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14/02/2016

La misère sexuelle du monde arabe

Peut-on faire une fixation sur le sexe, au point de promettre des vierges à ses héros même après la mort, si on ne l'aime pas ? Derrière les discours puritains de certains islamistes se cachent une obsession maladive de la chose. C'est ce qu'explique le "New York Times". La version anglaise est ici.

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Oran, Algérie — Après Tahrir, Cologne. Après le square, le sexe. Les révolutions arabes de 2011 avaient enthousiasmé les opinions, mais depuis la passion est retombée. On a fini par découvrir à ces mouvements des imperfections, des laideurs. Par exemple, ils auront à peine touché aux idées, à la culture, à la religion ou aux codes sociaux, surtout ceux se rapportant au sexe. Révolution ne veut pas dire modernité.
Les attaques contre des femmes occidentales par des migrants arabes à Cologne, en Allemagne, la veille du jour de l’an ont remis en mémoire le harcèlement que d’autres femmes avaient subi à Tahrir durant les beaux jours de la révolution. Un rappel qui a poussé l’Occident à comprendre que l’une des grandes misères d’une bonne partie du monde dit “arabe”, et du monde musulman en général, est son rapport maladif à la femme. Dans certains endroits, on la voile, on la lapide, on la tue ; au minimum, on lui reproche de semer le désordre dans la société idéale. En réponse, certains pays européens en sont venus à produire des guides de bonne conduite pour réfugiés et migrants.
Le sexe est un tabou complexe. Dans des pays comme l’Algérie, la Tunisie, la Syrie ou le Yémen, il est le produit de la culture patriarcale du conservatisme ambiant, des nouveaux codes rigoristes des islamistes et des puritanismes discrets des divers socialismes de la région. Un bon mélange pour bloquer le désir, le culpabiliser et le pousser aux marges et à la clandestinité. On est très loin de la délicieuse licence des écrits de l’âge d’or musulman, comme “Le Jardin Parfumé” de Cheikh Nefzaoui, qui traitaient sans complexe d’érotisme et du Kamasutra.
Aujourd’hui le sexe est un énorme paradoxe dans de nombreux pays arabes : On fait comme s’il n’existait pas, mais il conditionne tous les non-dits. Nié, il pèse par son occultation. La femme a beau être voilée, elle est au centre de tous nos liens, tous nos échanges, toutes nos préoccupations.
La femme revient dans les discours quotidiens comme enjeu de virilité, d’honneur et de valeurs familiales. Dans certains pays, elle n’a accès à l’espace public que quand elle abdique son corps. La dévoiler serait dévoiler l’envie que l’islamiste, le conservateur et le jeune désoeuvré ressentent et veulent nier. Perçue comme source de déséquilibre — jupe courte, risque de séisme — elle n’est respectée que lorsque définie dans un rapport de propriété, comme épouse de X ou fille de Y.
Ces contradictions créent des tensions insupportables : le désir n’a pas d’issue ; le couple n’est plus un espace d’intimité, mais une préoccupation du groupe. Il en résulte une misère sexuelle qui mène à l’absurde ou l’hystérique. Ici aussi on espère vivre une histoire d’amour, mais on empêche la mécanique de la rencontre, de la séduction et du flirt en surveillant les femmes, en surinvestissant la question de leur virginité et en donnant des pouvoirs à la police des moeurs. On va même payer des chirurgiens pour réparer les hymens.
Dans certaines terres d’Allah, la guerre à la femme et au couple prend des airs d’inquisition. L’été, en Algérie, des brigades de salafistes et de jeunes de quartier, enrôlés grâce au discours d’imams radicaux et de télé-islamistes, surveillent les corps, surtout ceux des baigneuses en maillot. Dans les espaces publics, la police harcèle les couples, y compris les mariés. Les jardins sont interdits aux promenades d’amoureux. Les bancs sont coupés en deux afin d’empêcher qu’on ne s’y assoit côte à côte.
Résultat : on fantasme ailleurs, soit sur l’impudeur et la luxure de l’Occident, soit sur le paradis musulman et ses vierges.
Ce choix est d’ailleurs parfaitement incarné par l’offre des médias dans le monde musulman. A la télévision, alors que les théologiens font fureur, les chanteuses et danseuses libanaises de la “Silicone Valley” entretiennent le rêve d’un corps inaccessible et de sexe impossible. Sur le plan vestimentaire, cela donne d’autres extrêmes: d’un côté, la burqa, le voile intégral orthodoxe ; de l’autre, le voile moutabaraj (“le voile qui dévoile”), qui assortit un foulard sur la tête d’un jean slim ou d’un pantalon moulant. Sur les plages, le burquini s’oppose au bikini.
Les sexologues sont rares en terres musulmanes, et leurs conseils peu écoutés. Du coup, ce sont les islamistes qui de fait ont le monopole du discours sur le corps, le sexe et l’amour. Avec Internet et les théo-télévisions, ces propos ont pris des formes monstrueuses — un air de porno-islamisme. Certains religieux lancent des fatwas grotesques: il est interdit de faire l’amour nu, les femmes n’ont pas le droit de toucher aux bananes, un homme ne peut rester seul avec une femme collègue que si elle est sa mère de lait et qu’il l’a tétée.

Le sexe est partout. Et surtout après la mort.
L’orgasme n’est accepté qu’après le mariage — mais soumis à des codes religieux qui le vident de désir — ou après la mort. Le paradis et ses vierges est un thème fétiche des prêcheurs, qui présentent ces délices d’outre-tombe comme une récompense aux habitants des terres de la misère sexuelle. Le kamikaze en rêve et se soumet à un raisonnement terrible et surréaliste: l’orgasme passe par la mort, pas par l’amour.
L’Occident s’est longtemps conforté dans l’exotisme ; celui-ci disculpe les différences. L’Orientalisme rend un peu normales les variations culturelles et excuse les dérives : Shéhérazade, le harem et la danse du voile ont dispensé certains de s’interroger sur les droits de la femme musulmane. Mais aujourd’hui, avec les derniers flux d’immigrés du Moyen-Orient et d’Afrique, le rapport pathologique que certains pays du monde arabe entretiennent avec la femme fait irruption en Europe.
Ce qui avait été le spectacle dépaysant de terres lointaines prend les allures d’une confrontation culturelle sur le sol même de l’Occident. Une différence autrefois désamorcée par la distance et une impression de supériorité est devenue une menace immédiate. Le grand public en Occident découvre, dans la peur et l’agitation, que dans le monde musulman le sexe est malade et que cette maladie est en train de gagner ses propres terres.


Kamel Daoud, chroniqueur au "Quotidien d’Oran", est l’auteur de “Meursault, contre-enquête.”

 

12/02/2016

Dr Randy & Mr Love

Pipolisé par le magazine gratuit "No Comment" à l'occasion de la Saint-Valentin.

« L’amour est un plaisir qui nous tourmente, mais un tourment qui fait plaisir. » Derechef, Randy Donny, l’animateur de la matinale d’UTV, dont la reprise est prévue pour février, emploie les grands mots. Sa vision actuelle de l’amour n’a rien de l’exaltation de son adolescence. « Jeune, j’étais émotif, mais maintenant je suis plus calme, serein », confiet- il. En effet, il s’étonne de plus en plus que les moins de 20 ans se réfèrent à l’expression « amour de ma vie » pour parler de leurs petits copains (-pines) : « L’amour de ta vie, tu en prends conscience au seuil de ta mort, quand tu fais le bilan. ». Et pourtant ne pensez pas que Randy ne soit pas un grand romantique. D’ailleurs sa ville préférée n’est autre que Paris, la capitale de l’amour, une ville qu’il résume à « la java et les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics ». La plus grande preuve d’amour ? « Rester avec celui ou celle que tu as choisi pour la vie », ce qui n’est pas une mince affaire. 

Randy Donny, Madagascar, St Valentin, No Comment

Questionné sur la fête des amoureux, il répond avec humour, conscient qu’il s’agit d’une phrase totalement cliché : « La Saint-Valentin, c’est tous les jours pour moi. » Bien sûr, on te croit Randy… 

Dina Ramaromandray

24/01/2016

Un gouvernement de 17 ministères !

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Je rêve d’un gouvernement à 17 ministères où celui de la Communication sera fusionné avec la Culture et laissant les "relations avec les institutions" aux bons soins de la Présidence.
Je rêve d’un gouvernement accessible par les électeurs quand cette dernière aura des choses à dire ou à contrôler.
Je rêve d'un gouvernement où les ministres pensent avant tout aux intérêts supérieurs de la nation avant leur enrichissement personnel.
Oui, je sais, je rêve. Mais après tout, tout le monde a le droit de rêver !

R.  D.

13/01/2016

L'homme que je suis

Un médicament courant prescrit pour femme en âge de consommation, l'homme est très efficace dans la plupart des cas de mélancolie, de découragement, d'anxiété, d'irritabilité, de mauvaise humeur et d’insomnie.

Instructions générales
Lors de l'ouverture du paquet, dans tous les cas, ne jamais afficher un air déçu. Cela peut ramollir immédiatement la qualité et son efficacité. Un air très heureux, ébloui ou apeuré produit à chaque fois un impact très positif sur son bon fonctionnement...
Présentation
L'homme est offert en plusieurs formats destinés à répondre aux différents besoins et goûts
Mini,
Midi,
Maxi,
Méga (rare et recherché...).

Activation
Pour l'activer, le port d'un décolleté, une petite remarque suggestive, des petits bisous sur le cou ou de légers mouvements lascifs du buste, ou du postérieur suffisent généralement.
Recharger les batteries trois fois par jour : déjeuner, dîner et souper.
Dosage et posologie
L'homme peut être utilisé deux ou trois fois par semaine et même plus. Si les symptômes ne disparaissent pas rapidement, la dose peut-être augmentée à volonté.
L'homme peut aussi être utilisé de manière externe ou interne, selon les besoins.
Précautions importantes
Conserver l'homme hors de portée des amies, sœurs, voisines, collègues et autres personnes souriantes et bien intentionnées qui pourraient endommager le produit.
L'homme explose facilement sous la pression, en particulier en association avec l'alcool...
Il est également déconseillé de l'utiliser immédiatement après les repas.
Effets secondaires
L'utilisation inappropriée de l'homme peut entraîner la grossesse ou un excès de jalousie.
L'utilisation concomitante d'autres produits de la même espèce peut aussi provoquer des vertiges, de la fatigue chronique et, dans les cas extrêmes, des crises de nerfs. L'utilisation excessive de l'homme peut par ailleurs produire des douleurs dans les hanches ou des entorses, des raideurs musculaires, des blessures de divers types et des sensations de brûlures dans la région pelvienne.
En plus, cela peut provoquer des effets indésirables, comme le sommeil, l'épuisement, ou des troubles érectiles. Pour le garder en bon état, il faut le stimuler et titiller souvent.

Date d'expiration
Le numéro de lot et la date de fabrication apparaissent sur la carte d'identité et le plus important est la carte de crédit. Il faut qu'elle soit en bon état de marche et très réactive.
Notez que l'homme existe sur le marché en plusieurs marques de contrefaçon dont l'effet est totalement opposé, c'est-à-dire qu'en plus de ne pas être efficace dans le traitement, il aggrave les symptômes et empire la situation.
Garantie
L'homme n'a pas de garanties. Tous les modèles sont sujets à des défauts d'usine comme critiquer, se plaindre, boire beaucoup, laisser des serviettes humides sur le lit et des chaussettes sales sous le lit, manger de l'ail et des oignons, oublier les dates d'anniversaire, ronfler, mentir, être égoïste. Il peut être avantageux de renouveler le modèle lorsque le fonctionnement est trop altéré.

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13 janvier, no pants day !

25/12/2015

Les ordures d'Antananarivo : les malheurs de Lalao sont dus à Marc Ravalomanana !

Qui a eu cette idée folle un jour "d'enlever" à la Commune urbaine d'Antananarivo (CUA) le Samva, le service chargé de la collecte des ordures et d'assainissement des eaux usées ?

C'est... Martial Rakotoarimanana, disent certains. Pas du tout ! C'est... la Transition, disent d'autres. Absolument pas. Et pour cause, c'est justement pour emmerder Andry Rajoelina, fraîchement élu maire de Tana, que l'on a détaché le Samva de la CUA. Alors, c'est... c'est... c'est qui ?
Oui, vous l'avez deviné, c'est Marc Ravalomanana lui-même qui a décidé de rattacher le Samva au ministère de l'Eau ! Pour emmerder Andry Rajoelina, mais aussi parce que la collecte des ordures de Tana représente un marché juteux aux mains d'un proche de... Lalao Ravalomanana ! C'était en 2008, à une époque où le clan Ravalomanana, au sommet de son art, ne pouvait imaginer qu'un jour, la famille reviendrait occuper la mairie de Tana !

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Oui mais ceci confirme que Lalao n'a aucune responsabilité concernant les "montagnes d'ordures" de Tana, comme disait Soprano. Pas tout à fait car le budget de fonctionnement du Samva est constitué essentiellement par "les redevances dues aux propriétés bâties ou foncières" (décret ministériel 2008/599) dont la collecte incombe à la CUA ! Ainsi, si le Samva ne fonctionnerait pas faute de budget, à qui doit-on jeter la première pierre (de l'Hôtel de ville) ?
"Nemo auditur propriam turpitudinem allegans" (nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude), disait le latiniste Didier Ratsiraka. Le cas Lalao vs Samva est une nouvelle épisode des boomerangs ("tody", disait le malgachiste Richard Andriamanjato) qui tombent sur la tête de Ravalomanana. J'en parlais en 2012. Et on est encore loin du dénouement !

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