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03/02/2008

Nataly renaît après Pazzapa

C'est dimanche. Dehors, il fait beau. Dedans, ça marche pas très fort. Bloqué à Antsirabe, sans personne et surtout sans activités en vue. Les jours ensoleillés où l'on ne fait rien sont encore plus chiants que les jours pluvieux où l'on doit faire quelque chose. Pas découragé pour un sou, je décide d'aller au bureau pour me connecter sur internet, après un shopping alimentaire gargantuesque : jambon, mortadelle, saucisson et boisson énergisante, mes péchés mignons du moment. 

En surfant pour actualiser mon blog, j'ai eu l'agréable surprise de tomber sur celade73b7b96c8091cea01df289452ee2d.jpgui de Nataly dans MySpace. Nataly, pour ceux qui n'ont pas une mémoire d'éléphant, est l'une des finalistes de Pazzapa 1, la Star Ac' malgache, en 2003. J'étais membre du jury du concours, mais je ne connaissais pas qui était cette petite Nataly. Or, il s'avère que je l'ai déjà rencontré quand elle était encore une toute jeune teenager. Et oui, c'est assez surprenant, mais un de mes problèmes est que je n'ai pas tellement la mémoire des visages. Je ne sais pas si c'est grave, docteur. Nataly est la soeur de Doda et Dad'ee/Mons, les deux frères du groupe de rock alternatif L. A. Doudh. D'ailleurs, je ne me suis pas non plus souvenu de Aina, la vainqueur de l'édition, alors que je l'ai déjà vu chanter au Manja Ranch, l'hôtel de ses parents, quand elle n'avait que 9 ans. C'est quand j'ai vu son père, Mr Cook, un Américain d'Ambatolampy, venir la chercher à la sortie du studio que la mémoire m'est revenue. Aina a grandie et elle avait alors 13 ans.

Nataly, elle, avait peut-être le même âge quand je l'ai vu pour la première fois, vendant des billets à un concert de L. A. Doudh. Après Pazzapa, elle est allée s'installer en France. Musicalement, elle semble être sur le bon chemin. Du moins, si l'on en juge les chansons qu'elle présente sur son site : "Jalousy", "K'atao Ahoana Moa" et "Woman". De la Nu-Soul d'une qualité que l'on a rarement l'occasion d'entendre de l'autre côté-ci du Village Global. Tosy, Nampoina et Willah peuvent aller se rhabiller, Nataly est d'un cran au-dessus. Affaire à suivre sur http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=195401834 

15/01/2008

Andralanitra au Top 50



Les "motagnes d'ordures" de Madagascar sont immortalisés dans une chanson par un Comorien devenu Marseillais, Soprano, l'un des rappers français les plus en vues du moment. 82b8a94764e47a9d860d9fd67a36f87f.jpgLa honte ! Oui, Madagascar n'est pas que les quat'mi (SDF) ou les pickpockets, les bien-nommés "mpisam", diminutif de "mpanao cent mètres", autrement dit les sprinters, en raison de leur vélocité une fois leur forfait accompli. Mais quand on sait que les statistiques officielles, même du gouvernement malgache, admettent que sept ans après le départ de Ratsiraka, 2/3 de la population vit toujours avec moins de 1 dollars par jour, on se demande si parler de la pauvreté est moins représentatif des réalités du pays que parler du Boulevard de l'Europe, un projet par ailleurs ficellé sous Tantely Andrianarivo.

En 2006, l'ambassadeur de Madagascar à Paris, Razafy-Andriamihaingo, récemment muté à Rome pour nous représenter auprès des organismes internationaux basés en Italie, y compris le... Programme alimentaire mondial (Pam), s'est scandalisé après un reportage de France 3 ("Faut pas rêver") qui présentait le quotidien d'une famille vivant dans un bac à ordures à Anjanahary. Lettre officielle de protestation, forums enflammés sur le net... Tous ceux qui ne voulaient présenter Madagascar que sous l'angle d'un paradis en construction ont sorti leurs bazookas pour fusiller l'émission. Je comprend mal ce genre de réaction car, après tout, les Malgaches, quand ils reviennent de France, parlent surtout des mendiants dans les métros (représentatifs des Parisiens ?) et le racisme (représentatif de la mentalité des Français ?) que de la tour Eiffel.  

Une info pour tous les ambassadeurs de bonne volonté de Madagascar : après le reportage de France 3, des âmes charitables, qui ne se contentent pas de blablater sur le net, ont décidé de venir en aide à la famille du bac à ordures. Depuis, elle a trouvé un toit. Qu'est-ce qui se serait passé si France 3 aurait choisi un sujet plus politiquement correct ? On aurait peut-être enfermé la famille en cellule, comme des délinquants, ce qui est arrivé aux quat'mi lors des Jeux des îles. Faut pas rêver, le moyen d'enrayer la pauvreté n'est pas de la taire ni de la cacher. Chanson connue.

« Fermes Les Yeux Et Imagines Toi »


Soprano : Blacko Soprano, Snip’a Psykatra

Refrain (Blacko) :
Ca n’arrive qu’aux autres on n’réalise pas tant que ça ne nous touche pas
On sait très bien c’qu’y s’passe ailleurs mais on ose se plaindre
Relativise ferme les yeux imagine-toi
Tu verras comme ta vie est belle

Soprano :
Ferme tes yeux et imagine ta vie
Dans ces pays où les hommes politiques sont en treillis
Où la liberté d’expression est une conspiration
Où le dollar civilise avec des canons
Où on peut mourir d’une simple fièvre
Où les épidémies se promènent sans laisse
Crois-tu vraiment tenir sous la canicule
De ces pays où pendant 2 mois tu bronzes
Eux toute l’année ils brûlent
Imagine ta vie sans eau potable
Une douche les jours de pluie
Pas d’bouffe mise sur la table
Imagine toi dans un hôpital
Avec une maladie incurable
Une maladie qui t’juges coupable
Imagine toi enfermé comme Natasha Kampusch
Ou brulé comme Mama Galledou dans l’bus
Ouvre les yeux maintenant
Et avant d’insulter la vie, réfléchit dorénavant

Refrain (Blacko)


Blacko :
Ferme les yeux et imagines-toi quelque part en Afrique
Dans un village bâti de terre sous un soleil de plomb
Imagine l’air chaud et lourd, cet étendu désertique
Ce maigre troupeau de chèvre ( ???un gamin et son bâton ???)
Imagine cette longue marche que tu dois accomplir
Afin que tes bêtes puissent paître et se rafraîchir
Ces 30 bornes à faire, ces voleurs de bétails et leurs kalachnikovs qui tirent sans réfléchir
Imagine Madagascar et ses montagnes d’ordures
Imagine tes 8 ans et tes pieds sans chaussures
Imagine tes mains dans les détritus
Pour un bout de pain mais tu t’y habitues
Imagine Paris et son périphérique
Quelque part sous un pont pas loin du trafic
Imagine toi sous un duvet salle
Luttant contre le froid, luttant contre la dalle
Maintenant imagines-toi, dans ta voiture, bloqué dans les embouteillages
L’homme sort lentement de sa couverture, l’homme a ton visage
Dis-moi ce que tu ressens, le regardes-tu autrement ?
Avant d’insulter la vie réfléchit dorénavant

Refrain (Blacko)


Soprano :
Karl, imagine toi sans la musique, la santé abîmée par les 3-8
Les allers-retours aux ASSEDIC

Blacko :
Saïd imagine toi sans cette réussite, en galère, juste le SMIC
Prisonnier de cette tour de brique

Soprano :
Moi j’ai quoi sans Snip’a
Moi sans psy4 et ces bons moments qu’d’autres ne connaissent pas

Blacko :
Imagine un peu nos vies sans tout ça
C'est pour ça, remercions Dieu pour tout ça
Pardon pour les jours où j'me plains
Les jours où je ne vois que moi, mon nez et pas plus loin

Soprano :
Pardon pour toutes ces fois où j'ai grossi mes problèmes
Pour toutes ces fois où j'ai fais tourner le monde sur moi même

Blacko :
Ferme tes yeux juste une seconde
Vois la misère du monde
Et ta place dans tous ça

Soprano :
Prenons conscience de la chance qu'on a
Et tu verras peut être que la vie est belle

Blacko : Blackoooo , Sopranooooo

Refrain (Blacko) (X2)  
Ca n’arrive qu’aux autres on n’réalise pas tant que ça ne nous touche pas
On sait très bien c’qu’y s’passe ailleurs mais on ose se plaindre
Relativise ferme les yeux imagine toi
(Soprano) Tu verras comme ta vie est belle

 

10/12/2007

Drôle de sexe


Dans le jargon journalistique, un article non publié est versé dans le "sous-marbre". Lorsque l'article ne sort jamais, pour une raison ou une autre, il devient une "glace". C'est le cas de cet article que j'ai écrit il y a 23 ans. Eh oui ! C'était en 1984. A l'époque, j'étais encore en classe de Première et lorsque l'envie me prend, quand j'ai de l'inspiration en fait, j'écrivais un article que j'envoyais chez "Midi Madagasikara" qui le publiait régulièrement, sauf celui-ci donc. Peut-être que la teneur est trop personnelle. Effectivement, il s'agit d'un cri du coeur sur mon groupe de rock préféré. A l'époque, j'ignorais tout des principes du journalisme. J'aime écrire, et c'est tout. D'ailleurs, je n'étais pas payer pour mes articles. C'est ce que j'appelle ma période de stage. ec02561082098d7b3379090b62563441.jpg

Je le publie ici, aujourd'hui, pour deux raisons, lesquelles à un nom commun : Andry. Andry Hialy d'abord, ancien stagiaire chez "L'Express de Madagascar", que j'ai par la suite embauché pour étoffer la rédaction du "Courrier", en 2005, avant de rejoindre l'équipe des "Nouvelles", en 2006. Ne se sentant plus à l'aise après mon départ des "Nouvelles", il démissionne pour clause de conscience et retourne chez "L'Express" où il est actuellement secrétaire de rédaction. Andry Hialy donc, excellent rédacteur du reste, m'a téléphonné un jour pour me signaler que les Sex Pistols font un concert spécial pour marquer je ne sais trop quoi.

Le deuxième Andry est Andry Rabeherisoa. Un des meilleurs chroniqueurs culturels du pays, ancien de "Tribune de Madagascar", que j'ai aidé à rejoindre l'équipe de "L'Express", en 2001, il se trouverait actuellement en France. En cherchant ses traces sur le net, je suis tombé sur un cri du coeur qu'il a laissé sur un site web consacré à Bruce Springsteen. Il y explique qu'il est tombé de passion pour le Boss après un article dans "Best" avant même d'avoir entendu une traître note de ses chansons. C'est dire la force des mots.

Et bien, merci à Andry Hialy de n'avoir pas oublié que je suis un grand fan des Sex Pistols. Et tout comme Andry Rabeherisoa, je me suis intéressé au groupe, après un article de "Best", avant de connaître ses oeuvres. C'était en 1984, à une époque où je portais des blue jean's déchirés au genou, bien avant que cela ne devienne une mode, et portait un cadenas en collier pour faire comme Sid Vicious. Depuis, je ne porte que des jean's noirs et a remplacé le collier par une boucle d'oreille, que je perd régulièrement. Mais ma passion pour Sex Pistols est restée intacte. "No Future", scandait Johnny Rotten. Paradoxalement, les tubes de Sex Pistols ont remodelé my future à moi.   

En fouillant mes archives, pour trouver des documents sur Jaojoby, le sujet de mon prochain livre, j'ai retrouvé cet article que je publie donc ici sans rien changer (y compris le titre - actuellement, j'aurais écris "Drôle de Sex"), tel que je l'ai écrit en 1984. Après avoir noirci un brouillon, une feuille d'examen en fait (ci-dessus), je tapais mon article sur une vieille machine à écrire de mon paternel, actuellement une des pièces maîtresses du musée familial. Souvenirs, souvenirs...

Il y  quinze ans de cela. En 1979. Le jour de ma onzième année, mon grand-frère m’a donné un numéro de « Best ». Parmi les articles contenus dans le magazine, il y avait un qui m’a particulièrement frappé. Celui consacré à un musicien qui venait de mourir en prison. Cela m’a tellement impressionné que je me suis mis dès lors à chercher à quel groupe appartenait le type. Je n’ai pas mis longtemps pour le savoir et je ne sais pas pourquoi mais j’ai aimé le groupe tout de suite, avant même de l’avoir entendu. Peut-être parce que ce que j’ai appris à propos des membres comblaient bien mes « revy » d’adolescent en crise. Le type s’appelait Sid Vicious et le groupe Sex Pistols. Si ces noms ne te disent rien, sache alors que ce groupe est le chef de file du PunkRock, un mouvement de rénovation artistique et intellectuelle qui a vu le jour dans les banlieues crasseuses de Londres et que les prétendus artistes que tu écoutes actuellement, de Prince à Madonna, en passant par Metallica et Mötley Crüe ; lui doivent tous quelques choses. Rien que dans la manie de la provocation tous azimuts.

Formé à Londres par un tailleur, Malcolm McLaren, un ancien de Mai ’68 à Paris et ancien manager des New York Dolls, le groupe monté sur scène pour la première fois le 06 Novembre 1975 au St Martin College of Art. Sa prestation était jugée si « exécrable » par le responsable de l’école que celui-ci décida de couper l’électricité bien avant la fin du concert. Et c’est comme ça que le groupe s’est fait une réputation dans le milieu. Allant jusqu’à rockiser l’hymne national britannique, « God Save The Queen », au moment où la Reine Elizabeth II fêtait son jubilée. Finalement, après une existence brève et mouvementée durant laquelle était sortie un unique album, le groupe se disloqua. Le LP’s s’intitule simplement « Never Mind The Bollocks, Here’s The Sex Pistols » et comprend tous leurs tubes : « Anarchy In The UK”, “Pretty Vacant”, “No Feeling”… Un truc énivrant qui pose une nouvelle approche due Rock et de son univers. D’ailleurs, l’attitude résolument anti-professionnelle des membres du groupe lui valait constamment des problèmes avec les maisons de disque. Même que Sid Vicious n’était que le remplaçant du bassiste originel, Glen Matlock, viré parce qu’aimant « trop les Beatles », dixit Johnny Rotten (actuellement Johnny Lydon), le chanteur.

Aussi courte que soit la carrière du groupe, il a ce mérite d’avoir permis au Rock de se débarrasser de ses gloires hypertrophiées. Le « flush » qui a donné naissance à la « New Wave ».

Dans leurs carrières solos, les membres restants du groupe vont s’embourgeoiser et la Punkitude oubliée. Mais pare qu’ils sont pour moi ce que les Stones étaient pour les autres, je continue toujours à les aimer. D’ailleurs, je me suis toujours considéré comme étant le seul à l’être jusqu’au jour où quelqu’un m’a interpellé dans la rue pour me dire : « dis, t’as pas la casette des … ? ». Alors, arrivé à la maison, j’ai pris un stylo, un papier et j’ai écrit : 1979…

Afin de pouvoir écouter les Pistols, j'écrivais des lettres à Eddy Andriamanoro de la RNM pour qu'il passe des titres dans f3450858fcba9ae790f60922077b46e7.jpgson émission sportif du dimanche après-midi. Je signais Eddy, justement. Moi et Eddy Andriamanoro étions les seuls journalistes Malgaches admis à suivre les cours de la Fondation Journalistes en Europe, à Montmartre (Paris) avec un décalage de... dix ans ! Lui vers 1990 et moi en 2000. De nombreux journalistes ont postulé, mais ont été tous refusé. Et il y en avait que j'estime. Plus tard, en 1986, lors de mon Service nationale hors forces armées, obligatoire à l'époque après le bac, j'ai claqué la moitié de ma pécule pour acheter une cassette made in Japan des Pistols aux Arcades Analakely. "Never Mind The Bollocks" a bercé ma jeunesse comme d'autres l'ont passé avec "Nevermind" (!) de qui vous savez. Plus tard encore, j'ai demandé à VANF, l'ambitieux chroniqueur de "L'Express", alors boursier en Angleterre, de m'acheter un CD des Pistols à Londres. Ce qu'il a fait. La jaquette est ci-dessus.

Après 2000, le sort m'a permis de venir régulièrement en Europe. En 2003, j'en ai profité 045c1e62833c515afd891ea25a402346.jpgpour acheter un longbox de trois disques, comprenant une soixantaine de titres : "Studio tracks & early demos", "Demos & rarities" et "Live at Screen On the Green '76 + live rarities". Un véritable trésor avec un livret formidablement documenté et tout, y compris la liste complète des concerts que les Pistols ont donné entre 1975 et 1977 et les dates du "Filth Lucre tour" de 1996. Je suis resté fidèle aux Pistols des années 70. La reformation actuelle ne m'intéresse donc guère. Tout comme je méprise un peu ceux qui se disent punks actuellement. Mais bon, on plafonne tous à ses vingt ans. Du moins je suppose.

27/06/2007

Le rap en deuil avec la brutale disparition de Anatole Randrianjara

f11429096371bb3c0dc28500b7ea9e33.jpgLors de mon dernier passage à Paris, je n'ai pas pu l'appeller car j'ai oublié de noter son téléphone. Je le regrette amèrement, maintenant que je ne pourrais plus le joindre. J'ai perdu un ami. Anatole Randrianjara a rejoint 2Pac Shakur et Eazy-E au stage du paradis. Comme James Dean, il est mort comme il a vécu : en vitesse, à 25 ans, dans une voiture. C'était le 24 juin 2007. Neveu de John Betoto de Tropical Music ("Losogno Anao"), Anatole Randrianjara était, malgré son jeune âge, un important promoteur de concert de rap. Partis étudier en France, on lui doit la venue au pays de Busta Flex et de Neg'Marrons. A chaque fois, il m'a réservé la primeur de l'info. Ce fut donc un grand choc pour moi d'apprendre sa disparition, en même temps que trois autres jeunes malgaches dont la basketteuse Papisy. Ci-dessus le récit qu'en a fait un journal français avec la photo de la voiture (au centre). Je suis sincèrement désolé pour ses soeurs, des amies également. Big respect.

C'est un spectacle horrible qu'ont découvert la nuit dernière, vers deux heures du matin, les secours qui arrivèrent quelque huit cents mètres après Larrazet, dans une partie vallonnée de la RD 928, en contrebas de la voie ferrée Castelsarrasin-Beaumont. Deux corps sans vie gisaient sur le bitume et près du champ de maïs où la voiture folle avait fini sa course. Dans le véritable cercueil d'acier une troisième personne était morte, elle aussi. Une autre grièvement blessé rendrait le dernier soupir à l'atterrissage de l'hélicoptère dans la cour du CH Purpan à Toulouse. Enfin une cinquième dans un état très grave allait être évacuée sur le CH Montauban. Que s'est-il passé dimanche vers 1 h 45 sur cette départementale au revêtement neuf, dans le sens Montauban-Beaumont ? Pour les enquêteurs, ce ne sont pour l'heure que des hypothèses. Car quatre des cinq occupants de la voiture sont décédés et la seule rescapée-passagère arrière- ne peut pour l'instant rien dire. On pense que les jeunes gens, tous les cinq d'origine malgache et travaillant au ramassage de melons au domaine de Bénac (le long de la Gimone entre Vigueron et Beaumont) rentraient du chef-lieu ou peut-être de Montech où était domicilié, le passager voisin du conducteur. D'après l'impact du choc et les traces de freinage et de pneus (à un certain moment le véhicule avant de quitter la chaussée s'est mis en crabe) sur plus de cent mètres on peut supposer que la vitesse excessive a surpris le pilote. Au sortir d'une courbe à droite, il a perdu le contrôle de la 405 Peugeot qui a entamé sa course sanglante , devenant folle et meurtrière. Elle quitte la route à pleine vitesse, heurte un morceau de parapet, franchit un fossé, pulvérise un double poteau téléphonique en bois, fait éclater un mur en béton. Ensuite elle effectue trois tonneaux en traversant un petit chemin goudronné qui monte vers un passage à niveau non gardé de la voie ferrée et achève sa mortelle trajectoire dans un champ de tournesols.

BALLET D'AMBULANCES ET HÉLICOPTÈRE DU SAMU 31

Les premiers secours sur les lieux sont les pompiers de Beaumont qui devant l'ampleur du drame et en relation avec le CODIS 82 (le commandant Rastoul et le capitaine Currutchet étaient sur place pour coordonner les secours) alertent d'autres centres de secours. Ainsi arrivent sur place des VSAB de Lavit, Castelsarrasin, Montech ainsi que le médecin pompier tout comme les SMUR de Moissac et Montauban. Un peu plus tard dans la nuit l'hélicoptère du SAMU 31 vient chercher le conducteur âgé de 25 ans qui décédera juste à son arrivée à Purpan. Les gendarmes de la compagnie de Castelsarrasin mettent en place un important service d'ordre, alors que des équipes de la DDE 82 sont elles aussi sur place. Toute la matinée d'hier les enquêteurs ont continué à effectuer des relevés, prendre des photos, marquer le sol et les lieux de cette tragédie routière une des plus graves de ces dernières années en Tarn-et-Garonne. Ensuite viendra le temps des résultats de l'enquête et des prélèvements qui pourraient fournir d'autres enseignements.

LES VICTIMES AVAIENT ENTRE 19 ET 25 ANS

On pense que les victimes domiciliées pour la plupart hors de la région sont venues se proposer comme saisonnier grâce au contact avec leur compatriote domicilié à Monte ch.Les morts sont le conducteur Anatole Randrianjara 25 ans de Reims ; Héritana-Tolojanahry Rakotomavo 22 ans de Montech et les deux passagères arrières éjectées de la voiture au premier choc Martinisette Amthamassiov 19 ans de Sotteville-les-Rouen (76) et Faratiana Papisy 20ans de Lyon. La blessée grave est une jeune fille de Saint-Aignan (76) Miora Rabarison 21 ans. Jean-Pierre François.


Il y a deux ans à Saint-Sardos

Les ouvriers saisonniers malgaches sont nombreux à venir dans ce coin de Lomagnepour la récolte des melons notamment. Il y a deux ans, en juillet un jeune malgache était mort d'hydrocution un dimanche après-midi alors qu'il se baignait dans le lac de Saint-Sardos.

Publié dans "La Dépêche du Midi" du 25 juin 2007.

18/04/2007

« Fils de » retrouve une seconde vie à Madagascar

medium_Sheila_Ringo_et_Ludovic_Chancel.jpgPendant longtemps, Ludovic Chancel avait le sentiment de n’être pas lui-même, juste le fils de deux stars qui se sont mariées pour le meilleur et non pour le pire. Très vite confronté aux tensions familiales (Sheila et Ringo se sont séparés quelque temps après sa naissance, le 7 avril 1975) et à la pression médiatique, Ludovic tombe dans l’alcool et la drogue. « Maudit public, foutus fans ! A cette époque, je les déteste tous en bloc. Ils me volent ma mère, elle les préfère à moi, voilà ce que je pense. Sur un simple coup de fil, elle est prête à passer trois heures dans un hôpital pour réconforter un petit malade qui ne rêve que d'elle. En revanche, il lui est très difficile, voire impossible, d'en faire autant pour son propre fils... », déclare-t-il.
En 2000, un accident de scooter lui remet les idées en place. Il décide alors d’écrire un livre sur sa vie, « Fils de ». Il y parle de sa bisexualité, de sa dépendance à la cocaïne qui l'a mené à la prostitution, son mariage raté et sa paternité non désirée. Son image de mauvais garçon lui colle à la peau. Il cherche à s'en défaire. « J’ai eu l’impression, en écrivant ce livre, de suivre la plus grande des thérapies que j’aie jamais osé entreprendre », confie-t-il. Après une telle thérapie, Madagascar est tout trouvé pour une convalescence. Finalement, Ludovic en tombe amoureux au point d’y refaire sa vie et sortir de l'ombre de sa mère avec qui il s’est manifestement réconcilié. Un happy end qui mérite un autre livre.

Randy D.  

Publié dans "Les Nouvelles" du mardi 17 avril 2007, p. 12 http://www.les-nouvelles.com

1065588813.jpgEn juin 2007, "France-dimanche" a publié la romance du fils de Sheila avec la métisse malgache en deux épisodes. Ici, la couverture du numéro qui a publié le premier article. L'info a été alors noyé par l'actualité sur la mort de Jean-Claude Brialy. J'étais à Paris à l'époque et j'ai assisté à la sortie du cercueil de l'église où les stars se pressaient. J'avais une vue de choix : la fenêtre d'une amie donnait en face de l'église.

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