu de publier ici avant de l'oublier dans un dossier. Plus de trois ans après, mon opinion ne change pas sur le sujet.

Guerre de langues

« Tenin-dreny » vous-mêmes !

Retenez bien ce nom car vous n’allez plus en entendre parler. Ou plutôt, on ne le parlera plus. Arho. Il s’agit d’une langue en voie de disparition. Seule deux (2) personnes, deux sœurs, la parlent actuellement en Nouvelle-Calédonie. Et elles sont déjà assez vieille. Avec elles disparaîtront l’Arho qui fait partie des 19 langues en périls sur les 24 que parlent les canaques.

Ceci mérite qu’on en parle du fait qu’hier était, paraît-il, la 11ème journée de la langue maternelle. Pour ceux pour qui ce « paraît-il » gênent, c’est tout simplement parce que pour l’auteur de ces lignes, la langue maternelle, sa langue maternelle, n’a pas besoin d’une quelconque journée internationale pour exister. Bien sûr, il y a ceux qui affirment craindre pour sa disparition. On ne sait pourquoi. Mais ce ne sont que des oiseaux de mauvais augure comme il en existe depuis le temps de nos ancêtres les vazimba. Le malgache est pratiqué par plus de 20 millions de personnes sur terre. Ce n’est pas demain la veille qu’ils vont disparaître d’un coup, suite à un génocide ou à une météorite géante qui va leur tomber sur la tête, ou qu’ils se mettront ensemble, tels des apôtres visités par le Saint-Esprit, à baragouiner une autre langue que celle qu’ils pratiquent au quotidien. Une langue ne meurs tant qu’elle évolue. Et le malgache est une langue en perpétuelle évolution. Peut-être pas dans le sens voulu par certains puristes. Mais elle évolue. Ceux qui, contrairement au reste de la planète, ne veulent pas utiliser les mots tee-shirts, sandwich ou jogging n’ont qu’à éviter d’en porter, d’en manger ou d’en faire. L’évolution d’une langue dépend de la population. Qui peut contester que « beka » (du français bécane) est beaucoup  mieux que « tongomalady » inventé par des intellectuels soixante-douzards pour dire bicyclette ? L’académie a le choix, en tout cas. Les académicien qui dira, certainement, que « komberaka » est une contraction détournée de « combine ». Et bien non. « Komberaka » vient de « komin’i Beraka ». Au temps béni des royaumes, un roi d’Analamanga n’a pu venir au bout d’un petit village situé en périphérie d’Imerina qu’en sollicitant l’aide d’un traître, le bien-nommé Beraka, qui leur a donc fourni les informations nécessaires pour attaquer le village sans coup férir. D’où le coup ou la conspiration de Beraka. Du malgache pur jus.

Définitivement, la langue appartient au peuple et non à l’élite. En fait, c’est justement cette élite là, de par sa formation « vazahisée », qui porte la langue malgache sur l’échafaud. Par son excentricité, son ignorance, sinon sa méprise de ce qui est populaire, et son intellectualisme à deux balles. Suivez mon double regard. Pour commencer, qui a eu cette idée folle, un jour, de changer le « tenindrazana » (langue des ancêtres) par « tenin-dreny » ? Cette dernière n’est qu’une simple traduction de « langue maternelle ». Une traduction particulièrement traîtresse et dévalorisante car dénuée de l’essence qui fait du « tenindrazana » l’équivalent international de « langue maternelle ». Et puis, « tenin-dreny » sonne comme un juron. Bref, une insulte aux valeurs malgaches. Rien que pour ça, le signataire ne célèbrera jamais ‘ty journée internationale des « tenin-dreny » ‘ty.  

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Sur le même sujet, mon avis dans le magazine "Watsa" de mai 2014, en pp. 25. A voir également ici .

19/11/2011

En lisant Stéphane Hessel

Indigné que l’on s’indigne que l’on s’indigne pas !Indignez.jpg

«Indignez-vous ! ». Ceci n’est pas un appel à l’occupation d’une quelconque place publique. C’est juste pour parler du best-seller du moment. Le livre à l’origine du mouvement des Indignés qui énervent les gouvernants, de Madrid à New York, en passant par Paris, Bruxelles et Athènes…
Pour qu’ils ne soient pas indignés, commençons par remercier les éditions Indigène, en particulier la patronne Sylvie Crossman, qui a bien voulu nous envoyer un exemplaire de l’œuvre de Stéphane Hessel.
Lors de la réception du colis postal, les moments d’émotion et de plaisir feront vite place au désappointement. Le livre comprend 30 pages. Mais les écrits de Stéphane Hessel proprement-dits forment tout juste 12 pages. Le reste est constitué de notes de l’éditeur et d’un postface. Sans parler des multiples pages de garde. C’est ainsi qu’on l’a lu d’un trait, dans les embouteillages, entre Ambohijatovo et Anosy. Bref, dans la forme, « Indignez-vous ! » tient beaucoup plus des pamphlets incendiaires publiés clandestinement au temps béni des révolutions, populaires ou estudiantines
Mais c’est là que réside son intérêt. Les jeunes d’aujourd’hui étant sevrés de lecture papiers, un gros pavé qui leur rappellerait les lourds manuels qui alourdissaient les cartables auraient eu moins d’attrait auprès des adeptes des réseaux sociaux dont les écritures SMS sont illustratifs d’une tendance à la brièveté.
En étant peu bavard, Stéphane Hessel évite les digressions souvent ennuyeuses et devient simple, clair et concis. Autrement-dit, immédiatement compréhensible et assimilable par la génération aussi bien X (ceux nés entre 1960 et 1979) qu’Y (nés entre 1980 et 1999). Ce qui nous amène à s’intéresser au fond.
« Indignez-vous ! » rappelle que le motif de la résistance contre le nazisme était l’indignation. Que désormais, il ne faut plus être indifférent face aux événements. Stéphane Hessel évoque particulièrement ici ce qui se passe en Palestine. Il appelle alors à une « insurrection pacifique ». « Je suis convaincu que l’avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes ».  
Actuellement, des politiciens, généralement anti-régime de Transition (Otrikafo, Magro), cherchent à récupérer le mouvement des Indignés et s’indignent que les Malgaches ne s’indignent pas devant la situation actuelle. Première erreur : le mouvement des Indignés n’est pas un mouvement politique, mais un mouvement citoyen, spontané et pacifique. Deuxième erreur : les Malgaches se sont toujours indignés. Mais à chaque fois, ils s’indignent que leurs ­révoltes débouchent sur une impasse (révolution socialiste, fille bâtarde de mai ’72), à une trahison (1991), à une grosse manipulation (« Premier tour dé vita » de 2002) ou à un déni (2009 qu’une savante contre-propagande a réduit en un putsch militaire).
Et comme les révoltes populaires sont cycliques à ­Madagascar, tous les dix ans, faudra peut-être attendre la génération Z…

Randy D.

Paru dans "L'Observateur".

27/08/2010

Je sais que j'l'ai pas assez dit, mais je t'le dit quand même

Tiako itena isany ! Je fais partie des gens qui, par timidité, disent rarement je t'aime. On n'en pense pas moins, malgré tout. Alors, au monde entier, j'aimerais dire aujourd'hui...

AMOUR.JPG

Acholi : amari
Afghan : Ma doste derm
Afrikaans : Ek het jou liefe/ek is lief vir jou
Akan : Me dor wo
Albanais : Te dua
Albanais : Te dashoroj
Albanais : Ti je zemra ime
Alentejano : Gosto de ti, porra !
Allemand : Ich liebe Dich
Algérien : Kanbghik
Alsacien : ich hab di' lieb, ich hab di' gern
Amharic : Afekrishalehou
Amharic : Afekrischaledou
Amharic : Ewedishalehu (homme/femme vers femme)
Amharic : Ewedihalehu (homme/femme vers homme)
Anglais : I love you
Anglais : I adore you
Apache : Sheth she'n zho'n
Arabe (Arabe formel ) : Ohiboke (vers une femme)                                                                           Arabe maghrébin : n'bghick
Arabe (Arabe formel ) : Ohiboki (vers un homme)/ouhibbouka (à un homme) / ouhibbouki (à une femme)
Arabe : Ib'n hebbak.
Arabe : Ana Ba-heb-bak
Arabe : Ana hebbek
Arabe : Ana behibak (femme vers homme)
Arabe : Ana behibek (homme vers femme)
Arabe : Ahebich (homme vers femme)
Arabe : Ahebik (femme vers homme)
Arabe : Ana ahebik
Arabe : Bahibak/bahebbak (femme vers homme)
Arabe : Bahibik/bahebbik (homme vers femme)
Arabe : Benhibak
Arabe : Benhibik (femme vers femme ou homme vers homme)
Arabe : Benhibkom (homme vers homme ou femme vers homme)
Arabe : Benhibak
Arabe : nhebuk
Arabe (Arabe formel ) : Okibokoma (homme vers femme ou deux hommes vers deux femmes)
Arabe (Arabe formel ) : Nohiboke (vers un homme)
Arabe (Arabe formel ) : Nohiboka ( vers homme )
Arabe (Arabe formel ) : Nohibokoma (homme vers femme ou homme ou deux hommes vers deux femmes)
Arabe (Arabe formel ) : Nohibokon (homme vers homme ou femmes vers deux femmes)
Arabe : Ooheboki.(homme vers femme)
Arménien : Yes kez si'rumem
Asturien : quiérote
Azeri : men seni sevirem
Arménien : Yar ounenal
Arpitan savoyard : jhe t'âmo
Assamese (Inde) : Moi tomak bhal pau
Autrichien : Ich liebe dich
Ayamara : mûnsmawa Bambara : né bi fè
Bari ( Langage Soudanais) : Nan nyanyar do
Bari ( Langage Soudanais) : Nan nyanyar do parik                                                                    Bas-Allemand : ik heef di leev
Bas-Saxon : ik hou van ju
Basque : Nere Maïtea
Basque : Maïte zaitut
Batak : Holong rohangku di ho Baoulé : mi klôa
Bavarois : I mog di narrisch gern
Bemba (Zambie) : Nalikutemwa
Bemba (Zambie) : Ninkutemwe
Bengalais : Ami tomAy bhAlobAshi
Bengalais : Ami tomake bhalobashi.
Berbère : Lakh tirikh/ak matirikh/righ kem
Bicol (Philippien) : Namumutan ta ka Biélorusse : Кахаю цябе (kahaju ciabie
Birman : Chi pa de/ nga nin ko chit te
Birman : Min go nga chit tay Bobo : ma kia bé nà
Bolivien (Quechua) : Qanta munani
Bosniaque : Volim te
Brésilien: Eu te amo (prononcer "eiu chee amu")
Breton : da garan" (poétique - pour les amoureux)
Breton : da garout a ran" (formule plus "commune" - je t'aime (bien)) karout a ran ac'hanout/ me az kar
Bulgare : Obicham te
Bulgare : As te obicham
Bulgare : Obozhavam te (je t'aime énormément, mais tendre)/обичам те
Cambodgien : Bon sro lanh oon
Cambodgien : kh_nhaum soro_lahn nhee_ah
Canadien français : Sh'teme , ou j't'aime
Cantonais : Ngo oi ney
Catalan : T'estim (Mallorcain)
Catalan : T'estim molt
Catalan : T'estime (Valencien)
Catalan : T'estimo
Catalan valencien : Te vullc
Cebuano (Philippin) : Gihigugmz ko ikaw
Chamoru ou Chamorro : Hu guaiya hao
Cheyenne : Nemehotates
Chichewas : Ndimakukonda
Chickasaw (USA) : Chiholloli (i final nasal)
Chinois : Goa ai li (dialecte Amoy)
Chinois : Ngo oi ney (dialectecte Cantonais)
Chinois : Wo oi ni (dialectecte Cantonais)
Chinois : Ngai oi gnee (dialecte Hakka)
Chinois : Ngai on ni (dialecte Hakka)
Chinois : Wa ai lu (dialecte Hokkien)
Chinois : Wo ai ni (dialecte mandarin)
Chinois : Wo ie ni (dialecte mandarin)
Chinois : Wuo ai nee (dialecte mandarin)
Chinois : Wo ay ni (dialecte mandarin)
Chinois : Wo ai ni (dialecte Putunghua
Chinois : Ngo ai nong (dialecte Wu)
Comorien : N' game handzo
Coréen : Dangsinul saranghee yo
Coréen : Saranghee
Coréen : Nanun dangsineul joahapnida
Coréen : Nanun dangsineul mucheol joahapnida
Coréen : Nanun dangsineul mucheol saranghanida
Coréen : Nanun gdaega joa
Coréen : Nanun neoreul saranghapnida
Coréen : Nanun neoreul saranghanda
Coréen : Gdaereul hjanghan naemaeum alji
Coréen : Jaohaeyo
Coréen : Saranghaeveyo
Coréen : Saranghapanida
Coréen : Norul sarang hae
Coréen : Tangsinul sarang ha o
Coréen : Tangsinul sarang ha yo
Coréen : Tangshin-ul sarang hae hae-yo
Coréen : Tangshin-i cho-a-yo
Coréen : Nanun tangshinul sarang hamnida
Coréen : Tangsinul sarang ha yo
Coréen : Nanun tongshinun sarang hamnida
Corse : Ti tengu cara (homme vers femme)
Corse : Ti tengu caru (femme vers homme)
Créole Antillais : mwen enmen
Créole guadéloupéen : mwen enméw
Créole guyanais : mo contan to
Créole martiniquais : mwen inmin'w
Créole de Maurice : mo kontan toi
Créole de la Réunion : Aime a ou/Mi aim a ou
Créole Haïtien : muwen renmen' ou/mouin rinmin'w
Croate (familier) : Ja te volim
Croate (familier) : Volim te
Croate (formel) : Ja vas volim
Croate (formel) : Volim vas
Croate (formel) : Ljubim te
Danois : Jeg er forelsket i dig (je suis amoureux)/jeg elsker dig
Davvi Semegiella : Mun rahkistin dù
Digbambara : n' bi fe
Dioula : mi fê Dusun : Siuhang oku dia
Ecossais Gallois : Tha gra dh agam ort
Equatorien (Quechua) : Canda munani
Espagnol (Castillan) : Te quiero
Espagnol (Castillan) : Te Amo
Esperanto : Mi amas vin
Estonien : Mina armastan sind
Estonien : Ma armastan sind
Ethopien : Afgreki'
Farsi : Tora dust mi daram
Farsi : Asheghetam
Farsi (Perse) : doostat dAram Féroïen : eg elski teg
Finnois (formel) : Minä rakastan sinua
Finnois (formel) : Rakastan sinua
Finnois (formel) : Minä pidä sinustra
Finnois : (Mä) rakastan sua
Finnois : (Mä) tykkään susta
Flamand : Ik hue van ye/ik hou van jou / ik heb je lief
Flamand : Ik hue van dei
Flamand (Néerlandais) : Ik hou van jou (passionnément)
Flamand : ik zie je graag
Français : Je t'aime Francique lorrain : ich lìwe dich
Francique rhénan : ich honn dich gäer Frioulan : o ti vuei ben
Frisien : Ik hou fan dei (sp?)
Frisien : Ik hald fan dei (sp?)
Gaélique : Moo graugh hoo
Gaélique d’Ecosse : Tha gradh agam ort/gaol agam ort / tha gaol agam oirbh
Gaélique d’Irlande : tá grá agam duit
Galicien : Querote/amo-te / ámote / quero-te
Galicien : Queroche
Galicien : Amote
Gallois : Rwy'n dy garu di.
Gallois : Yr wyf i yn dy garu di (chwi) Géorgien : me shen mikvarkhar
Ghanéen (Akan, Twi) : Me dor wo
Grec : σ'αγαπώ (S'agapo)
Grec : Eime eroteumos mazi sou
Grec : Eime eroteumos me 'sena (vous vers homme ou femme)
Grec : Eime eroteumeni me 'sena (vous vers homme ou femme)
Grec : Eime eroteumeni mazi sou
Grec (supérieur) : (Ego) philo su
Grec (ancien) : Philo se
Groenlandais : Asavakit.
Guarani : Rohiyu (ro-hai'-hyu)
Gujrati (Pakistan) : Hoon tane pyar karoochhoon
Gujrati (Pakistan) : Hoon tuney chaoon chhoon (n nasal, ne pas prononcer)
Hausa (Niger) : Ina sonki
Hawaiien : Aloha wau ia 'oe
Hawaiien : Aloha wau ia 'oe nui loa ( je t'aime énormément)
Hébraïque : Ani ohev otach (homme vers femme)
Hébraïque : Ani ohev otcha (homme vers homme)
Hébraïque : Ani ohevet otach (femme vers femme)
Hébraïque : Ani ohevet otcha (femme vers homme)
Hébraïque : Anee ohev otkha (homme vers femme)
Hébraïque : Anee ohevet otkha (femme vers homme)
Hébraïque : Anee ohev otkha (homme vers homme)
Hébraïque : Anee ohevet otakh (femme vers femme)
Hindi : Mae tumko pyar kia
Hindi : My tumko pyar karta hu
Hindi : Main tumse pyar karta hoon.
Hindi : Ham Tomche Payer Kortahe
Hindi : Mai tumse peyar karta hnu
Hindi : Mai tumase pyar karata hun (homme vers femme)
Hindi : Mai tumase pyar karata hun.(femme vers homme)
Hindi : Mai tumse pyar karta hoo
Hindi : Mae tumko pyar kia.
Hindi : Main tuze pyar karta hoon (le n est nasal, ne se prononce pas)
Hindi (Kannada) : Naanu ninnannu premisuththene
Hmong (ethnie du laos) : Kuv hlub kov (à prononcé cou lou co à peu près)
Hokkien : Wa ai lu
Hongrois : Szeretlek
Hongrois : Szeretlek te'ged
Hopi : Nu' umi unangw´ta
Ibaloi (Philippin) : Pip-piyan taha
Ibaloi (Philippin) : Pipiyan ta han shili (je t'aime énormément et plus)
Imazighan : Halagh kem
Indonésien : Saya kasih saudari
Indonésien : Saya cinta kamu
Indonésien : Saya cinta padamu
Indonésien : Saja kasih saudary
Indonésien : Aku cinta padamu
Indonésien : Aku tjintaa padamu
Indonésien : Aku cinta kamu
Irlandais : taim i' ngra leat
Irlandais/Gallois : t'a gr'a agam dhuit
Iroquois mingo : kِnuِhkwa' (le /ِ/ se prononce comme le /on/ en français, et le /'/ est l'arrêt glottal)
Islandais : Eg elska thig
Italien : ti amo
Italien : ti voglio bene
Italien : ti adoro
Italien : sei il mio amore
Japonais : Kimi o ai shiteru (très très familier)
Japonais : Watakushi-wa anata-wo ai shimasu
Japonais : Kulo tresno
Japonais : aishitemasu/Aishiteiru (peu utilisé)
Japonais : Chuu shiteyo
Japonais : Ora omme no koto ga suki da
Japonais : Ore wa omae ga suki da
Japonais : Suitonnen
Japonais : Sukiyanen
Japonais : Sukiyo
Japonais : Watashi wa anata ga suki desu (plus "mignon")
Japonais : Watashi wa anata wo ai shithe imasu
Japonais : A-i-shi-te ma-su
Javanais : Kulo tresno
Kabile : Hemlar kem (vers une femme)
Kabile : Hemlark (vers un homme)
Kankana-ey (Philippin) : Laylaydek sik-a
Kannada (Inde) : Naanu Ninnanu Preethisuthene
Kannada (Inde) : Naanu Ninnanu Mohisuthene Khmer bang srolaïgn ôn (homme > femme)
ôn srolaïgn bang (femme > homme)
Kikongo : Mono ke zola nge
Kinyarwanda : Ndagukunda
Kiswahili : Nakupenda
Klingon : bangwI' Soh
Klingon : qaparHa'
Klingon : qamuShá
Klingon : qaparHáqu'
Kpele : I walikana
Kurde : Ez te hezdikhem
Kurde : Min te xushvet
Kurde : Min te xoshvet (dialecte du sud)
Langue de Fe(u) : Feje fetai feme ou Jefe taife mefe (suivant l'utilisateur)
Laotien : Khoi huk chau
Laotien : Khoi hak joa
Laotien : Khoi hak chao/khoi hak tchao lai
Laotien : Khoi mak joa lai
Laotien : Khoi mak joa
Laotien : Khoi hak joa lai
Lari (Congo, région du Pool) : Ni kou zololo
Latin : Te amo
Latin : Vos amo
Latin (ancien) : (Ego) Amo te
Latvien : Es tevi milu (prononcer 'es tevy meelu')
Latvien : Es milu tevi (langage commun) Letton : es tevi mīlu
Libanais : Bahibak/b'hibik (homme > femme)/b'hibak (femme > homme)
Lingala (Congo) : Nalingi yo
Lingala (Congo): Na lingui yo
Lithuanien : Tave myliu
Lisbonne (argot de) : Gramo-te bue', chavalinha !
Ligure : mi te amu
Lojban : Mi do prami
Luo ( Kenia) : Aheri
Luxembourgeois : Ech hun dech gär
Maa : Ilolenge
Macédonien : Te sakam
Macédonien : Te ljubam
Macédonien : Jas te sakam
Macédonien : Pozdrav
Madrid (argot de) : Me molas, tronca
Maiese : Wa wa
Malais : Saya cintamu
Malais : Saya sayangmu
Malais : Saya sayang anda
Malais : Saya cintakan mu
Malais : Saya sayangkan mu
Malais : Saya chantikan awak
Malais : Aku sayang kau
Malais : Saya sayangmu
Malais/Bahasa : Saya cinta mu
Malais/Indonésien : Aku sayang kau
Malais/Indonésien : Saya chantikan awah
Malais/Indonésien : Saya sayangkan engkau
Malais/Indonésien : Saya chantikan awah
Malais/Indonésien : Aku cinta pada kau
Malais/Indonésien : Aku cinta pada mu
Malais/Indonésien : Saya cinta oada mu
Malais/Indonésien : Saya sayangkan engkau
Malais/Indonésien : Sayah chantikan awah
Malayalam : Ngan ninne snaehikkunnu/enikku ninné ishtamaanu
Malayalam : Njyann ninne' preetikyunnu
Malayalam : Njyaan ninnne mohikyunnu
Malayasien : Saya cintamu
Malayasien : Saya sayangmu
Malayasien : Saya cinta kamu
Malgache (malagasy): tiako ianao ("tikou ianaou")/Tia anao aho                                                 Maltais : inhobbok
Manxois : ta graih aym ort
Maori : kei te aroha au i a koe
Mandarin : Wo ai ni
Marathi : Mi tuzya var karato
Marathi : Me tujhashi prem karto (homme vers femme)
Marathi : Me tujhashi prem karte (femme vers homme)
Marocain : Kanbhik/tanabghikkk
Marocain : Kanhebek
Marshallais : Yokwe Yuk
Mongol : Би чамд хайртай (Be Chamad Hairtai : très intime)
Mohawk : Konoronhkwa
Moré : mam nong-a fo aho Moyi (Congo Brazzaville) : Gakakayo
Munukutuba (Congo, Sud) : Mu zola mgé
Munukutuba (Congo, Sud) : Mou zolagué Napolitain : t'ammo
Naori : ka arocha ahau ki a kor
Navajo : Ayor anosh'ni
Ndebele (Zimbabwe): Niyakutanda
Néerlandais : Ik hou van jou (passionnément)
Népalais : Ma timi sita prem garchhu (romantique)
Népalais : Ma timilai maya garchhu (non romantique)
Norvégien : Jeg elskar deg (Bokmaal)
Norvégien : Eg elskar deg (Nynorsk)
Norvégien : Jeg elsker deg (Bokmål) (prononcer : yai elske dai)
Nyanja : Ninatemba
Occitan gascon : Que t'aimi
Occitan languedocien : T'aimi
Op (anglophone) : Op lopveop yopuop
Op (francophone) : Op jeop top aiopmeop
Oriya : Moon Tumakoo Bhala Paye
Oriya : Moon Tumakoo Prema Kare
Oromoo : Sinjaladha
Oromoo : Sinjaldha
Osetien : Aez dae warzyn
Ourdou (Inde) : Mujge tumae mahabbat hai
Ourdou (Inde) : Main tumse muhabbat karta hoon (locuteur Masculin)
Ourdou (Inde) : Mujge tumse mohabbat hai (locuteur Féminin)
Ourdou (Inde) : Kam prem kartahai
Ouzbek : Man seni sevaman Pakistanais : Muje se mu habbat hai
Pakistanais : Muje stumse mahabbat hai
Papiamento : Mi ta stimábo
Pedi : Kiyahurata
Perse : Tora dost daram/dustat dâram (formel) / duset dâram (courant)
Pig Latin : Ie ovele ouye
Picard : ej t'ei kier
Picard : ej te vô voléntié
Philippinin : Mahal ka ta
Philippinin : Iniibig Kita
Poitevin-Saintongeais : i t'aeme
Polonais : Kocham ciebie
Polonais : Ja cie kocham
Portugais/brésilien : Eu te amo
Portugais: Eu amo-te
Portugais : Amo-te (plus familier)
Provençal : t'aimi Provençal rhodanien (Mistralien) : T'ame
Punjubi (Inde) : Main tainu pyar karna (locuteur Masculin)
Punjubi (Inde) : Mai taunu pyar kardar (locuteur Féminin)
Quechua de Cuzco : munakuyki
Quenay : Tye-melane Rapa nui : hanga rahi au kia koe
Romani : kamaù tut
Roumain : Te iubesc
Roumain : Te ador
Russe : Ya lioubliou tiebia (je t'aime)
Russe : Я тебя люблю (ia tibia lioubliou)
Russe : Ya vas lioubliou (je vous aime)
Russe : Lioubliou tiebia (je t'aime)
Russe : Ya polubil tiebia (je suis tombé amoureux de toi)
Russe : Ya polubila tiebia (je suis tombée amoureuse de toi)
Russe : Ya lioubliou tiebia (je t'aime) Samoan : ou te alofa ia te oe
Sango : mbi yé mô
Sarde : deo t’amo (logudorois) / deu t’amu (campidanois)
Savoyard : jhe t'âmo
Scanien (Skånska) : Jâ hóllor âw di
Scanien (Skånska) : Jâ ty´tjor omm di
Samoen : Ou te alofa outou
Samoen: Ou te alofa ia te oe
Samoen : Talo'fa ia te oe
Samoen : Fia moi ?
Sancrit : Anugrag
Serbe (formel) : Ja vas volim
Serbe (formel) : Volim vas
Serbe (formel) : Ljubim te
Serbe (familier) : Ja te volim
Serbe (familier) : Volim te
Serbe (ancien) : Ljubim te (langage poétique)
Serbo-Croate : Volim te
Serbo-Croate : Ljubim te
Serbo-Croate : Ja te volim
SeSotho : Kiyahurata (prononcer ky-ya-hoo-rata)
Shona : Ndinokuda SINDHI moon khay tu saan piyar aahay
Singalais (Ceylan) : Mama oyata adarei
Singalais (Ceylan) : Mama oyata aadareyi
Sioux : Techihhila
Slovaque : Lubim ta
Slovène : Ljubim te/ rad te imam (locuteur Masculin) / rada te imam (locuteur Féminin)
Sobota : volim te (courant) / se te volime (littéraire)
Somali : waan ku jecelahay
Soninke : na moula                                                                                                                   Srilankais : Mama oyata arderyi
Soussou : ira fan ma Strasbourgeois (variante alsacienne) : Ich hoab dich gearn (amical)
Strasbourgeois (variante alsacienne) : Ich hoab dich leb (beaucoup plus tendre)
Sudanais ( Bari ) : Nan nyanyar do
Sudanais ( Bari ) : Nan nyanyar do parik
Suaheli (Ouest Afrique) : Ninikupenda
Swahili : Naku enda
Swahili : Naku penda
Swahili : Ninikupenda
Swahili : Dholu'o
Suédois : Jag älskar dig
Suédois : Iaj Alskar Dej
Suédois : Jag är kär i dig (je suis amoureux)
Suisse allemand : Ch'ha di gärn
Syrien/Libanais : Bhebbek (vers une femme)
Syrien/Libanais: Bhebbak (vers un homme)
Tagalog : Mahal kita
Tahitien : Ua Here Vau Ia Oe
Tahitien : Ua here vau ia oe
Tajiki : jigarata bihrum duhtari hola (homme > femme) tra lav dorum (femme > homme)
Tamoul : Naan unni kathilikaran
Tamoul : Ni yaanai kaadli karen
Tamoul : Naan unnai kadalikiren
Tamoul : Nan unnai kathalikaren
Tamoul : Nan yaanai kaadli karen
Tamoul : Nam vi' remberem
Tatar : min sine yaratam Tchèque : miluji tě (miloujou ti)
Telugu (Inde) : Neenu ninnu prámistu'nnanu
Telugu (Inde) : Nenu ninnu premistunnanu
Telugu (Inde) : Ninnu premistunnahu
Thaï (formel) : ฉันรักคุณ Ch'an rak khun (femme vers homme)
Thaï (formel) : ผมรักคุณ Phom rak khun (homme vers femme)
Thaï (formel) : Phom-ruk-koon (homme vers femme)
Thaï (formel) : Chum-ruk-koon (femme vers homme)
Thaï : Khoa raak thoe (affection, amour, tendresse)
Tibétain : na kirinla gaguidou Timide : heeuuu ! ... (suivi d'un long silence)
Tshiluba : Ndi mukasua
Tshiluba : Ndi musua wewe
Tshiluba : Ndi ne ditalala bua wewe
Tswama : Ke a go rata
Tunisien : hebbek
Tunisien : Ha eh bakn
Tumbuka : Nkhukutemwa
Turc : Seni seviyorum
Turc : Seni begeniyorum (très tendre)
Turc : Sana deliler gibi asigim (je suis fou amoureux de toi)
Turkmène : seni söýärin Ukrainien : Ya tebe kokhaïou (je t'aime) Udmurt : mon tone jaratiśko
Ukrainien : Я тебе кохаю Ya tebe kokhaïou (je vous aime)
Ukrainien : Ya pokkhav tebe (je suis tombé amoureux de toi)
Ukrainien : Ya pokokhav vas (je suis tombé amoureux de vous)
Ukrainien : Ya pokokhala tebe (je suis tombée amoureuse de toi)
Ukrainien : Ya pokokhala vas (je suis tombée amoureuse de vous)
Unuit (Esquimo) : Ounakrodiwakit
Vai : Na lia
Värmländska : Du är görgo te mäg
Verlan : meait'je (forme apprenti)
Verlan : emia ai't ej (forme plus complexe) Vénète : t'amo
Vietnamien : Em yeu anh (femme vers homme)
Vietnamien : Toi yeu em
Vietnamien : Anh yeu em (homme vers femme)
Vilie (Congo) : Mi bekuzola
Volapük : Löfob oli
Vulcain : Wani ra yana ro aisha
Wallon : Dji vos veu volti (orthographe à betchfessîs)
Wallon : Dji vos inme
Wallon : Dji v'zinme
Wolof : Da ma la nope
Wolof : Da ma la nop
Wolof : nob nala Yiddish : Ich libe dich
Yiddish : Ich han dich lib
Yiddish : Kh'hob dick lib
Yiddish : Kh'ob dikh holt
Yiddish : Ikh bin dir farlibt
Yucatec maya : 'in k'aatech (entre amants)
Yucatec maya : 'in yabitmech (pour presque tous)
Yougoslave : Ya te volim
Zaïroi : Na lingui yo
Zazi (Kurde) : Ezhele hezdege (?)
Zoulou : Mina Ngithanda Wena (rarement utilisé)
Zoulou : Ngiyakuthanda
Zuni : Tom ho' ichema

18/08/2010

Carte postale de l'Essva

essva.jpg
Je déteste Facebook. La raison en est simple : il m'a fait oublier hautetfort. J'ai pourtant connu ici des moments de plaisirs, notament l'élargissement de mon cercle d'amis. Moi, le Lone wolf urbain qui ne sort que pour partir à la chasse !
C'est ainsi que c'est sur Facebook que j'ai anoncé mon départ de l'Essva, Antsirabe, où j'étais le Responsable de la filière Comunication et Journalisme. J'ai démissionné à pâques 2010 pour déveloper un nouveau projet à Antananarivo. J'en reparlerais. En attendant, je tiens à dire ici que j'ai passé de moments agréables à l'Essva avec mes étudiants. Carte postale.

10/05/2007

J’ai quitté « Les Nouvelles »

La blogosphère est un espace de liberté. Et de convivialité. Afin de répondre à certaines interrogations, j’ai décidé de dire ici les raisons de mon départ du journal « Les Nouvelles » pour d’autres horizons. Confessions intimes.

Le 25 avril 2007, j’ai quitté « Les Nouvelles » où j’étais co-rédacteur en chef, membre du troïka du comité de rédaction. La raison est toute simple : il y avait un litige que je n’ai même pas essayé d’arranger pour la simple et bonne raison que cela fait des mois que je prépare ma sortie. Je n’étais plus à l’aise car l’esprit du journal ne me plaisait plus avec une ligne éditoriale qui a bifurqué vers une pravdaïsation.

Ceci dit, j’ai connu d’excellents moments aux « Nouvelles » que j’ai rejoint à sa fondation, en février 2004. J’ai alors quitté « L’Express de Madagascar », où je tournais en rond, pour un nouveau challenge : un nouveau quotidien. Arrivé aux « Nouvelles », je me suis vite imposé en devenant rédacteur en chef adjoint, à l’époque où le chef était Christian Chadefaux, Français de peau mais Malgache de cœur. Par la suite, Ultima Média, l’éditrice des « Nouvelles » et de son faux jumeau « Taratra », décide de créer un autre quotidien, people, « Le Courrier ». On me propose d’en être le rédacteur en chef. J’ai accepté car, selon ce que j’ai dit aux propriétaires, texto : « je sais que vous allez le faire avec ou sans moi ; alors autant le faire avec moi ».

C’était une grande ambiance. « Le Courrier » était le desk idéal. On était libre de faire le journal sans aucune pression. On s’est beaucoup amusé. Mon anecdote préférée est la venue, au journal, d’une délégation de parlementaires et de notables Tim pour protester contre un article qui met en cause la bonne moralité d’un maire. Ils étaient venus dans l’idée de nous secouer les puces. Il n’en sera rien. Mieux : ils sont revenus avec du whisky et du snack à gogo et on a fait la fête au desk. La liberté de ton du « Courrier » m’a valu de s’attirer la foudre des confrères, dont certains gardent une dent contre moi jusqu’à présent, surtout lorsque j’ai accepté de publier des articles concernant des scandale, généralement de mœurs, impliquant des journalistes. J’aimerais dire ici qu’à aucun moment, je n’ai obligé mes journalistes à écrire ou à publier des sujets qui ne les plaisaient pas. Ils partent à la chasse aux infos et me proposent le fruit de leurs collectes. C’est ainsi que, en assistant à des procès publics, un journaliste m’a emmené deux affaires de mœurs impliquant des journalistes. Pour moi, la nécessité d’informer passe avant une quelconque copinage. D’autant plus que ces infos ne viennent pas d’un paparazzi ni d’une confession privée : elles étaient recueillies dans le cadre d’une agora, devant une parterre de public. Elles ne relèvent donc pas d’un cadre privé, encore moins confidentiel. Après tout, on se permet bien de fustiger ce qui n’est pas correct dans la société, allant jusqu’à publier des ébats sexuels strictement privés ! Alors, il faut éviter de traîner des casseroles, surtout si l’on a une notoriété publique. On ne peut pas dire ce qui ne va pas chez les autres si l’on n’est même pas propre chez soi. Le jour où j’aurais des procès publics, pour une affaire de mœurs ou pas, je ne m'offusquerai pas si la presse en parle. Par contre, ma vie privée, tant qu’elle reste dans un cadre strictement personnel, ne doit faire l’objet d’aucune intrusion étrangère. C’est ma conception de l’information. On est libre de la partager ou pas.

Après l’expulsion de Christian Chadefaux, en mars 2006, en raison de ses écrits pas toujours tendres envers le régime Ravalomanana, « Le Courrier » était fusionné avec « Les Nouvelles », rubriques et personnel compris. Je me retrouve donc dans le Comité de rédaction des « Nouvelles ». C’est moi-même qui a demandé personnellement l’intégration de Renaud Rianasoa Raharijaona au sein du comité. Je tiens à le dire pour éviter tout malentendu, surtout concernant sa fulgurante promotion. Renaud a commencé aux « Nouvelles » à 21 ans et alors qu’il était encore étudiant, en 2004. J’ai tout de suite repéré en lui un bon élément. Quand Chadefaux a demandé mon avis si on doit l’embaucher ou pas, j’ai dit oui, sans hésiter. Chadefaux était «expulsable » car étranger. Moi, on ne peut que fermer ma gueule. Cela ne tardera pas à arriver, en octobre 2006, peu avant la présidentielle, où on m’interdit d’édito après un article sur l’avion que Ravalomanana a acheté pour faire campagne. Je trouve scandaleux que la Jirama doit supplier la Banque Mondiale pour avoir un crédit de 5 millions de dollars alors que, finalement, on peut trouver cet argent à Madagascar même, si chacun veut bien y mettre de la bonne volonté. Sinon, comment expliquer que l’on a réussi à trouver 2 millions d’euros en un temps record pour acheter un avion qui servira juste à semer des promesses d’abondance à des gens dont les trois quart vivent avec 1 dollar par jour ? « Il y a des colères saines », comme disait Ségolène Royal.

Peu de temps auparavant, dans la semaine du 11 septembre, je me suis déjà fait taper sur les doigts après l’édito « Silence, on tue ! », que l’on peut retrouver sur mon blog. J’ai réussi des messages de félicitations de la part de mes lecteurs. Mais l’ambassade des Etats-Unis a protesté et la direction a jugé bon de l’appuyer en disant qu’il ne fallait pas le publier dans la semaine du 11 septembre où le peuple américain se remémore une blessure importante dans son histoire. J’aime les Etats-Unis. Comme la majorité des gosses des pays en développement, et même d’ailleurs, de surcroît grand fan de rock’n roll, j’ai toujours idéalisé « l’Amérique ». Mais pas au point de rester muet devant ses dérives. Et le souvenir du 11 septembre était le moment idéal pour lui faire bien comprendre, sans être islamiste ni partager les idées d’Al-Qaïda, que ce qui arrive personnellement aux Etats-Unis est rien par rapport à la souffrance d’autres peuples en raison de ce que les Américains font. J’étais agréablement surpris quand, quelques minute après sa victoire, Nicolas Sarkozy s’est adressé à Washington en ces termes : « j’estime que le peuple américain est suffisamment grand pour ne pas faire obstacle à la lutte contre le changement climatique dont l’enjeu concerne l’avenir de l’humanité ».

Finalement, l’expulsion de Chadefaux, le scandale autour d’une caricature de Ramafa sur Koffi Annan et qui a provoqué la colère du président Ravalomanana, provoquant la démission du directeur de publication de « Les Nouvelles », ainsi que les intérêts personnels des propriétaires, tout cela en s’additionnant ont conduit à un changement de la ligne éditoriale des « Nouvelles ». La consigne était alors de ne plus faire des vagues. « Ce n’est pas notre rôle de chercher la vérité, on laisse cela à ‘ La Gazette ’ », a-t-on entendu dire lors d’une conf’red ! En tant que journaliste, je ne peux m’aligner sur cette position. Depuis, je me suis mis à préparer mon départ.

En janvier 2007, un chef d’entreprise et ami achète une station de télé. J’ai toujours rêvé du petit écran où l’on peut montrer ce que les écrits n’arrivent toujours pas à exprimer. J’ai décidé de le rejoindre. D’autant plus que le jour de mon anniversaire, un autre problème survient. Le fils de la chanteuse Sheila a protesté contre un article sur sa personne. Il ne conteste pas la vérité des écrits, basés sur son livre autobiographique et qui a fait le tour de la presse mondiale. Il déplore seulement le fait que l’on en parle à un moment où il veut s’établir à Madagascar ! Il a fait lui-même des révélations personnelles sur sa vie, a permis à la presse étrangère d’en parler, mais défend aux Malgaches le droit de le savoir. La direction du journal a jugé bon de s’aligner sur sa position et m’a convoqué pour s’expliquer. La veille, j’ai bouclé mon accord avec la station de télé. Je n’ai donc rien dit, en plus de ce que j’ai déjà écrit préalablement, pour me défendre. Peut-on licencier quelqu’un qui est déjà sur le point de partir ?  Je projetais de quitter « Les Nouvelles » après mon retour de Paris, en juin. Cette affaire a précipité les choses. Tant pis, je n'aurais pas à faire valoir une clause de conscience. Mais tant mieux car j'étouffais. « Merci de m’avoir délivré d’un fardeau qui commence à me peser », ai-je simplement dit à mon Directeur général avant de quitter la salle.

Je ne crache pas sur la main qui m’a nourri. Par honnêteté, et parce que je voulais que le journal continue malgré tout, je n’ai rien dit à la rédaction de mon départ, sauf aux deux autres membres du comité, la veille du 25 avril. J’ai laissé à la direction le soin de dire ce qu’elle veut, pour ne décourager personne.

Je suis journaliste. Je m’efforce toujours d’apporter ma contribution au développement de mon pays, voire du monde, à travers mon travail. Ce qui implique que je ne peux rester silencieux devant l’injustice et devenir complice de dérives qui peuvent être fatales pour l’avenir de chacun. J’ai mes idéaux. Ils ne souffrent d’aucun compromis.

Randy Donny     

 

"La Gazette de la Grande Ile" a parlé de mon départ dans sa livraison du samedi 12 mai 2007, p. 3. L'article est basé sur ce que j'ai ci-dessus écrit. J'assume tout, mais je tiens à préciser que je n'ai envoyé un quelconque communiqué à la presse.medium_1268lagazette.jpg  

"La Gazette de la Grande Ile" a sorti un autre article, le jeudi 24 mai 2007 en p. 3, pour dire que j'ai alerté la presse par un mail du 9 mai 2007. J'estime qu'il y a un distingo à faire entre envoyer des mails à des confrères et amis dans un but purement privé pour leur dire de visiter mon blog où j'expliquerai à ceux qui s'interrogent les raisons de mon départ, "quand j'aurai un peu plus de temps pour m'asseoir devant un ordy" (sic) et une invitation à écrire un article. Je respecte la longue expérience des journalistes de "La Gazette de la Grande Ile" qui, je l'espère, sont de bonne foi et les remercie de s'être alerté après mes "confessions intimes" sur mon blog. C'était une réaction naturelle pour des gens qui ont "l'instinct de l'information", comme disait Patrick Poivre d'Arvor. En tout cas, c'était sympa. Surtout en ce moment où des nuage noirs planent sur la profession. Ceci dit, je ne souhaite pas polémiquer sur un sujet qui n'en a pas besoin. Pour moi donc, cette affaire, qui n'en est pas une, est close et il n'y a pas de raison d'en faire tout un plat.